Santiago, comme toutes les capitales et grandes villes, ne nous convient pas. La circulation et la pollution ne sont pas notre tasse de thé. Nous quittons donc la ville le 23 avril en bus. En effet, il n’y a que des autoroutes pour quitter l’endroit: un peu dangereux en vélo !

Nous nous rendons donc 80km plus au Nord a “Los Andes”. Nous découvrons un village sympathique dont les façades des maisons sont colorées. Des charrettes tirées par 2 ou 3 chevaux côtoient les voitures et bus. On se sent mieux ici ! Le lendemain, nous partons en vélo en direction du col “Los Libertadores” a 3800 mètres ! C’est la première fois que nous grimpons aussi haut. Le premier jour il fait chaud et nous montons doucement mais surement. La route est très très empruntée par les camions qui viennent de toute l’Amérique Latine ( Brésil, Paraguay … ). Nous ne sommes donc pas seuls sur cette route. Nous faisons la rencontre de Leila ( originaire de Tahiti ) qui voyage seule a vélo et a démarre son périple a El Calafate quelques mois plus tôt. Nous campons ensemble le 2eme soir ( a 2900 mètres) dans le tunnel de l’ancienne voie ferrée qui longe la route. La fatigue de la montée ajoutée au bruit des camions qui circulent toute la nuit ne facilitent pas la tache ! Le 3eme jour ( nous ne sommes toujours pas arrives … ) nous nous dirigeons vers le tunnel (3100 mètres) , toujours en compagnie de Leila. Il fait frais et le temps est couvert. Leila n’est pas en forme et décide de passer par le tunnel. Nous nous quittons donc la, en espérant se revoir sur la route.

Nous poursuivons donc la montée vers le col par une route de terre dont les virages ( appelés “caracoles” ) n’en finissent plus. Je suis de plus en plus essoufflée et je pousse le vélo sur les 500 premiers mètres ( de dénivelé ). Je trouve mon vélo très lourd et mes bras se fatiguent rapidement. Jérôme prend l’un des sacs harnache a mon vélo pour soulager mes bras. A partir de 3500 mètres la route est plus lisse et moins pentue. Nous arrivons à pédaler de nouveau pour atteindre le col vers 16 heures. Nous sommes fatigues mais contents d’être arrives a 3800 mètres. De la – haut la vue est superbe sur les sommets de la vallée de l’Aconcagua. Nous découvrons également la fameuse statue du Christ ( haute de 4 / 5 mètres ) symbole de paix. La statue a été transportée en train jusqu’au village de “Las Cuevas” a 3100 mètres puis a dos de mule jusqu’au col. De nombreux argentins viennent au col pour la photographier.

Le refuge chilien étant fermé, nous nous dirigeons vers le refuge argentin et nous sommes accueillis par Fernando et Alejandro. Ces 2 jeunes travaillent 6 mois de l’année ( printemps / été ) ici et vendent quelques sucreries aux gens de passage. Fernando nous offre un chocolat chaud puis un mate. Lorsque nous lui demandons si nous pouvons camper, il refuse et nous offre 2 lits au coin du feu ainsi que le repas du soir. Quelle hospitalité !!!

Le lendemain le temps est toujours couvert et froid. Le vent violent amplifie l’impression de fraicheur. Nous grimpons a pied jusqu’à’ a 3920 mètres. Un record pour nous 😉 Puis nous entamons notre descente vers “Las Cuevas” après avoir remercie mille fois nos hôtes. Du cote Argentin, la montagne est rose et jaune. C’est super chouette. La grimpette de 3 jours que nous venons d’effectuer, l’altitude et les 2 whiskys bus la veille par Jérôme nous a bien entames ! Nous nous arrêtons a “Las Cuevas” après seulement 45 minutes de vélo. La température est toujours aussi fraiche … la neige arrive dans la soirée … L’hiver est a notre porte !

