Après 2 jours de voyage depuis Whitehorse, une nuit à Franckfort et une escale à Oslo, nous arrivons un peu fatigués mais contents de pouvoir enfin se poser quelque part. C’était sans compter sur les imprévus de voyages … en effet, nos 2 valises sont restées à Olso et nous devons attendre le prochain vol en provenance de la Norvège. Dans le hall de l’aéroport, je récupère une poussette, Joséphine termine sa “nuit” emmitouflée dans une couverture elle aussi récupérée dans l’avion. Je regarde à travers les baies vitrées, le temps est à la hauteur de sa réputation sous ces latitudes. Gris, pluie et très venté … je réalise à ce moment là que nos vestes de pluie sont dans les valises restées en Norvège ! Nous restons donc dans l’aéroport, bien au chaud. Jérôme affronte les bourrasques pour se rendre au bureau de location de véhicules. La voiture est minuscule, à tel point que nous devons faire 2 voyages depuis l’auberge de jeunesse. Bon ça se présente bien, on a prévu 2 semaines de camping sur l’île et il va falloir laisser une partie de nos affaires. De toute façon je ne m’attends pas à avoir du 35 degrés à l’ombre. Priorité aux affaires chaudes.

 

Bagages retrouvés en fin de journée, nous pensons à la suite et au lagon bleu dont j’ai vu quelques photos. Blue Lagoon est une source d’eau chaude à 15 km de l’aéroport. Je ne sais pas trop à quoi m’attendre … et nous nous engouffrons dans un autre monde. Les vestiaires sont luxueux, je crois même me trouver dans un salon de beauté ( grand miroir, sièges en cuir blanc, coton à disposition, teinte noire, lumière tamisée …) puis une fois prêtes, Joséphine et moi retrouvons Jérôme qui se prélasse déjà dans une eau presque blanche (silice oblige) à plus de 40 degrés. J’avais entendu qu’il était possible de se faire des masques, je cherche donc au fond de l’eau pour récupérer la substance sensée “rajeunir”, j’ai l’impression de toucher des algues et seuls les cheveux et poils des baigneurs restent dans mes mains. Je tente un masque gommant avec des petites pierres noires, persuadée d’être dans la bonne direction … Mais Jérôme remarque des baigneurs au masque blanc, lisse et propre … comparé à mon gommage aux poils je vous laisse imaginer à quoi je ressemblais. Bref on trouve finalement de quoi s’enduire le visage et retrouver la douceur d’une peau de bébé.

 

Au final on passe 5 heures dans l’eau à se promener (le bassin est vraiment immense), à essayer le sauna et les 2 hammam. Détendus et prêts à l’aventure on reprend la route. Mais l’Islande nous réserve bien des surprises, y compris celle des panneaux d’indication routiers qui font tout pour nous perdre. Perdus dans la banlieue de Reykjavik, nous finissons après plusieurs détours et demi-tours à retrouver notre chemin en direction d’un camping.

 

Les 3 premiers jours ne sont pas de tout repos, nous visitons des sites certes intéressants mais envahis par les touristes. Toutes les langues du monde se parlent ici sauf l’Islandais. A la fin du 2eme jour, alors que nous avons passé du temps autour d’un geyser, un touriste un peu timide vient me voir et me fait remarquer que notre pneu arrière droit est à plat. Bingo !! La petite route jonchée de pierres volcaniques que nous avons empruntée plus tôt à eu raison du pneu. Jérôme change sans encombre la roue mais il faut la faire réparer. Et faire réparer un (petit) pneu en Islande coûte moins cher que de poser sa tente dans un camping !!!

 

Puis c’est la pluie qui nous accompagne alors que nous sillonnons le sud du pays, la brume qui enveloppe les falaises de Vik rend le paysage presque irréel. Je vois mon premier couple de macareux, nichés dans l’une de ces falaises. Dans l’Est, la pluie cesse et les nuages laissent place au soleil qui enveloppe le joli petit village de Faskrudsfjordur: premier coup de coeur du voyage, la vie semble paisible ici.

 

Nous laissons la côte Est pour rentrer dans les terres et rejoindre le lac Myvatn présenté comme un endroit hors catégorie “Être à Myvatn c’est comme être sur une autre planète !” et bien moi je dis que “Être à Myvatn c’est comme être au bord d’un lac”. L’expérience fut agréable et reposante mais rien d’extraordinaire. Une pause esspresso à Akureyri, capitale du Nord, nous continuons notre route doucement vers les fjords du Nord Ouest.

 

Nous sommes imprégnés par l’ambiance du film “Noi Albinoi” qui a été tourné là-bas. Nous souhaitons retrouver l’ambiance du village, la montagne que l’on voit si souvent en plan fixe. Le choc (au bon sens du terme) c’est cette partie de l’île qui est définitivement notre préférée. Tranquille, sauvage, ensoleillée (bon je dois l’avouer on a été chanceux …) c’est ici que nous avons eu le plus de contact avec les locaux. Bivouac avec pour panorama les majestueux fjords, les sternes arctiques assurent l’ambiance sonore (et attaquent aussi lorsque par mégarde, on s’approche trop près de leur nid: je les rebaptise donc les “pestes arctiques”), les séchoirs à poisson pour l’odeur, ça y est on y est. On se sent au coeur de l’Islande et surtout on se sent bien.

 

A Heydalur, au fin fond d’un fjord, nous campons au bord de la rivière, qui une fois n’est pas coutume, présente un fort débit dû aux intempéries du mois de Mai. Nous traversons la rivière tiède (3 degrés), baskets nouées autour du cou, Joséphine sur les épaules de son père, pour rejoindre le bassin naturel à 42 degrés … presque trop chaud ! Joséphine cuit comme une crevette et s’en sort avec une belle ligne rouge sur le ventre: le bas est à point, le haut manque de cuisson !

 

2 semaines de déconnection, et de communion avec la nature façonnée par le vent, la glace, les volcans … et l’envie d’y retourner encore et encore !

 

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