Apres notre deception du parc Torres del Paine, nous avons profite d’une pause a El Calafate pour nous reposer, nous soigner a l’occasion d’une visite a l’hopital de la ville (une grippe pour Jerome et des piqures d’araignees sur les doigts de la main gauche qui se sont infectees pour moi !), et bien evidement manger et cuisiner. On se rend compte a quel point notre moral varie en fonction de nos menus. J’ai donc utilise la cuisine de l’auberge pour faire des cookies et du pain perdu mais aussi de la viande de boeuf puisque que pour etre franc, l’une des meilleures viandes du monde est le boeuf Argentin.

Nous avons egalement fait la rencontre d’une charmante francaise, Severine, a l’auberge. Immigree comme nous, elle vit depuis 10 ans a la ville de Quebec et est originaire de Savoie. Nous avons passe une fin d’apres-midi a discuter de nos experiences au Canada mais egalement de nos voyages respectifs en Amerique du Sud. Elle a eu un coup de coeur pour le parc Torres del Paine et y a fait du volontariat pendant 3 semaines ( reamenagement des sentiers de randonnee ).

Nous decidons de ne PAS aller voir le glacier Perito Moreno. En effet, le glacier fait l’objet d’une exploitation touristique maximum et les cars de touristes affluent tous les jours devant la langue glaciaire de ce geant glace. Nous prenons conscience que le bourrage de crane touristique, via les guides, les agences touristiques et les centres d’informations ne correspond absolument pas a ce que l’on veut faire de notre voyage. Nous repartons donc d’El Calafate en velo, un jour sans vent ! (fait sufisament rare pour etre signale). Le paysage est desertique mais nous avancons bien et apres 70 km, nous nous arretons au poste d’entretien des routes. Nous avions dans l’idee de camper derriere la maison. Roberto nous acceuille avec un large sourire et nous donne sa benediction pour camper. Finalement apres 15 minutes il nous offre une chambre dans sa maison: ” Vous dormirez mieux !” nous lance t-il ! Il nous prouve a nouveau a quel point les Argentins sont chaleureux et hospitaliers, on partage ensemble le the, le mate, du pain, du dulce de lecche (confiture de lait), des empanadas (chaussons fourres au fromage, a la viande … et cuits au four). Roberto aime la compagnie des gens de passage et nous fait signer son cahier dans lequel de nombreux autres cyclo-touristes ont fait une halte chez lui.

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¡ Muchas Gracias Roberto !

Apres une bonne nuit dans un lit, nous repartons le lendemain, le vent s’est leve. Il est de face et nous ralentit plus ou moins. La route n’etant plus asphaltee sur cette portion, nous avancons doucement mais surement. Une pause d’une heure en plein milieu de l’apres-midi s’impose alors que les rafales se font plus violentes et soulevent le sable, tels des nuages d’insectes …

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Puis nous retrouvons de l’asphalte en fin d’apres-midi et le vent dans le dos. Nous parcourons une vingtaine de km en 30 minutes, le temps que la route pour El Chlaten ne nous force a retrouver un vent de cote … je ne sais plus vraiment de quel cote il vient mais il nous fatigue beaucoup ! Pas un arbre, pas une riviere en vue, seulement une pampa desertique balayee par les vents Patagons. En debut de soiree nous trouvons refuge a cote d’un enorme bloc de pierre qui, solitaire, sert d’abri a la faune environante (autruches, guanacos, moutons …) Nos reserves d’eau nous ont permis de bivouaquer sans riviere. La nuit fut courte et agitee, le bruit de la tente pliee sous les rafales nous reveille a plusieurs reprises.

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Le lendemain nous partons dans la tempete … c’est difficile de debuter une journee de velo dans ces conditions. Notre moyenne est de 6km/h, je vous laisse imaginer la force des bourasques. On avance peniblement, le summum est atteint avec 5 km/h pour moi en pleine descente. Ca peut faire sourire mais sur le coup je ne souriais pas trop. J’etais plutot fatiguee de devoir lutter contre les elements et de savoir que, malgre mes efforts, je ne sortirais pas victorieuse du combat. Apres 24 km eprouvants, Jerome arrete une voiture et c’est dans un vehicule conduit par un charmant couple d’Argentins originaires de Comodoro Rivadavia que nous avons parcouru les 60 km restants. Il y avait dans le vehicule 2 bretons voyageant en stop, ce trajet improvise fut l’occasion de faire leur connaissance et d’echanger sur nos itineraires respectifs. Quant a Jerome, c’est dans l’arriere du pick up, coince entre nos montures et les sacs a dos des bretons qu’il a decouvert le paysage montagneux de El Chalten, notre prochaine etape.

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El Chalten est la capitale nationale de la randonnee, c’est en fait un petit village de 2 ou 3 000 habitants, love au pied du mont Fitz Roy et du Cerro Torre. Les routes sont en terre, il n’y a pas de banque mais les boutiques d’articles de montagnes, les restaurants et les auberges sont nombreuses. En effet, le site attire les randonneurs du monde entier, enfin seulement ceux qui ont les moyens de se payer le voyage. Et vu le prix de certaines chambres d’hotel il y a de quoi halluciner ! Les 2 auberges dont j’avais note l’adresse etant completes, nous nous installons sur un site de camping gratuit. Nous achetons deux douches le lendemain dans une auberge de jeunesse et comme a notre habitude nous mangeons bien. La lutte ventee de ces derniers jours nous a creuse et nous engoufrons joyeusement Bife de chorizo, escalope milanese, gateau au chocolat et a la confiture de lait … en bref on a pense rebaptiser notre site ” mange moins vite ” 🙂

Le but de l’escale etant aussi la randonnee, nous avons decouvert hier des massifs superbes, baignes dans la lumiere matinale. Pas d’affluence, nous nous sentons comme 2 poissons dans l’eau.

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Puis nous sommes sortis des sentiers battus du parc pour grimper une montagne et decouvrir, en marchant le long de la crete, le Mont Fitz Roy dans toute sa splendeur. Le paysage est beau, solitaire et mysterieux. Toute la poesie qui se degage du panorama nous envoute !

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Pour ne pas perdre les pedales 😉 !!, le vent souffle a nouveau aujourd’hui et nous rappelle que notre route se poursuit toujours face a son souffle. Notre experience en Patagonie nous aura au moins appris a etre patients … n’est ce pas Jerome !!!

Carte

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