Pendant les préparatifs de notre voyage, nous avions beaucoup entendu “Vous allez voir vous allez adorer l’Oregon et la côte …” A force d’entendre ce genre de message, mon imaginaire avait pris le dessus (trop peut-être) et j’avais dans l’idée que cet état de l’Ouest était facile et agréable à pédaler pour les cyclistes que nous sommes. Quand je dis facile, je ne parle pas du dénivelé qui ne me fait pas peur de toute façon mais plutôt des sensations de bien-être que cela devait nous apporter.

Je dois dire que la déception a été à la hauteur de mes attentes. En effet, la fameuse route 101 qui longe la côte Pacifique est tout sauf agréable. En ce temps de l’année (c’est à dire fin Septembre) la circulation est monstre ( 2000 véhicules par heure sur les portions les moins empruntées), elle pue littéralement les pots d’échappement forcément. Et elle est bruyante aussi … Alors je me demande encore aujourd’hui comment une route pareille a pu être classée route de vélo. Je me demande également comment les cyclos (elle est pourtant très populaire chez les voyageurs à 2 roues) peuvent profiter du paysage dans de telles conditions.

Devant tant de déconvenues, nous avons revu nos plans et décidé de retourner dans l’intérieur des terres, à la recherche de routes moins fréquentées et plus sauvages. Le pire restait à venir … à la campagne, le danger vient des autres, et des automobilistes aux habitudes de conduite déplorables. Plusieurs personnes du coin nous ont même avoué qu’en général les gens étaient impolis au volant (c’est pas nous qui le disons !)

Le moment de communion totale avec la route, l’environnement et le paysage; le moment où on décroche presque parce que notre esprit s’est envolé au rythme des coups de pédale n’est pas (encore) arrivé dans l’état de l’Oregon.

Sur la route entre Monroe (qui ne ressemble ni de près ni de loin à Marilyn) et Veneta, la tension est montée d’un cran. Les conducteurs nous doublant par la voie de gauche ne vérifient pas si un véhicule arrive en sens inverse et forcent donc ces conducteurs à freiner. On frôle l’accident à deux reprises dans la même journée.

Et cerise sur le gâteau, ils n’hésitent pas à m’envoyer des messages d’encouragement tels que “Dégage de la route” ou “Ce n’est pas une route à vélo” … Je n’en suis pas fière mais à chaque fois que ça arrive, je ne peux pas m’empêcher de leur répondre par un doigt d’honneur. Et si je n’étais pas à vélo je leur aurai fait un geste encore plus délicat et raffiné: un bras d’honneur. Mais la sécurité prime avant tout et je préfère garder une main sur mon guidon.

Ce voyage me rendrait-il vulgaire et violente ? Je ne l’espère pas mais il y a une chose dont je suis sûre c’est que je ne suis pas zen sur la route.

Pour palier à cette situation déplorable, nous sommes en pleine réflexion sur l’itinéraire de nos prochaines semaines. Peut-être qu’au milieu de la montagne, en altitude, la tranquillité d’esprit et de corps reprendra le dessus. Car le but de ce voyage n’était décidément pas de s’énerver quotidiennement. J’ai encore beaucoup de choses à apprendre sur les autres et sur moi-même.

 

Edit de Jérôme : Voila les propos en video … Merci Henry Dès

 

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