Festival “La Roue Tourne”

Festival “La Roue Tourne”

Cette année nous allons pour la première fois présenter nos voyages à l’occasion du festival “La Roue Tourne” à Roques-sur-Garonne où nous aurons un stand. Nous présenterons donc une sélection de photos représentatives de tous les aspects du voyage à vélo en famille: la logistique, l’école sur la route, mon travail de journaliste à vélo, les rencontres mais aussi les paysages traversés.

Nous ferons également un point carte sur l’Amérique du Nord Ouest qui englobe: le Yukon (Canada), l’Alaska et la côte Ouest des États-Unis.

Nous aborderons aussi la situation des nations autochtones puisque j’ai écris plusieurs articles à ce sujet dans le journal canadien “l’Aurore Boréale” mais aussi la réalité du vélo et la place du cyclo-voyageur aux États-Unis et au Mexique.

Enfin mes carnets de voyages en aquarelle seront aussi exposés, des cartes postales et marque-pages seront en vente à notre stand.

Bref, nous nous impatientons de partager avec vous tous ces aspects du voyage à vélo et de la rencontre qui sont si importants à nos yeux. Toutes les informations sont disponibles sur le site du festival: La Roue Tourne

 

Merci, Thank you, Gracias

Merci, Thank you, Gracias

Nous tenons à remercier tous les gens qui nous ont aidé durant cette formidable aventure en nous offrant généreusement le gîte et le couvert, de l’eau ou de la bière, un bon moment, une leçon de vie ou un sourire, un encouragement, ou carrément leur amitié immédiate et sincère … Et ce, malgré la barrière des langues et des cultures.
A notre tour nous vous disons MERCI avec cette modeste animation qui regroupe presque tous les visages des gens qui ont compté pour nous. Certains sont manquants car nous avions préféré profiter de l’instant présent et de l’échange sans briser ce fragile équilibre en prenant une photo.

Joséphine dirait que les meilleures choses sont gratuites, qu’en pensez vous ?

En conclusion, nous vous laissons en tête à tête avec Victor Hugo dont la poésie illustre notre état d’esprit

La terre est le chemin,
Le but est l’infini, nous allons à la vie.
Là-bas une lueur immense nous convie.
Nous nous arrêterons lorsque nous serons là.

 

Jérôme Nelly et Joséphine

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Paris – Fin du périple

Paris – Fin du périple

Retour en métropole le 30 août. Nous atterrissons à Beauvais, accueillis par une chaleur un peu soudaine, 32 degrés au compteur. Nous remontons les vélos en 2 heures et retrouvons avec joie les petites routes tranquilles de la campagne française.

Notre idée de départ était de suivre “l’Avenue Verte Paris-Londres” depuis Beauvais jusqu’à la capitale. Mais finalement nous la suivrons sur quelques portions seulement, privilégiant parfois les chemins à travers champs et les forêts.

A l’approche de Paris, des portiques empêchant tous véhicules motorisés d’emprunter la piste cyclable du bord de l’Oise nous freine péniblement. Nous devons à plusieurs reprises alléger les vélos des sacoches afin de les soulever au-dessus des barrières … Se rendre à vélo dans Paris devient physique …

Lundi 5 septembre 2016, nous avons passé la nuit à Nanterre et notre hôte dans la capitale nous attend en fin de journée. Nous décidons donc de changer d’itinéraire et de rentrer dans Paris par la Défense afin de découvrir l’Arc de Triomphe et la Tour Eiffel. Il pleut, le ciel est gris, mais rien n’affecte notre enthousiasme. A l’approche de la Défense, les choses se compliquent. La circulation est plus dense, les coups de klaxons plus nombreux. Nous tentons de passer sous un tunnel mais un semi-remorque est coincé et bloque complètement la circulation. Plus haut, un escalier nous bloque également l’accès à l’esplanade. Nous devons rebrousser chemin, toujours sous la pluie. Mais qu’est ce qui nous a pris de vouloir rentrer dans Paris à vélo par un lundi matin pluvieux ? Je me le demande. Jérôme aussi commence à perdre patience.

Finalement nous passons par Neuilly, la circulation est dense mais c’est faisable. Pas de stress … Je pédale en me disant sans trop y croire que nous parcourons nos derniers kilomètres d’une aventure de 14 mois à vélo ! Je sors de mes rêveries et tourne la tête à gauche à un croisement: L’Arc de triomphe est au bout de l’avenue !! Nous sommes dans Paris et je ne m’en étais même pas aperçue. Jérôme qui ne s’est aperçu de rien non plus m’indique qu’il cherche la direction de l’Arc de Triomphe. Je lui réponds qu’il est à quelques mètres seulement sur notre gauche.

