Suite a la mésaventure culinaire de Jérôme, nous prenons quelques jours de repos a Puerto Varas. Après 48 heures, nous repartons en forme et bien décidés a poursuivre notre voyage. Nous sommes en quête d’un endroit paisible dans les montagnes. Nous prenons donc la direction de Petrohue a une soixantaine de km de Puerto Varas. Nous sommes en fait dans un “couloir” touristique et des bus bondes de voyageurs de toutes les nationalités nous dépassent: c’est mal parti pour la tranquillité !

Finalement nous campons au bord du lac Los Santos et l’endroit se révèle très agréable. Le lac est entoure de montagnes et au loin, a 30 km, on devine l’Argentine. Malgré les attaques de moucherons, nous profitons des couleurs rougeoyantes du coucher du soleil.

Le lendemain, nous partons a la découverte du volcan Osorno. Sa forme presque parfaite est envoutante et mystérieuse a la fois. Nous marchons dans un champ de lave puis remontons l’une des pentes du geant. On s’élève petit a petit et derrière nous, le panorama sur le lac et les chaines de montagnes se dessine.

On se pose au bord d’une rivière couleur chocolat qui descend tout droit du sommet. Nous sommes seuls et on profite du silence des lieux. De retour au camping des nuages apparaissent et s’installent sur les sommets qui délimitent le Chili et l’Argentine. Est-ce que la pluie va troubler la quiétude de Petrohue ?

Ce n’est pas une pluie qui s’abat sur nous dans la nuit mais une véritable douche. Il pleut tellement que la route que nous avions emprunte 2 jours auparavant est coupée : l’une des rivières a doublé de taille et de débit. Les bus et voitures sont stoppées des deux cotes de la route. Certains prennent des photos … nous, tels 2 habitues de ce genre de situation, nous traversons la rivière sans problème. En 5 minutes nous franchissons l’obstacle sous les yeux des vacanciers un peu frustres de ne pas pouvoir poursuivre leur route.

Nous continuons donc notre chemin, des litres et des litres d’eau se déversent sur nous et nous arrivons dégoulinant a Ensanada ou une chambre dans un joli “hospedaje” tout en bois nous attend. Ensanada est au bord du lac Lanquihue et depuis la plage, nous pouvons encore admirer le volcan.

Au coucher du soleil la pluie a cesse, le ciel est dégagé et la vision sur l’Osorno est presque irréelle.

On trouve ce volcan tellement envoutant que l’on décide de monter a la station de ski un peu plus haut. En fait c’est “bien plus haut” qui convient a la situation car nous avons mis presque 5 heures a grimper jusqu’au refuge “Telski”. En effet, les chiliens n’ont pas fait dans la dentelle en construisant la route: il n’y a presque pas de virage et la moyenne de la pente est a 10% avec un pic a 17% ! J’ai du mal a trouver mon rythme et la première heure je stoppe toutes les 5 minutes pour reprendre mon souffle. Finalement je finis par pédaler sans encombre et nous arrivons en fin de journée au refuge ou la vue est tout simplement merveilleuse. Derrière nous le volcan, devant le lac. J’ai l’impression d’être dans un avion … nous ne sommes qu’a 1200 mètres !

Le lendemain, nous grimpons un peu plus mais a pied cette fois. Nous remontons les pentes couleur noire et rouge du géant. Malheureusement l’ascension du sommet est interdite depuis peu, la chaleur inhabituelle (réchauffement climatique oblige) a créée de nouvelles crevasses sur le glacier et toute tentative de sommet est dangereuse. On se contente donc de monter jusqu’au glacier et d’écouter les craquements de la glace. Cette montagne est belle et bien vivante et c’est ça qui me fascine autant !!

En redescendant de l’Osorno, nous rencontrons ( a 1800 mètres dans une ancienne coulée de lave ) 2 couples de français d’Annecy et Grenoble ( décidément ) qui finissent leur voyage au Chili le lendemain. On discute, le courant passe tout de suite. Ils nous offrent un café et au fil de la discussion on découvre que l’un d’entre eux connait Kuujjuarapik car il a eu la chance de relier Kuujjuarapik a Iqualuit en chien de traineau. Ça parait invraisemblable, le monde des Rhône-Alpins est petit !

En fin de journée, nous prenons une nouvelle fois la direction d’Ensanada et nous descendons en 30 minutes la route que nous avions mis plus de 4 heures a grimper la veille. Une belle descente avec le lac en panorama.

Ensanada est le lieu rêvé de la contemplation … les pieds dans l’eau et la tête dans les nuages.

Voici le passage dans la boue :

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