Puvirnituq est la plus grande communauté de la côte de la Baie d’Hudson. Plus de la moitié de ses 1500 habitants ont moins de 21 ans et chaque année, se tient pendant une semaine le célèbre Festival des Neiges. Au programme construction de statues de glace, de neige, construction d’un immense igloo, courses de chiens de traîneaux, spectacles traditionnels. En bref, le festival réserve une semaine forte tant au niveau de la culture que des traditions ancestrales.

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Mardi, jour de mon arrivée, le temps n’est pas des plus facile, le vent souffle et la neige tourbillonne. La fatigue du voyage ne me motive pas non plus à sortir et je m’écroule en fin d’après-midi sur le lit qu’Alasi a mis à ma disposition. En tant que patiente de l’hôpital de Puvirnituq, j’ai le privilège de dormir dans un foyer inuit. C’est la première fois que je foule le pas de la porte d’une maison colorée, rouge plus particulièrement. Alasi est habituée à recevoir et 2 autres “Quallunaq” (traduction de homme blanc en inuktitut) ont élu domicile ici depuis plusieurs mois. Mais comme le monde est petit même minuscule, je découvre que l’un des blancs en question est Fabien, français originaire de l’Ain qui prépare un doctorat en anthropologie à l’université Laval. Il a corrigé l’une de mes copies lorsque je travaillais ma session d’anthropologie des Inuit à l’hiver 2007.

Mais revenons au festival, en début de soirée, Alasi m’annonce qu’il y a un spectacle au gymnase. Tout le village ou presque se déplace pour les festivités. Évidemment les enfants sont très nombreux, l’ambiance générale est à la bonne humeur. Les numéros de chants et de danse se succèdent : tambours, cornemuse, chants traditionnels … mais je me délecte davantage du spectacle que m’offre le public dans la salle.

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Le lendemain je pars visiter la garderie et je rencontre Laly la directrice de l’établissement. Elle est charmante et nous discutons tout de suite comme si nous nous connaissions bien. Son assistante me propose de m’emmener en skidoo sur le site des sculptures. Une offre pareille ça ne se refuse pas. Je grimpe sur le véhicule, la jeune fille m’avoue, cigarette à la main sans gant, qu’elle ne porte jamais de bonnet car elle n’a pas froid … en moins de 5 minutes nous arrivons. Le temps ne s’est pas amélioré et il y a peu de monde. Seulement 3 ou 4 curieux et les quelques équipes de sculpteurs. Le ciel étant blanc, j’ai du mal à distinguer les formes des sculptures de neige. L’une d’entre elles a même cédé sous les bourrasques de vent. Les sculptures de glace sont plus solides et je découvre, toujours escortée de ma jeune Inuk, des sirènes et des jeunes femmes qui prennent vie sous les coups habiles de hache et de couteaux des artistes.

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L’un d’entre eux est plus bavard, il vient de Sanikiluaq sur les îles Belcher en face de Kuujjuarapik. Lorsqu’il apprend que j’habite là, il me demande si je connais telle ou telle personne … L’homme supporte très bien les conditions, il nous explique qu’il n’a pas froid, au contraire il transpire. L’Inuk dans toute sa majesté, je vous laisse admirer …

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