Après notre boucle citadine, nous décidons de repartir, en vélo cette fois, pour le village de Sajama au pied du volcan du même nom. Nous décollons donc d’Oruro en fin de matinée, mais nous devons auparavant trouver une station essence. Bizarrement ce n’est pas facile et la seule que nous trouvons sur le chemin est fermée ! Puis je m’aperçois que mon pneu avant est a plat … Il est 16h, nous sommes toujours en ville. On décide de repousser d’une journée notre départ.

Le lendemain, nous tournons pendant près de 2 heures pour trouver le fameux combustible. Il se trouve qu’il n’y a pas d’essence en début de semaine a Oruro !!! Par chance on trouve une station approvisionnée en sortie de ville. Alors que nous nous apprêtons a partir (enfin) un homme nous interpelle dans une langue inconnue qui nous rappelle étrangement l’Inuktitut. Ce Bolivien nous parle en Aymara, dialecte des autochtones de la région. Puis voyant que nous ne comprenons pas ce qu’il nous dit, il enchaine sur l’espagnol et s’intéresse a notre route. Il nous donne quelques explications sur la route et nous prévient : ” Si quelqu’un vous parle dans la rue et que vous ne comprenez pas ce qu’il vous dit, ce n’est pas un ami ! “. On le quitte sur ce conseil pour le moins étrange. La route est asphaltée, les odeurs nauséabondes du lac Uru Uru sont a la hauteur de la monotonie du paysage. Une fois sur deux les locaux ne répondent pas à nos gestes de la main ou ne nous répondent pas lorsqu’on leur dit “bonjour” ! Puis en fin d’après-midi on découvre le village de Toledo, on a encore 2 heures de soleil devant nous, on en profite. On poursuit notre route a travers le salar de Toledo … la route n’est plus asphaltée et les camions venant du Chili font une poussière horrible qui donne une atmosphère étrange aux environs.

A la tombée du soleil, nous campons a cote de la maison ( qui se résume a 3 murs sans toit ) d’une bergere de lamas. Elle est plutôt étonnée mais contente d’avoir de la visite.

Notre route nous mène ensuite au village de Turco mais le chemin est de plus en plus difficile, on avance doucement … après 20km, une voiture conduite par des travailleurs de la route nous propose de nous déposer a Turco, distant de 25 km. On accepte, c’est une aubaine ! Arrives a Turco en début d’après-midi on reprend la route plus roulante, ouf ! Le paysage est plus sympathique et on découvre des pierres aux formes étranges.

On passe également des rivières a gué, les ponts sont en construction dans la région. Une petite séance de toilette est la bienvenue, en effet on est surpris de rouler par des températures élevées en pleine journée qui se transforment vite en températures négatives au coucher du soleil.

Voici une piste cyclable Bolivienne …

Bolivie_Velo_Parc Sajama0006

 

Après 4 jours 1/2 on rejoint le village de Sajama. Petite bourgade au pied du Nevado Sajama (6542 mètres, point culminant de la Bolivie). Son nom vient de l’Aymara, “chak xaña” qui signifient ouest. On s’acquitte des frais d’entrée du parc (30 bolivianos par personne) et on découvre un village minuscule, une église de toute beauté. On est aussi soulages de voir qu’il y a plusieurs boutiques de nourriture, en effet nos stocks sont pratiquement épuisés et Dieu seul sait qu’il est difficile de s’approvisionner en dehors des villes.

Notre 1ere journée a Sajama est plutôt tranquille: on profite des sources d’eau chaude naturelles a 6 km du village. Le cadre est grandiose, le Sajama face a nous, les volcans Parinacota et Pomerape derrière, on se glisse dans une eau a 38 degrés sous les yeux des alpagas. 2 heures de détente et de farniente qui font du bien a nos muscles et surtout a notre moral.

Nos 2emes, 3emes et 4emes journées sont marquées par le Sajama lui-même. En effet, nous laissons nos vélos et nos affaires dans un hostal et nous louons une corde de 30 mètres pour l’ascension du volcan. Nous pensions être seuls, il n’en est rien ! Vers 16h, alors que nous arrivons au camps de base a 4800 mètres, on apprend qu’un groupe de 9 français voyageant avec l’agence Allibert arrive ! De plus, un couple de Lille est déjà sur le site. Nous voila donc entoures de français au pied du Sajama ! Une dizaine de mules ont été réquisitionnées pour l’acheminement du matériel et des sacs des “Andinistes”. Le vent souffle pas mal ce soir la, un indice pour ce qui nous attend le lendemain !

