Nous avions entendu beaucoup de bien de Salta et effectivement nous ne sommes pas déçus. Ville agréable, il est plaisant de se balader dans le centre ville, de prendre un cafe au soleil sur une terrasse. En bref, on se laisse vivre et on se repose pendant 1 semaine. La place du 9 Juillet est un veritable havre de tranquillité, sous les orangers, nous nous prélassons devant un bon livre. Les bâtiments ont une architecture coloniale, les églises sont blanches, oranges, rouges. Il y a également de nombreux petits marches ou les produits “occidentaux” ( vêtements en polaire, montres bas de gamme, copies de films et de musiques ) côtoient les produits plus traditionnels comme les vêtements en laine d’alpaga ( pull, poncho, bonnet … ).

On se sent bien a Salta et on repousse a 2 reprises notre départ. Après 7 jours on décide de reprendre la route pour San Salvador de Jujuy: notre dernière ville avant la frontière Bolivienne.

Nous avons 2 options pour rejoindre Jujuy, l’autoroute ou une petite route de montagne. On opte pour la seconde, le paysage est un mélange du Doubs et du Pilat, il n’y a pratiquement pas de circulation et c’est vraiment plaisant de pédaler ainsi. En route on s’arrête acheter des “facturas” ( viennoiseries) a un boulanger très sympathique.

Nous parcourons les 100 km dans la journée et arrivons a la tombée de la nuit a Jujuy. L’hôtel ou nous nous posons n’est pas le meilleur choix que nous ayons fait ! En effet, les résidents hurlent jusque tard dans la nuit nous empêchant de nous endormir et mon matelas est infeste de punaises ou de puces, je ne sais pas trop. Je passe donc la moitie de la nuit a me gratter les bras et les jambes. Lorsque je réalise que je ne suis pas seule dans le lit je change illico presto de couchage , il est plus de 2 heures du matin …. Le lendemain, encore plus fatigues que la veille, nous nous levons tôt, préparons nos affaires et quittons l’endroit peu recommandable. Nous trouvons rapidement un “residencial” un peu austère mais propre.

Jujuy n’est pas une jolie ville, les 2 rivières ( Rio Xibi Xibi et Rio Grande ) sont plus petits qu’un ruisseau, les détritus jonchent les bords de l’eau et on se demande même si les bords de la rivière ne sont pas utilises comme décharge publique. Nous avons aussi une baisse de motivation (ça arrive !) et nous restons 3 jours dans la ville, a repousser notre départ.

Finalement on décide de prendre un bus jusqu’à la frontière a “La Quiaca”. On passe de 1200 mètres a 3500 mètres, le paysage ressemble, en moins joli, a celui que nous avons découvert a Antofagasta. De plus le vent est assez violent, on ne regrette pas de ne pas faire cette partie de la route en vélo.

La Bolivie est a 300 mètres de nous. Après un dernier café argentin, nous franchissons la frontière a vélo. C’est un joyeux bordel aux postes frontière et les locaux la passe comme si ils se baladaient, ils ne montrent aucun document … on est étonné ! Nous posons les vélos devant le bureau Bolivien, a peine entres dans le petit bâtiment, des personnes s’arrêtent devant nos vélos, essayent les freins … ça commence bien !! Je sors surveiller nos bicyclettes et nous faisons tamponner nos passeports chacun notre tour. Nous savons que le train pour Uyuni part dans l’après-midi mais nous ne savons pas exactement a quelle heure. De plus, nous n’avons pas de Bolivianos et devons absolument changer nos derniers pesos Argentins. Nous avons choisi le mauvais jour pour passer la frontière. En effet, tous les commerces ( y compris les maisons de change ) ont baisse le rideau. Un conflit sérieux oppose les locaux a la municipalité qui apparemment est corrompue et n’offre pas de travail. Les chauffeurs de taxi ont bloque les routes et tout le centre est occupe par des piétons. Les gens sont regroupes en petits groupes et parlent tout bas ! C est une drôle d ambiance qui me met mal a l aise. Je parviens quand même a changer quelques bolivianos dans un cyber cafe ( et je me fais voler, par la même occasion, de 30 Bolivianos !! ), c’est de mieux en mieux. Alors que je marche dans la rue principale de Villazon a la recherche d’un hotel, je remarque que des gens crient et des femmes courent de l’autre cote de la rue. J’accélère le pas, il faut vite trouver un endroit avant que le situation ne dégénère. On finit par trouver une chambre dans un “residencial” juste en face de la gare. Une douche coute 5 Bolivianos, on s’en passera ! Finalement il n’y aura pas d’émeute ni de soulèvement ce soir la.

