Faire du vélo en Irlande ne s’est pas avéré facile, et je dirais même que nous avons dû faire face à des situations dangereuses. L’étroitesse des routes, la conduite à gauche, la vitesse des automobilistes, la pluie, le vent de face, la brume et des côtes à 14% sont quelqu’uns des éléments avec lesquels il a fallu conjuguer tant bien que mal.

le 1er jour, alors que nous étions partis depuis moins de 15 minutes, j’évite de justesse une bouche d’égout à moitié recouverte. Je crie “EGOUT” à Jérôme qui me suit mais il n’a ni le temps de comprendre ce que je dis, ni d’éviter le trou à demi béant que la route cabossée nous offre en guise de bienvenue en Irlande ! Un bruit de casse, métallique se fait aussitôt entendre et je crois, l’instant d’une seconde, que le tandem de Jérôme et Joséphine est cassé … mais non, l’engin résiste. Après 1000 kilomètres en France, il faut croire qu’il est aguerri de toutes les mauvaises surprises que cette île peut nous apporter.

Rejoindre les péninsules du Sud-Ouest depuis la ville de Cork n’est pas une partie de plaisir, au contraire, ma hantise d’un choc arrière avec un véhicule trop rapide revient instantanément. Mes séquelles Mexicaines n’ont donc pas totalement disparues.

Finalement, après 3 jours, nous découvrons un coin de pays un peu plus tranquille et sauvage: Sheep Head. Mais la beauté des côtes et des falaises au dos vert rendu presque fluorescent en ces journées ensoleillées se mérite. Nous encaissons les montées bien raides puis les descentes, les montées à nouveau (toujours aussi raides). Grimper en soi ne me dérange pas du tout, bien au contraire. Faire du vélo c’est aussi accepter le dénivelé et la géographie, chaque montée offre son lot de récompense lorsque au col nous découvrons l’horizon sur un océan Atlantique plutôt tranquille. Ce qui est plus difficile, enfin surtout pour moi, c’est les pentes vraiment très raides qui m’empêchent finalement de profiter du paysages puisque je me concentre davantage sur ma respiration …. L’Irlande, même après 13 mois de voyage à vélo, n’est pas conseillée aux débutants.

Après 2 semaines de montées et de descentes donc, de paysages ceci dit magnifiques et sauvages, nous devons trouver un autre perspective à notre voyage. En effet, Joséphine tombe malade et se retrouve sous antibiotiques. “Il va falloir arrêter le vélo” me recommande le médecin du petit centre médical de Kilrush.

C’est donc en voiture que nous avons terminé notre périple celtique. 7 jours à profiter différemment du paysage, 7 jours pour expérimenter le bivouac presque en bord de route mais franchement, lorsque nous n’avons que des centaines de moutons comme compagnons de nuit, qui pouvons-nous déranger avec notre tente et notre voiture ?

De cette expérience Irlandaise je retiendrai donc les paysages éblouissants parfois et les bivouacs qui nous ont (re)connecté au ciel et aux étoiles.

 

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