Un projet hors du commun venu du Texas: Pedal South

Un projet hors du commun venu du Texas: Pedal South

La communauté des voyageurs à vélo est vaste et pleine de ressources. En tant que membre du site d’hébergement des cyclos-voyageurs “Warm Shower”, nous avons reçu vendredi dernier l’équipe de choc de Pedal South. Originaires d’Austin au Texas, Jack Reynolds, Riley Engemoen, Ricardo Palomares, Dyar Bentz et Thomas Allison sont 5  gars sympathiques qui se sont liés d’amitié sur les bancs de l’Université du Texas à Austin. Dyar et Jack avaient déjà voyagé entre Austin et Anchorage à vélo dans le cadre d’un programme universitaire. Lors de ce voyage, ils ont réalisé que les gens rencontrés en route étaient tous intéressants et n’ayant pas les moyens  de les enregistrer ou les filmer, ils décidèrent de refaire le voyage avec le matériel adéquat.

Quelques années plus tard, c’est finalement une équipe de 5 personnes regroupant un directeur (Ricardo), un co-producteur (Jack), un vidéaste (Riley), un journaliste (Dyar) et un photographe (Thomas) qui parcourt actuellement le nord du Canada. Partis pour 18 mois, ils comptent parcourir 18.000 miles (27.000 km quand même !) depuis Dead Horse (sur la côte de la mer de Beaufort en Alaska) jusqu’à Ushuaia en Patagonie Argentine.

Leur projet est de raconter par des entrevues filmées ou non, des photos, des prises de son et des articles l’histoire, le parcours et la vie des gens rencontrés un peu au hasard de leurs pérégrinations. Le vélo est, pour eux, la meilleure façon d’avancer suffisamment doucement pour pouvoir rencontrer des gens et établir des connections; et parcourir, malgré tout, à la force de leurs mollets,de grandes distances. A son arrivée à Whitehorse, l’équipe était partie de Dead Horse 5 semaines auparavant (avec une moyenne de 70km à 100km/ jours).

Bref, nous avons donc eu la chance et l’opportunité de passer 3 jours avec eux et de discuter à la fois de leur projet et de notre expérience de voyage à vélo en Amérique du Sud en 2008.

Agés de 25 ans (excepté Ricardo qui a 32 ans), les jeunes ont pris d’assaut les bars de la ville afin de rencontrer la population locale autour d’un verre. De notre côté nous nous sommes fait un plaisir de leur offrir à manger (mon tiramisu a eu du succès puisque c’est la 1ere fois qu’ils goûtaient à ce fameux dessert italien). Samedi soir un barbecue un peu improvisé leur a permis de nous préparer un dessert bien agréable à la sauce Nord-Americaine: des bananes cuites au barbecue préalablement fourrées aux pépites de chocolat, sucre et guillemauve ! Un délice …

Lundi matin, peu avant leur départ, Jack et Ricardo dans un élan de jeunesse et de professionnalisme ont interviewé Jérôme dans le salon au sujet de la parentalité. Joséphine qui a également eu sa première interview (alors qu’elle n’a pas encore 5 ans !) a agrémenté l’entrevue par une démonstration de quelques mouvements de Hip Hop appris 2 semaines plus tôt lors d’un camp d’été.

De mon côté, j’ai profité d’une accalmie et d’un temps de pause pour interviewer Dyar et Thomas sur la préparation de leur voyage et la relation ainsi que le support qu’ils ont avec leurs familles respectives restées au Texas.

Ricardo le directeur a, quant à lui, passé le week-end à Dawson afin de filmer l’ambiance de la ville et participer au festival de musique de la ville. Rentré lundi soir en co-voiturage, nous l’avons invité à manger avant de le raccompagner en van afin qu’il retrouve le reste de son équipe partie 5 heures plus tôt. C’est à plus de 60 km de Whitehorse que nous avons trouvé Jack en train de se reposer au bord de la route. Les autres, plutôt en forme, attaquaient une petite montée. Nous nous sommes donc quitté vers 21h30, la lumière rasante du soleil rendant le moment un peu nostalgique des 3 derniers jours passés en leur compagnie.

Je vous invite donc à découvrir leur aventure (qui vaut vraiment le détour par la qualité des mots et des images): https://www.pedalsouth.org

 

 

Sur la route de Tungsten à vélo

Sur la route de Tungsten à vélo

Regardez une carte du Yukon, et pour une fois plutôt que de porter votre regard sur l’Ouest, déportez vous vers l’Est, à la frontière avec les territoires du Nord-Ouest. Au sud, vous remarquerez Watson Lake, 3eme ville du territoire après Whitehorse et Dawson ainsi que la route Robert Campbell qui relie le sud du pays Kaska aux communautés plus nordiques comme Ross River. Mais une petite route a retenu notre attention, une route semblant plus lointaine et mystérieuse. Une route qui passe la frontière avec les TNO et qui est sans retour. Une route enfin qui mène à une mine ! Tungsten.