Il est 9h30, nous partons a l’assaut du Sajama. Le sentier est bien marque, nous progressons dans des pierriers. Puis les choses se corsent lorsque nous remontons une crête ou le vent souffle à décorner un bœuf. Je lutte pour monter petit a petit, rester debout … Les porteurs du groupe Allibert et du couple de Lille sont aussi surpris que nous de la force du vent ! A 15h, nous découvrons le site du Campo Alto a 5700 mètres. On est épuises et transis de froid. Jérôme parvient après 1 heure d’efforts a monter la tente. Moi, a l’intérieur, nauséeuse, je retiens la toile intérieure et essaye de maintenir les arceaux ! Ça faisait longtemps que le vent ne nous avait pas cause autant de soucis.

Devant la force des rafales, presque tous les groupes sont redescendus. En soirée, nous sommes 4 français et un guide au pied des “difficultés” du Sajama. Ma nausée n’est pas passée et j’avale très difficilement deux fourchettes de spaghettis. Au moment de me coucher, je sens que les maux de tête arrivent. On s’apprête a passer une mauvaise nuit, réveillés par les rafales qui plient la tente toutes 15 minutes. L’ascension du sommet se fait normalement le 3eme jour a partir de 2 heures du matin. A 2 heures on est morts de fatigue, on ne se lève même pas. On apprendra par la suite que les 2 autres français accompagnes de leur guide ont tente, sans succès, d’atteindre le sommet …

Finalement on plie la tente en fin de matinée du 3eme jour et on renonce au Sajama. Jérôme aurait aime patienter une journée de plus mais nous n’avons plus de nourriture et honnêtement “je ne le sens plus du tout”. Nous rejoignons donc le village en fin de journée, on est bien fatigues.

Le guide qui a passe la nuit avec nous au Camp Alto nous apprend qu’un micro-bus part le lendemain a 7h pour La Paz. On décide de sauter sur l’occasion pour gagner quelques kilomètres. En réalité le bus part a 6h30 et nous le ratons de 5 minutes …. Cette nouvelle journée (non prévue) a Sajama est marquée par notre rencontre avec un groupe de 3 suisses et 1 français super sympa avec qui nous discutons plusieurs heures. Ils partent le lendemain pour l’ascension du Parinacota culminant a 6348 mètres (les gars si vous lisez le message, pensez a nous écrire: on a hâte de poursuivre nos discussions ! 🙂

C’est le jour J pour rejoindre La Paz, cette fois-ci on se présente avec 20 minutes d’avance au point de départ … il fait – 8 degrés, on gèle ! Le bus arrive avec 30 minutes de retard. On s’entasse dans le véhicule, nos sacoches et vélos bien attaches sur le toit. On rejoint la ville de Patacamaya en fin de matinée, de la on récupère un autre bus pour La Paz. En arrivant a El Alto, on est pris dans un bouchon et on découvre l’effervescence du marche qui prend ses aises sur la route !! Le bus ne nous arrête pas au centre de la ville et nous poursuivons en vélo ( sac a dos sur le dos et chaussures de rando aux pieds !! c’est pas une très bonne idée pour pédaler ) dans les rues hyper pentues de La Paz. La circulation est incroyable, les chauffeurs klaxonnent en permanence et les piétons marchent sur la chaussée … en bref on parcourt 2 km avant de trouver, heureusement, une chambre dans un endroit sympa.

La Paz est vraiment une ville FOLLE !!! C’est Oruro puissance 10, le bruit, les odeurs, la foule … on se prend presque une claque après la tranquillité de Sajama. Traverser une rue est une mission périlleuse, en effet, les piétons ne sont absolument pas prioritaires et il faut prendre ses jambes a son cou si on ne veut pas finir sous les roues des bus, taxis et autres !

Et voici les coordonnees GPS pour gravir le Sajama

Lieu Latitude DMS Longitude DMS Altitude (M)
Volcan Sajama CB 18°06’40.7″ S 68°55’00.6″ W 4795
Volcan Sajama C1 18°06’01.9″S 68°53’41.2″W 5682
Volcan Sajama Sommet 18° 6′ 13″ S 68° 52′ 41” W 6542

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