Rencontre émouvante.
Comme prévu, Oeurn nous a organisé la rencontre avec la famille de VENG Mao que nous parrainons.
Au bout de 32 kms de route nationale et 24 kms de piste (dont certains tronçons en piteux état suite aux inondations de novembre 2008), nous arrivons au village de Prey Phneas. Toute la famille et voisins étaient là pour nous accueillir, d’énormes sourires éclairent leurs visages.
Mao vit avec son épouse Phoeun, sa fille Sireth (12 ans) et ses 2 garçons Samphuos et Sopheak (9 et 6 ans) dans une maison basse en bois sur pilotis et toit de chaume d’environ 20 m2, c’est la chambre à coucher. A côté, une construction du même style fait office de cuisine.
Nous avons peine à imaginer la vie quotidienne de cette famille et de tant d’autres : pas d’électricité, ni eau courante (qu’ils vont chercher à pied à 300 mètres). Imaginez leur situation pendant les grosses chaleurs d’avril, plus de 45 degrés et pendant la mousson …
Pour nourrir sa famille, Mao est ouvrier dans les rizières environ 2 mois par an. Le reste du temps, il vend des légumes, du poisson et des gâteaux confectionnés par son épouse au marché. Il fabrique également du charbon de bois.
Les enfants sont tous scolarisés mais semblent avoir quelques difficultés. De plus, Sireth, frappée par une méningite, en gardera probablement des séquelles.
Par ailleurs, sa fille aînée Rith (19 ans, issue d’un premier mariage), son mari et leur bébé de 10 mois sont présents également mais vivent indépendemment à proximité.

Quelle est l’action de l’A. F. S. pour cette famille ?
Tout d’abord, c’est Oeurn et ses collaborateurs locaux qui détectent les familles les plus pauvres et les plus sérieuses. Ensuite, la famille soumet un projet de vie (culture du riz, acquisition/prêt de vaches ou de matériels). Si le projet parait viable et validé par l’A. F. S., les moyens utiles à ce projet sont mis à disposition des demandeurs. L’association est chargée du suivi du développement du projet, c’est le principe du donnant-donnant. Le parrain peut également, sous couvert de l’association, pallier financièrement un coup dur (maladie, dégâts dus aux intempéries).
Ce mode de fonctionnement nous a conquis parce qu’il responsabilise le demandeur tout en lui préservant sa dignité.

Nous sommes bouleversés mais aussi révoltés.
Quand on sait que plus de 80 pour 100 des cambodgiens vivent avec moins de 2 dollars par jour et que dans le même temps, ce pays, un des plus pauvres au monde, connaît une croissance à 2 chiffres depuis de nombreuses années. Enfin, le Cambodge recevra en 2009 une aide internationale record de 1 milliard de dollars !

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