L’hiver plutôt clément jusqu’à maintenant nous a rappelé qu’il est seul maître à bord. En effet, nous avons eu la chance de goûter à des températures aussi basses que -40 degrés. S’habiller par ce froid de canard est un peu plus long, surtout Joséphine qui ne laisse aucune partie de son visage visible.  Le froid rend le paysage irréel enveloppé dans la brume, la rivière Yukon qui continue son chemin renvoie des vapeurs, le soleil est voilé, tout est bleu autour de nous, on se croirait en plein rêve ! Mais non, le froid mordant nous rappelle à l’ordre, ce spectacle véritablement magique est bien réel … Tout est complètement figé et ce silence si particulier est bien le son du froid, à 60 degrés Nord.

La nuit, le spectacle continue alors que les aurores boréales, telles un rideau qui danse au gré d’une légère brise, se déplace, change parfois la teinte de ses couleurs. Décidément je ne me lasserai jamais de cette beauté céleste. Parfois, l’aurore me semble si proche que je lève la main pour espérer l’effleurer: un instant d’éternité.

Mais hiver et froid riment aussi avec chien de traîneau car cette année, la Yukon Quest termine sa route au coeur de Whitehorse. L’idée de cette course a germé à Fairbanks en Alaska en 1983, alors que l’historien Roger Williams et le musheur Leroy Shank imaginaient une course de 1000 miles (1610 kms). Un an plus tard, le premier départ de la légendaire Yukon Quest avait lieu, et depuis cette date, 413  musheurs ont pris le départ … Le tracé de la course suit la route historique des lignes de trappe des premières nations, des déplacements des chercheurs d’or et la livraison du courrier au début du XXème siècle qui avait lieu en … traîneau à chiens bien-sûr !

L’arrivée d’un musheur et de son attelage est toujours accompagné des cris et des applaudissements des spectateurs. A peine passée la ligne d’arrivée, une horde de journalistes entourent le “héros”, c’est l’occasion pour les spectateurs d’observer les chiens qui se reposent un instant. Puis le traîneau se dirige en bout de route où les chiens sont nourris, certains se font masser ou inspecter les pattes. Le musheur en général retrouve son équipe et ses amis, il savoure une bonne bière, récompense de 9 jours de camping avec ses chiens où le sommeil tient une place minimale … La fatigue se lit sur les traits du visage mais le soulagement d’avoir fini et de célébrer des retrouvailles l’emporte.

Je me suis découvert une passion pour cette course et l’envie de faire un tour en chiens de traîneau est maintenant installée, il ne me reste plus qu’à trouver l’attelage !

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