24012013-DSC_6291A l’occasion de la sortie officielle du documentaire “Crazy Water” de Dennis Allen, j’ai décidé de diffuser aujourd’hui mon article paru dans les pages de “l’Aurore Boréale” au mois de Février 2013.

C’est par une matinée blanche que Dennis Allen, réalisateur basé à Whitehorse, tourne le dernier plan de son documentaire «Crazy Water». Cette année sera riche en rencontres et en déplacements pour lui. En effet, après le succès rencontré par son précédent documentaire «CBQM» (lauréat du prix du meilleur documentaire au festival du film ImagiNative en 2009), il se prépare à présenter sa dernière réalisation à travers le Canada.

S’investir dans la communauté

Originaire d’Inuvik dans les Territoires du Nord-Ouest, Dennis Allen a grandi dans une famille où l’implication dans la communauté était primordiale. Influencé par sa mère, activiste sociale, il explique:« Avec mes frères et soeurs, nous avons grandi dans le sentiment de devoir s’investir dans notre communauté».

A 30 ans, Allen réalise qu’il doit faire quelque chose de sa vie et décide d’apprendre à réaliser des films dans une école de Calgary. Puis il tourne son premier documentaire à Yellowknife dans les Territoires du Nord-Ouest et enchaîne depuis les réalisations.

Lorsqu’il reçoit un prix au festival ImagiNative pour le documentaire «CBQM», surpris il explique: « J’étais heureux pour les gens de Fort McPherson car c’était pour eux une façon d’être reconnus. Ce film représente la vie dans une petite communauté des T.N.O. selon notre perspective».

Lorsqu’il n’est pas en repérage ou en train de tourner une séquence, Allen est sur les scènes locales de Whitehorse, avec sa guitare, et interprète des mélodies empruntes de l’ambiance du Yukon.

Briser le tabou et les stéréotypes au sujet de l’alcool et des Premières Nations

«Crazy Water» est à l’origine un livre de Brian Maracle, natif de Six Nations en Ontario. Inspiré par cette lecture, Allen a obtenu l’accord de l’auteur pour faire son documentaire. Basé sur les histoires d’addictions de plusieurs personnes des Premières Nations d’Alberta, de Colombie Britannique et du Yukon, ce documentaire les présente à des stades différents sur la voie de la guérison. L’alcoolisme n’est pas un sujet facile à traiter car il est considéré comme «une maladie de la honte» parmi les Premières Nations. Le réalisateur explique: « Je veux que ce film brise les stéréotypes et apporte du support et de l’espoir aux gens. Je veux motiver ces personnes afin qu’elles guérissent».

Partenaire de l’Office National du Film, Dennis Allen se rend régulièrement à Vancouver afin de participer au montage. La fin de la production est prévue en septembre 2013 et le documentaire sera présenté lors de festivals au Canada à la fin de 2013 et tout au long de l’année 2014.

Une tournée dans les écoles Canadiennes

Allen prévoit aussi de présenter son documentaire dans les écoles afin d’éduquer les enfants sur le problème de l’alcoolisme. Il précise: « Je souhaite passer au-delà et ainsi briser l’incompréhension à ce sujet. Le plus gros impact du documentaire se fera dans les écoles». 

Informer et éduquer les jeunes mais également donner du support aux personnes touchées par l’alcoolisme, voilà les principaux objectifs de Dennis Allen à travers son documentaire. Il conclue: « Je ne veux pas changer le monde mais si mon travail influence au moins une personne à changer sa destinée, alors ce sera un grand pas de fait».

Crédit photo: Nelly Guidici

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