Nous sommes le 28 avril, tout est blanc dehors et le vent balaye la neige. Le tunnel est ferme a la circulation ! Nous descendons donc par cette route déserte, on est seuls au monde.

Comme la vallée est venteuse, une partie de la route est dégagée malgré tout et nous arrivons sans encombre a “Puente de l’Inca” a 2700 mètres. C’est ici que le poste frontière officiel est installe. En entrant dans le hangar qui sert de “limite” je découvre un bout de verre dans mon pneu avant. A cause de la neige, je n’ai pas pu contrôler l’état du chemin !! J’en suis a ma 4eme crevaison ! Jérôme change ma chambre a air a cote des guitounes ou Chiliens et Argentins travaillent. Comme le tunnel est ferme, nous sommes seuls a faire tamponner nos passeports.

Le village de “Puente del Inca” abrite un pont naturel d’où des sources d’eau chaudes sont visibles. Le site est impressionnant, le pont est jaune. Pour conserver l’endroit, il est interdit de traverser le pont mais l’ensemble reste très beau. On distingue même la vapeur qui s’échappe de la terre.

L’auberge dans laquelle nous sommes est également le bureau de la poste Argentine et le musée du “Courrier”. Le facteur du village accueille aussi les voyageurs. C’est comme ça que nous faisons la connaissance de ” l’hombre del correo de Puente del Inca” ! C’est un homme charmant qui nous explique qu’il travaille pour la poste Argentine depuis 4 ans. Montagnard dans l’âme il a déjà participe a des courses de ski de randonnée en Suisse !

Je traine un rhume depuis Santiago et une halte a “Puente del Inca” me permet de me reposer pendant 2 jours. Jérôme en profite pour explorer les environs et jouer au chamois. Il m’avoue qu’il est sous le charme de l’endroit : c’est la 1ere fois qu’il trouve des montagnes aussi belles en Amerique Latine.

Dans ce village nous faisons aussi la connaissance de Morgane et Allan partis en vadrouille depuis 9 mois en Asie ( Inde, Nepal, Laos , Viet-Nam …) et actuellement en prospection d’un futur voyage en Amérique du Sud. On sympathise de suite autour d’une bière puis d’un repas a l’unique restaurant du village. Le resto est presque désert, seulement 2 autres personnes. Il se trouve que ces 2 autres personnes sont aussi françaises et nous finissons la soirée a 6 autour de 4 bouteilles de vin.

Le 1er mai nous sommes toujours a “Puente del Inca”, le soleil est de retour. Je pars marcher avec Jérôme, nous montons jusqu’à 3500 mètres, les pieds dans la neige. De retour a l’auberge nous retrouvons notre copine franco-québécoise Séverine. Nous avions rencontré Séverine a El Calafate au mois de Janvier dernier ! On discute toute la soirée de nos voyages respectifs et de nos impressions. De belles retrouvailles .

Le soleil est bel et bien de retour, nous reprenons la route le lendemain pour le village de Uspallata distant de 80km. Nous pensions avoir une étape “facile” : nous descendons la vallée de l’Aconcagua. En fait la route s’apparente un peu a des montagnes russes. Le vent de face s’en mêle, c’est une journée plus difficile que prévu. On fait de nombreuses haltes pour admirer les montagnes roses et ocres, on s’arrête a la “Quebrada Seca” d’où un mur naturel de plusieurs mètres surplombe le Rio Mendoza.

En fin d’après-midi on arrive dans le village d’Uspallata. On découvre un panneau qui indique : ” Uspallata, un lugar de pellicula” ( mot à mot ça veut dire “un lieu de film” ). En effet, le film “7 ans au Tibet” a ete tourne ici. Ça parait incroyable ! En effet le village est un peu endormi, la moitie des habitants se déplacent à vélo ou a cheval ! Cependant on peut boire un thé dans le “Tibet Café” , en plein milieu des Andes Argentines ça fait bizarre de faire une halte au Tibet 😉

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