C’est sur cette partie du pays que nous avons décidé de rouler, en famille et en autonomie complète depuis le dernier camping territorial de Nahanni Range (Yukon).

Plus de 200 km en 4 jours, aucune crevaison mais un déraillement de chaîne pour moi. Un caribou, des dizaines et des dizaines de porc-épics, lapins et perdrix … quelques belles traces fraîches d’ours et d’orignal.

Cette route de Tungsten est très sauvage, nous n’avons croisé que 5 camions de la mine par jour. Bien qu’elle ne soit pas asphaltée, la route était agréable et facile en vélo, même chargés avec une charrette à tirer.

Nous sommes allés jusqu’au col qui sépare le Yukon des TNO. La curiosité de découvrir cette mine n’a pas pris le dessus sur les conseils des travailleurs qui nous ont indiqué que ça serait très difficile de camper en bas. Nous avons donc posé nos sacoches sous le col au bord d’une petite rivière.

Le paysage plus que sauvage nous a envoutés, l’impression d’être seuls au monde n’était jamais loin. Et le plus important, la déconnection totale et reconnection avec les éléments nous a fait un bien fou.

Joséphine qui va bientôt avoir 5 ans a adoré son logis à roues, tantôt admirant le paysage, tantôt endormie.  Les nombreuses rivières qui traversent la route nous ont permis de voyager un peu plus léger: en effet aucun risque de souffrir de déshydratation et chaque halte au bord de l’eau était l’occasion de découvrir une nouvelle fleur, une nouvelle emprunte …

Du coup un détour en fin de périple aux Liard Hot Spring (dans le nord de la Colombie-Britannique) fut bien apprécié.

Ce voyage-test passé haut la main nous a conforté dans nos projets futurs. Voyager à vélo est décidément ce qu’il y a de mieux pour connecter avec la nature, les autres et surtout avec soi même.

Alsek river trail

Alsek river trail

On a passe ces 3 jours (week-end + Yukon discovery day) a s’amuser dans le parc Kluane le long de la riviere Alsek.

Apres avoir un peu etudie les cartes on decide de suivre ce sentier d’une ancienne mine a velo et de camper au bout du sentier (25 km/5 heures).

On va s’enregistrer aupres de Parc Canada (ils veulent s’assurer quon revient bien), ils nous pretent une “food canister”, grosse boite pour mettre tout ce qui sent dedans. Les Grizzlis aiment bien ce qui sent, on a pas forcement envie de dormir avec un grizzli, donc on coopere.

Le sentier est beau, il longe la riviere Alsek, puis la riviere Kaskawulsh, traverse pas mal de ruisseau a gue ce qui est assez plaisant tant que l’eau rentre pas dans la charette (comme au retour).
Mais il se degrade assez vite apres 15 km pour une montee dans un ruisseau (donc avec de la boue) avec une pente de 15 degres, puis la meme pente en descente. Enfin on evolue dans des superbes champs de linaigrette, framboises, champignons et toutes sortes de fleurs. On monte la tente la ou les 2 rivieres (ou fleuve devrais je dire) se rejoignent, la vue est geniale, la quietude absolue, seuls 2/3 avions de tourisme viennent briser le silence.

La nuit a ete douce, le ciel etoile comme je l’ai rarement vu…

Puis on a traine sur place a faire de la cueillete et on s’en est retourne (fourbu) a la voiture.

Le sentier est vraiment beau, ca aurait ete bien plus facile sans la charette quon a du porter a de nombreuses reprises (avec josephine dedans entrain de dormir)

En parlant de la miss elle a apprecie la vue “voua t’a vu ca papa” me lancait elle en roulant. Elle a adore dormir en tente, faire la ceuillette et surtout avoir un enorme paquet de cereales melange a des smarties a porte de main… elle a presque tout mange nous laissant sur notre faim le lendemain avant de rentrer…
Au registre des betises, elle a deroule tout le PQ dans la charette, trebuche et tombe dans l’eau (peu profonde). Les betises de papa etaient de passer a fond dans un reuisseau de boue, puis dans un ruisseau profond de 50 cm, la charette s’est alors remplie d’eau et j’ai pu entendre “mais arrete, il y a de l’eau partout”. Ca coincidait avec le moment ou elle avait deroule le PQ… je vous laisse immaginer la misere !

Donc voila, Alsek river trail en velo, avec une charette faillait oser (on s’est fait traiter de punk 🙂 ) mais on est bien content d’avoir ose !

–une video est a venir —