Le lendemain, sur la place centrale, des banderoles et des drapeaux boliviens ornent la façade de la mairie. Les magasins sont tous fermes, les maisons de change également ! Un débat est organise dans l’après-midi et l’issue des discussions est primordiale pour nous. En effet, si un compromis n’est pas trouve, la ville restera bloquée et nous ne pourrons pas prendre le train pour Uyuni !!! Dans l’après-midi, tous les habitants suivent les discussions via une petite radio qu’ils transportent avec eux, certaines personnes, très en colère, se dirigent vers la frontière (qui est bloquée) et brandissent des barres de fer ! On observe tout ça de loin. A 18 heures c’est le soulagement, la vie reprend son cours, les magasins lèvent le rideau et certains groupes crient de joie … Ouf

On réussit enfin a changer de l’argent (sans se faire voler cette fois) et a acheter quelques provisions. Cette nuit la je dors très mal, je rêve de Boliviens en colère avec des barres de fer …. Cette situation m’a pas mal “travaille” et c’est la première fois depuis le début du voyage que je me suis sentie aussi peu en sécurité dans la rue ! Mercredi a 6 heures 15 du matin, alors que je venais enfin de m’endormir, quelqu’un tambourine a notre porte ! C’est le grand-père a qui nous louons la chambre. Je me lève, encore toute endormie, et lui demande ce qui se passe. Il m’explique qu’il y a déjà plein de gens devant la gare qui font la queue pour acheter un billet !!!! Je m’habille en 4eme vitesse et sors faire la queue, dans le froid matinal. A 6h30, il y a 10 personnes devant moi et 4 derrière. On patiente dans le silence. A 7h, un policier ouvre la porte de la gare et nous assigne a chacun une place assise. On s’exécute toujours dans le silence. A 7h20 le guichetier arrive, j’obtiens nos 2 billets a 7h45 sans problème.

A 15h, nous sommes sur le quai, les bagages encombrants doivent être ranges dans un wagon spécial. Nous laissons donc nos vélos, nos 2 sacs étanches et nos 2 sacs a dos aux mains expertes des employés du chemin de fer Bolivien. Notre train part a l’heure, il est 15h30. On est surpris du confort du wagon. Alors que nous avons acheté les billets les moins chers, nous nous retrouvons dans des sièges confortables, on a de la place pour étendre nos jambes. On a 10 heures de voyage devant nous et 400 km !

Le paysage est superbe, on découvre des canyons, des villages perdus au milieu de nulle part, des troupeaux de chèvres gardes par des gamins et des chiens. Dans la nuit, la lumière de la pleine lune nous offre un paysage mystérieux. J’ai l’impression de voyager sur la lune ! Par contre l’altitude me joue des tours et mon visage gonfle a mesure que nous nous élevons. Mon reflet dans la vitre me fait presque peur, au moins en vélo on prend notre temps et on s’acclimate mieux ! A Minuit nous arrivons a Uyuni a 3600 mètres, il ne fait pas trop froid. On récupère toutes nos affaires et on se dirige vers l’hôtel ou nous avons une réservation. Pas de bol, l’hôtel est complet et n’a pas pris ma réservation …. Il se trouve qu’ici aussi il y a des problèmes a cause de la mine et les routes ont été bloquées ! Les touristes censés partir en bus a Potosi n’ont pas pu quitter la ville. Comme Uyuni est une petite ville touristique, nous trouvons un autre hôtel pour passer la nuit. On s’endort vers 1 heure du matin, sous les 4 couvertures de notre lit !! Et oui il n’y a pas de chauffage ici et la température dans notre chambre avoisine les 6 degrés.

Le lendemain mon visage est moins gonfle mais j’ai quand même l’air d’avoir 20 ans de plus ! Ça fait bizarre …. C’est jour de marche a Uyuni et on découvre les nombreux étalages sur la rue principale. On trouve vraiment de tout sur ce marche: des postes de Tv aux vêtements en laine d’alpaga, des savons aux oranges, des épices aux feuilles de coca. On a même trouve des “têtes de nègre”, on s’est évidement jeté dessus : 2 Bolivianos pour 4 gourmandises ( 0.20 centimes d’euros ! ) a ce prix la on ne va pas se gêner 🙂


En se baladant dans la ville, on découvre des tags qui font l’apologie de la Revolution Proletaire. Une statue trône devant la gare ferroviaire : elle représente un homme avec une faucille et une cle plate dans les mains. Je crois voir C.Chaplin dans le film “Les Temps Modernes”. Le soir, on hésite a manger dans un restaurant populaire, on ne sait pas trop si on peut faire confiance au cuisinier. Finalement on se retrouve dans un resto ouvert par un français !!! Jérôme se régale d’un steack de Lama avec une sauce au bleu. On fait la connaissance de Maxime et Beatrice. Jeune couple partis en stage avec leur école de tourisme pour 3 mois. Ça faisait bien longtemps que nous n’avions pas passe une soirée en “français” et ça nous a fait du bien. Le programme pour les prochains jours est l ascension du volcan Licancabur et la traversée du Salar d Uyuni en vélo … la suite au prochain épisode !



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