Voilà, nous sommes rentrés dans Paris. Joséphine découvre pour la 1ere fois la Tour Eiffel et la trouve plus grande que ce qu’elle imaginait. Whitehorse-Paris en passant par l’Alaska, les États-Unis, le Mexique, l’Irlande. Une aventure qui a été riche émotionnellement, riche de toutes ces rencontres que nous avons fait au bord de la route et qui nous ont changé à jamais. Une aventure humaine à 3 qui nous a soudé et qui restera gravée au plus profond de nous même. Des souvenirs inoubliables mais surtout l’envie de repartir à la rencontre de l’Autre (aux 4 coins de la Terre), si cher à mon coeur.

Les hauts et les bas de l’aventure Irlandaise

Les hauts et les bas de l’aventure Irlandaise

Faire du vélo en Irlande ne s’est pas avéré facile, et je dirais même que nous avons dû faire face à des situations dangereuses. L’étroitesse des routes, la conduite à gauche, la vitesse des automobilistes, la pluie, le vent de face, la brume et des côtes à 14% sont quelqu’uns des éléments avec lesquels il a fallu conjuguer tant bien que mal.

le 1er jour, alors que nous étions partis depuis moins de 15 minutes, j’évite de justesse une bouche d’égout à moitié recouverte. Je crie “EGOUT” à Jérôme qui me suit mais il n’a ni le temps de comprendre ce que je dis, ni d’éviter le trou à demi béant que la route cabossée nous offre en guise de bienvenue en Irlande ! Un bruit de casse, métallique se fait aussitôt entendre et je crois, l’instant d’une seconde, que le tandem de Jérôme et Joséphine est cassé … mais non, l’engin résiste. Après 1000 kilomètres en France, il faut croire qu’il est aguerri de toutes les mauvaises surprises que cette île peut nous apporter.

Rejoindre les péninsules du Sud-Ouest depuis la ville de Cork n’est pas une partie de plaisir, au contraire, ma hantise d’un choc arrière avec un véhicule trop rapide revient instantanément. Mes séquelles Mexicaines n’ont donc pas totalement disparues.

Finalement, après 3 jours, nous découvrons un coin de pays un peu plus tranquille et sauvage: Sheep Head. Mais la beauté des côtes et des falaises au dos vert rendu presque fluorescent en ces journées ensoleillées se mérite. Nous encaissons les montées bien raides puis les descentes, les montées à nouveau (toujours aussi raides). Grimper en soi ne me dérange pas du tout, bien au contraire. Faire du vélo c’est aussi accepter le dénivelé et la géographie, chaque montée offre son lot de récompense lorsque au col nous découvrons l’horizon sur un océan Atlantique plutôt tranquille. Ce qui est plus difficile, enfin surtout pour moi, c’est les pentes vraiment très raides qui m’empêchent finalement de profiter du paysages puisque je me concentre davantage sur ma respiration …. L’Irlande, même après 13 mois de voyage à vélo, n’est pas conseillée aux débutants.

Après 2 semaines de montées et de descentes donc, de paysages ceci dit magnifiques et sauvages, nous devons trouver un autre perspective à notre voyage. En effet, Joséphine tombe malade et se retrouve sous antibiotiques. “Il va falloir arrêter le vélo” me recommande le médecin du petit centre médical de Kilrush.

C’est donc en voiture que nous avons terminé notre périple celtique. 7 jours à profiter différemment du paysage, 7 jours pour expérimenter le bivouac presque en bord de route mais franchement, lorsque nous n’avons que des centaines de moutons comme compagnons de nuit, qui pouvons-nous déranger avec notre tente et notre voiture ?

De cette expérience Irlandaise je retiendrai donc les paysages éblouissants parfois et les bivouacs qui nous ont (re)connecté au ciel et aux étoiles.

 

Dans les côtes Bretonnes (complètement à l’ouest …)

Dans les côtes Bretonnes (complètement à l’ouest …)

Il y a bien longtemps que je n’ai pas écrit. Beaucoup de sentiments parfois mitigés, de kilomètres pédalés, de visages croisés et de destins rencontrés.

Depuis la Loire que nous avons descendu d’Orléans jusqu’à Angers, notre idée était de rejoindre Nantes. Mais la fréquentation estivale déjà forte à cette période de l’année nous a poussés à revoir nos plans. À Angers, nous avons décidé de remonter le long de la rivière Mayenne puis de bifurquer au Mont St Michel. De là nous avons sillonné la côte Nord de la Bretagne et nous nous rendons maintenant à Roscoff.

