Le 16 mai nous quittons San Jose de Jachal après une journée de repos et surtout après avoir cuisine des légumes achetés dans une petite échoppe de la place centrale. On en a un peu assez des pâtes et on se régale de carottes. de radis et de laitue ! En bref, nous reprenons la route, reposes et heureux d’avoir fait la connaissance de locaux charmants et intéressés par notre voyage. De plus, tous les habitants se déplacent à vélo et on se sent un peu comme un poisson dans l’eau ici !

 

 

Nous quittons donc San José au milieu d’autres cyclistes et après avoir vérifié notre itinéraire. Nous nous dirigeons vers un col, une trentaine de km plus loin. On découvre des roches et des montagnes rouges, du col on a un joli panorama sur la vallée ou nous allons rouler. Le paysage est troublant, on a l’impression de faire un retour dans la préhistoire !

Les formations rocheuses sont particulières également et on peut deviner des formes dans le roc qui longe la route. C’est un paysage précieux et préservé. Puis nous roulons sur une route droite, bosselée qui nous mène à Villa Santa Lucia. Le trafic est faible et c’est plutôt agréable de pédaler ainsi. Le paysage est attrayant également, des montagnes brunes et rouges au loin. Après 100 km on campe dans le lit d’une rivière complètement asséchée en peu en retrait de la route. Ce soir la on a droit a un joli coucher de soleil: les nuages roses s’inventent mille formes. La chaleur est la également et on profite de la lumière de la fin de journée pour boire un maté en face des montagnes.

Le lendemain, après seulement 3 km on passe une barrière sanitaire. On effet, on pénètre dans la région de La Rioja ou il est interdit de rentrer avec des fruits. Une maladie transmise par des mouches cause apparemment des problèmes dans toute la région. Un policier prend nos passeports, note nos noms sur une feuille et nous laisse partir pour le village de Villa Santa Clara. J’ai une banane dans ma sacoche de guidon mais ce fruit la ne pose pas de problèmes. On découvre donc Villa Santa Clara, petit village dont les arbres, arborant les couleurs d’automne, bordent la rue principale. Le niveau de vie des habitants a l’air plus élevé que dans les précédents villages traverses. Les maisons ont des jardins, des voitures sont garées devant les portes de garage. Il est a peine 10 heures et il fait déjà chaud. On se réapprovisionne en eau et en pain dans l’unique épicerie et on repart. On passe un col avec un léger vent de face. Les roches sont toujours rouges et nous sommes toujours enchantes par ce paysage.

Dans l’après-midi la température monte considérablement et on pédale par 40 degrés. Je dégouline littéralement, je suis aussi rouge que mon vélo … Une pause a l’ombre s’impose.

Finalement on fait une sieste a l’ombre d’un petit arbre. Vers 16 heures, la chaleur est un peu plus supportable. On enfourche nos montures … on grimpe un peu et on se retrouve devant une route en cours d’asphalte. On prend la déviation, un peu déçus de se retrouver sur du rippio ( chemin de terre ). On est Dimanche, il n’y a pas foule ! Et puis tant pis pour la déviation, la route en cours d’asphalte est bonne : on l’emprunte et on descend, les cheveux au vent, vers le village de Puerto Allegre. Derrière nous le vent assez violent soulève des nuages de poussière, ouf on l’a échappé belle !

On arrive a Puerto Allegre au coucher du soleil. On découvre un hameau de 5 familles. Ces familles vivent de la terre, ont quelques chèvres et des poules. La vie n’a pas l’air facile … on demande de l’eau dans la 1ere maison. Un gamin remplit nos bouteilles avec de l’eau gardée dans un grand seau. Il n’y a pas d’électricité ni d’eau courante. Une vie rudimentaire, proche des éléments naturels …. On campe après le village toujours dans le lit d’une rivière asséchée. Nos premiers cactus nous observent depuis la colline qui nous domine. Le sable est rose , envoutant ! Il fait toujours aussi bon et pour la première fois depuis bien longtemps nous mangeons dehors en face d’un feu allume pour l’occasion.

Dimanche matin arrive, nous grimpons dans des montagnes toujours aussi rouges, les cactus sont de plus en plus nombreux. La route de rippio n’est pas toujours évidente mais le paysage est tellement déroutant par ses couleurs que nous savourons cette montée jusqu’au col. Nous traversons plusieurs villages, croisons des troupeaux de chèvres. Au col a 2000 mètres, le vent s’est levé, on ne s’attarde pas et nous entamons notre descente vers Chilecito. La vallée que nous descendons est impressionnante une fois de plus !

En descente les km défilent vite, on se retrouve rapidement a Nonogasta. On poursuit vers Chilecito, on discute avec un père et ses 2 fils. Eux a cheval et nous sur nos vélos: “Suerte, Suerte” ( ils nous souhaitent bonne chance pour notre voyage ).

Nous arrivons a Chilecito en fin d’après-midi et nous sommes surpris de découvrir des centaines et des centaines de scooters. A contrario de San Jose de Jachal, les locaux se déplacent en scooter. Le vrombissement incessant des moteurs agresse nos oreilles. C’est une toute autre dynamique dans cette ville ! A l’auberge ou nous nous posons, nous faisons la connaissance de Magali. Magali vient de Bruxelle et voyage seule en Argentine depuis le mois de Mars. Le 19 mai elle fête ses 34 ans, on fête ça au restaurant tous les 3. Dans la soirée, un couple de cyclos Belges, amis de Magali, nous trouvent par hasard dans le resto et se joignent a nous. On partage nos expériences de voyage, nos galères de vélos …. La soirée se finit très tard dans la nuit mais Quelle Soirée !!! Encore 2 belles rencontres sur les routes de l’Argentine !

Après 2 jours de repos à Chilecito, nous reprenons la route pour Pituil puis Belen. Le paysage est plat, on roule sur des lignes de plusieurs dizaines de km. La monotonie du paysage est largement compensée par la gentillesse des habitants des villages que nous traversons. A Pituil, nous achetons a une vieille dame quelques tomates de son jardin. Elle est très intéressée par notre parcours et la discussion dure …

En route, nous voyons plusieurs sanctuaires dédiés à des “Saints”. Par exemple celui de la “Difunta Correa” ( Defunte Correa). Correa est une jeune femme qui cherchait a rejoindre son époux, elle est morte de soif dans la Pampa. Son fils de 1 an qui l’accompagnait a survécut en continuant de s’allaiter au son nourricier de sa maman alors que celle-ci n’était déjà plus en vie !!! Quelle tristesse cette histoire ! Depuis, les Argentins laissent des bouteilles d’eau dans des sanctuaires (petits ou grands) au bord de la route.

On découvre aussi un nouveau saint “Gauchito” et un sanctuaire aussi rouge que les montagnes que nous avons traversées les jours précédents !

Les Argentins sont très croyants et superstitieux. La religion a une place très importante dans le quotidien et la messe est souvent retransmise à l’extérieur grâce à des hauts-parleurs sur les façades de l’édifice…

Pour finir nous profitons d’une journée de repos a Belen pour souhaiter à nos 2 mamans une Joyeuse Fête des Mères !

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