Après notre détour au “Tibet”, nous repartons vers le Nord en direction de Barreal. L’information que nous avons recueillie au sujet de la route est : route asphaltée sur 12 km, du ripio (chemin de terre) sur 50 km puis a nouveau de l’asphalte sur les 40 derniers km menant a Barreal. Nous sortons donc du village et suivons la route qui longe des montagnes brunes, jaunes et blanches. C’est vraiment joli et on contemple la beauté naturelle qui s’offre a nous. La route grimpe un peu mais on ne se pose pas de questions, trop absorbes par les montagnes. Au bout de 17 km, alors que nous sommes toujours sur une route asphaltée, on stoppe. N’ayant vu aucun panneau d’indication on sort la boussole et on étudie plus sérieusement la carte. Le verdict tombe, on est sur la mauvaise route !!! Il est déjà 15h30, on décide de rester ou nous sommes et de camper au pied d’une montagne jaune. Du sommet, on a un joli panorama sur la vallée et on voit même la route que nous aurions du emprunter ! C’est pas grave, çà sera pour demain.

La route entre Uspallata et Barreal est très peu empruntée, il n’y a pas âme qui vive a des km a la ronde et surtout il n’y a pas d’eau. Nous transportons donc avec nous 4 litres de plus par vélo, ce qui fait un total de 6,5 litres pour moi et 7,5 litres pour Jérôme. Un paysage de steppes s’étend a perte de vue, entre la Cordillère et la Pre-Cordillère. On s’arrête en route pour visiter un site Inca, on est sur la route mythique des Incas qui remonte jusqu’en Équateur en passant par la Bolivie et le Pérou. On campe après 55km parmi les rongeurs qui habitent dans le coin.

Le lendemain nous poursuivons notre route, on attend avec impatience le retour de l’asphalte. Mais le chemin est “use” par les assauts du temps et du vent, et nous devons pédaler sur une route en très mauvais état : mélange d’asphalte délabré et de pierres. C’est pas facile ! 14 km avant d’arriver a Barreal, notre récompense: une route, une vraie !!! On est tellement contents que l’on se couche par terre pour bien sentir l’asphalte 🙂 (le bonheur se résume a peu de choses ! ).

Entre Barreal et Uspallata on découvre des formations rocheuses troublantes au bord de la route. En plus de ressembler a des tours, des temples, des châteaux, la Pre-Cordillère nous offre un véritable feu d’artifice de couleurs : brun, blanc, jaune, rouge, violet … toute la palette de couleurs y est. On est très agréablement surpris car on se s’attendait pas du tout a ce type de paysages.

 

En arrivant a Callingasta en fin d’après-midi, on essaye d’être discret mais c’est complètement rate: tout le village est sur la rue principale et nos sacoches trahissent nos origines ! On traverse donc le village une première fois histoire de faire connaissance avec les locaux puis on se dirige vers le camping municipal. Le terrain de camping n’en est pas vraiment un car il se résume a 2 ou 3 bouts d’herbe autour du terrain de foot ! On assiste donc depuis notre “maison” a l’entrainement d’une équipe de 3 filles. Et oui le football c’est aussi un sport féminin 🙂

Le gérant du camping nous explique que la vie a Callingasta est très difficile car il n’y a pas de travail. En ete les gens plantent quelques oignons mais le reste de l’année c’est dur de trouver une activité. Les mines de la région, privatisées dernièrement, ont ferme. Même les ressources comme l’électricité et l’eau sont très difficiles a acheminer … Toute la déprime de la population nous tombe sur les épaules. Le lendemain nous sommes impatients de repartir mais je ne me sens pas très en forme ( maux de dos et de ventre, nausées … ). Je m’arrête donc a l’infirmerie du village pour consulter. Une doctoresse pas très sympathique me prescrit une injection et en moins de 2 minutes je me retrouve avec une seringue dans le bas du dos !!! Je sors toute “émue” de l’infirmerie, me tenant le bas du dos comme une vieille dame: ça ne va pas être pratique pour pédaler. Finalement la douleur s’estompe ( l’injection m’a fait plus mal que les douleurs que j’avais initialement ! ) et on reprend la route pour rejoindre Iglesia distant d’un peu moins de 200 kms. La route que nous empruntons est neuve et l’asphalte de bonne qualité, cependant nous ne savons pas exactement quels dénivelés nous allons grimper, nos 2 cartes ne sont pas assez précises. En réalité nous nous préparons a passer 4 cols en 2 jours …. rien de moins !!! Le 2eme jour, nous arrivons au col “El Colorado” a 2600 mètres au coucher du soleil. Jérôme est content d’avoir fournis tout ces efforts pour arriver la, moi par contre je suis moins en forme et je ne rêve que d’une chose: me glisser dans mon sac de couchage !!

Le lendemain nous profitons des premiers rayons de soleil pour nous réchauffer: la nuit a été très fraiche ! Nous entamons en milieu de matinée notre descente de prés de 30 km vers Iglesia. Iglesia (ce qui signifie église ) est un tout petit village. Nous croisons quelques habitants dans l’épicerie, venus faire leurs provisions. Les maisons sont faites de terre, elles ressemblent a de petits blocs rectangulaires d’où le confort a l’air très sommaire. On s’approche tout doucement du Nord de l’Argentine et on le ressent. Nous poursuivons notre route vers le village de Las Flores (les fleurs) distant de seulement 11kms. Il ressemble en tout point a Iglesia en tout petit peu plus grand. Nous prenons notre pause de midi sur la place centrale, a l’abri du soleil sous les arbres. Dans l’après-midi nous poursuivons jusqu’au village de Rodeo 20 kms plus loin. Même topo que les précédents …

Nous passons une nuit dans le village de Rodeo et nous reprenons la route (encore et toujours) pour San Jose de Jachal. En chemin, nous nous arrêtons par hasard a Pachimoco. L’endroit a l’air calme et a l’ombre. Nous posons les vélos en face de la toute petite école et la c’est … la fête. En effet, la directrice de l’école (Suzanna) ainsi que les 2 institutrices et tous les élèves ( ils sont 19 ce jour la ) viennent nous accueillir ! Ils sont si contents d’avoir de la visite 🙂 Suzanna nous offre la soupe du midi, très riche : viande hachée, riz, carotte et lentille. En dessert on a droit a du “dulce de batata”. C’est une pate de sucre de patate douce, délicieux mais très sucre ! L’après-midi passe, nous visitons les classes. L’école est située dans un bâtiment age de près de 50 ans et le tout est très vétuste. Lorsqu’il pleut, il y a plus d’eau dans les classes qu’a l’extérieur ! Les élèves viennent tous les matins a cheval ou a vélo. Ils sont issus de familles modestes vivant dans le “campo”. L’heure du mate arrive et nous sommes toujours a l’école. Nous le partageons avec Suzanna et les instits dans son bureau. Au gouter nous avons droit a du riz au lait caramélisé !!!! C’est un vrai festin, on est reçus comme des Rois. On est si contents de partager une après-midi avec ces femmes charmantes. On repart le cœur gros et le ventre plein 🙂

En fin d’après-midi on découvre le village de San Jose de Jachal, sa place centrale et ses palmiers. La vie est douce et tranquille ici. C’est le bon endroit pour se reposer une journée et digérer le festin partage avec le monde scolaire de Pachimoco.

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