Sur la route qui nous mène a Junin de los Andes, nous faisons face au vent qui nous rappelle fortement le sud de la Patagonie. Nous décidons de faire une pause en contre-bas de la route vers 14 heures, la pause se transforme vite en sieste ( a l’abri du vent et au soleil ). Nous sommes réveillés par Pawel qui ayant vu nos vélos en bord de route s’est arrêté pour venir discuter avec nous ! Pawel est un jeune homme atypique, il est parti d’Ushuaia au mois de février dernier et compte remonter jusqu’en Alaska en passant par le Bresil, la Guyane, le Venezuela et la Colombie. Pawel est originaire de Londres, a vécu en Sibérie et est actuellement “domicilie” (quand il n’est pas sur les routes d’Amérique du Sud) a Seoul ! Il parle 6 langues : Anglais, Francais, Espagnol, Portugais, Russe et Coréen … Son français est presque parfait, on a un peu honte de lui dire que l’on est trilingue et encore ….

On fait un bout de route ensemble. Malgré le vent de face, Pawel nous dépasse bien vite : il faut faire honneur a notre situation de cyclos lents 😉 Arrives a Junin de los Andes, on trouve un logement chez une dame charmante et très souriante. Il est 16 heures, le vent nous a fatigue et on est bien contents d’être arrivés. Pawel nous annonce qu’il compte poursuivre sa route vers Zapala et profiter du vent dans le dos. On est tristes de le voir partir aussi rapidement, on aurait aime partager une soirée avec lui.

 

La pluie qui s’abat sur la petite ville le lendemain nous permet de nous reposer une journée supplémentaire et de visiter le musée Mapuche. Le musée consiste en une petite pièce ou sont exposées des instruments de musique traditionnels comme des “Cultrum” ( tambour utilise pour les cérémonies religieuses ) ou des “Piloilo” (flute a 5 trous également utilisée pour des cérémonies). On découvre également que la pipe a une grande importance dans la culture Mapuche car la fumée est censée chasser le malheur suite a des maladies ou des épidémies. Dans le fond de la pièce, des os de dinosaures et des mollusques fossilises sont exposes derrière une petite vitre. Des femmes Mapuche tissent de façon traditionnelle sur des métiers a tisser hauts de 2 mètres. Cette culture que je ne connaissais pas avant de faire ce voyage s’avère de plus en plus passionnante et je découvre que la musique, tout comme la culture Inuit, a une grande importance.

La pluie cesse finalement et nous quittons Junin le 11 avril 2008 par une superbe journée d’automne. Nous empruntons une piste cyclable ou les arbres nous dévoilent leurs feuilles dorées. C’est beau …

La route qui nous mène au pied du volcan Lanin (3776 mètres) nous fait traverser des paysages dignes des steppes du Moyen Orient et la neige tombée récemment sur les sommets égaie le panorama. On adore l’automne et il nous le rend bien.

On se dirige vers le col de Mamuil Malal a 1207 mètres. Des Araucarias, immenses arbres typiques de la région, se font de plus en plus nombreux au fur et a mesure que nous grimpons.

Nous posons la tente au bord d’une rivière ou un martin-pêcheur nous fait la démonstration de ses talents !

La nuit est plutôt fraiche et nous repartons le lendemain sous la neige. Les flocons mêlés au vent de face nous rougit les joues. Nos pieds sont gelés mais nous poursuivons jusqu’au pied du volcan Lanin. Après plus d’1 heure de vélo ( avec une moyenne de 7 km/h ) nous nous arrêtons au bureau du “guardaparque” ou 2 jeunes hommes nous aident à protéger les vélos de la neige. Ces 2 Argentins sont militaires et s’occupent de renseigner les touristes pour les 7 prochains jours. Ils nous offrent un chocolat chaud puis nous partageons le mate: le courant passe tout de suite . Dario et Martin ont 25 ans et se sont engages il y a 6 ans dans l’armée.

Une heure, puis deux et trois heures passent, il neige toujours et nous n’avons pas envie de repartir sans avoir pu découvrir le volcan. Dario nous propose de passer la nuit dans le bureau, on accepte. Il nous invite aussi a marcher avec Martin le lendemain jusqu’au refuge militaire a 2200 mètres. On accepte également ! Dans l’après-midi, la neige cesse, le ciel se dégage et la vue sur le volcan est superbe. On profite de l’accalmie pour découvrir, en vélo, le lac Tromen distant de 3 km.

A notre retour de cette minuscule escapade, le “guardaparque” que nous n’avions pas encore rencontre nous pose pleins de questions et se fait méfiant. On remarque qu’il n’est pas clair ( en fait il est ivre ! ) et les souvenirs de Chaiten (Chili) nous reviennent vite en mémoire. Finalement nous passons la nuit avec Dario, Martin dans la maison du “guardaparque”. Le soir, Martin nous cuisine des saucisses, de la purée maison et une salade. Le “guardaparque” dont j’ai oublie le nom apprécie le repas mais aussi la bière qui l’accompagne.

Le lendemain il fait beau mais froid, c’est une journée digne de l’hiver ! Nous partons marcher et découvrir le champ de lave mais aussi les pentes du volcan. C’est sublime !

Nous arrivons au refuge en début d’après-midi, le sommet du volcan est encore loin et haut devant nous. On distingue des nuages de neige au sommet, soulevés par les rafales de vent.

Nous ne restons qu’une heure au refuge, un groupe de 12 personnes prévoyant l’ascension du sommet le lendemain arrive. Nous prenons notre temps pour redescendre et profiter au maximum de l’ambiance qui se dégage de cette montagne. La pureté tout simplement.

En arrivant au pied du volcan, on découvre sur le parking le camping-car de Nicole et François, couple suisse rencontres a Petrohue un mois plus tôt. Nicole et François voyagent avec Noan, leur fils de 4 ans sur les routes de l’Amérique du Sud pendant 1 an. Nicole nous propose de passer la nuit dans le camping-car : on accepte tout de suite. C’est l’occasion de faire plus ample connaissance. On découvre que Nicole a voyage a vélo avec une copine pendant 4 mois au Pérou, en Bolivie et au Chili il y a 8 ans. On a des tas d’atomes crochus !

Dans la soirée, Dario se joint a nous et nous annonce fièrement qu’il est papa d’une petite fille de 2 mois et qu’il se marie le mois prochain a Mendoza avec Cynthia (20 ans). Nous sommes donc invites a faire la fete avec les amis et la famille de Dario le 10 mai 2008. J’espère que nos jambes seront assez fortes pour que nous arrivions a temps a Mendoza, 800 km au Nord.

Jerome, Dario, Nicole et Noan (un peu timide):

Au petit matin, depuis le hublot du camping-car, on découvre les couleurs rosées du lever du soleil sur le Lanin, c’est superbe. Même le petit Noan est enchante par cette vision:

Nos derniers jours en Argentine sont marques par l’amitié et la beauté, on reste décidément sous le charme de ce pays grandiose !

Video : Arrivée au pied du Lanin !

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