Depuis que nous sommes en Bretagne, nous profitons du temps chaud et sec qui, selon les locaux, est exceptionnel. A Pordic, nous faisons la connaissance de Jean-Luc qui nous propose de camper dans le jardin de sa résidence à l’Arcouest. Ce nom me fait rêver, il est prometteur d’évasion. En arrivant dans le village, nous découvrons un lieu de charme, une plage fréquentée par des prix Nobel, un chemin au nom évocateur de Pierre et Marie Curie, une stèle à la mémoire d’Irène et Frédéric Joliot-Curie. Bref ça vole haut par ici et effectivement, en contemplant le paysage, je comprends parfaitement pourquoi ces illustres personnes aimaient passer du temps dans ce coin de pays.

A Tregastel, au coeur de la côte de granit rose, Laurent engage la conversation alors que nous sommes à la recherche d’un bivouac. Il a crée avec un ami “Utopiarbre” ou la grimpe dans les arbres mais avec la sécurité d’une corde et d’un baudrier en plus. Il nous propose son terrain face à la mer comme bivouac pour la nuit. On accepte avec plaisir et assistons à l’un des plus beaux couchers de soleil du voyage. Le lendemain matin, en guise de mise en jambe, Joséphine grimpe donc à une dizaine de mètres et découvre un chouette panorama. Les pieds sur terre, dans l’eau ou dans les arbres, la Bretagne a plusieurs options de découverte.

Rencontres d’un jour (ou plus)

Rencontres d’un jour (ou plus)

Du Lot au plateau des 1000 vaches en passant par le Cantal, ces dernières semaines ont été remplies de paysages surprenants. Mais ce sont les rencontres que nous avons fait qui m’ont le plus marquée. En effet, les français sont étonnants bien souvent, extraordinaires parfois. Petit retour sur les échanges que nous avons eu et les paroles que nous avons entendues.

Mercredi 4 mai: Nous campons derrière une maison appartenant à Andrée. âgée de plus de 90 ans, elle habite à Fongrave depuis 60 ans. Alors que nous regardons les peupliers qui bordent le Lot, la vieille dame nous dit: ” Vont tomber, ils n’apportent rien de bien (empêchent le soleil de passer …)”

Lundi 9 mai: Quelle belle rencontre avec Agnès. Aventurière qui va au bout de ses rêves, elle a traversé le Canada à pieds seule avec 4 chiens et 1 chat et pendant 3 ans en 2001 …

Lundi 17 mai: Lu dans un ouvrage de poésie dans le village inoubliable de Larnagol “Instant magique/Moment volcanique/Année cosmique/Minute érotique/Eté magnétique/Heure poétique/Journée féerique/Temps anachronique” (Poème de JL Morel).

Samedi 21 mai: Au saut de la Mounine, je rencontre un cuisinier devenu artiste, Jean, qui construit des maisons miniatures en pierre et célèbre ainsi le patrimoine architectural du Lot. Notre discussion s’étale à tel point qu’il nous propose gentiment de camper dans son jardin rempli d’orchidées. En 1999, lors d’une exposition regroupant 250 oeuvres, il reçoit le prix du public pour sa création sculptée en pierres qui explore la thématique de la liberté. “J’ai été touché et ému de recevoir ce prix” m’avoue-t-il.

Mardi 24 mai: Nous arrivons dégoulinants (il pleut des cordes depuis des heures) dans le petit restaurant de Roanne St Mary dans le Cantal. Nous avons froid et faim. La patronne me prête une polaire pour que je me réchauffe. Nous nous régalons de charcuterie et de gratin dauphinois. Puis lorsqu’elle nous demande si quelqu’un vient nous chercher en voiture nous lui répondons que quelqu’un (Denis, notre hôte à Aurillac) est bien venu nous chercher mais à vélo ! Elle nous répond l’air un peu dépité: ” Alors vous irez jusqu’au bout, en vélo !”.

Vendredi 27 mai: A l’aire naturelle du Lissart de Miège, nous faisons la connaissance de Jacques qui a une trentaine de chèvres. Il invite Joséphine à la traite le soir même, elle adore ça !

Mardi 31 mai: La météo est pourrie en ce moment. Pluie depuis samedi soir. Alors que nous nous protégeons des éléments décidément en colère en ce moment sous le porche de la piscine de Mauriac, Bruno vient nous voir et nous invite à boire un chocolat chaud chez lui. Nous passerons finalement 2 jours en sa compagnie et celle de véronique sa femme. Nos discussions ont presque intégralement tourné autour du thème du voyage lointain voire très lointain …

Dimanche 5 juin: Ce matin nous avons réalisé que notre thermos noire avait disparu. Nous sommes dans un camping presque vide. Après des recherches infructueuses, nous commençons à ranger nos affaires pour partir mais une vacancière vient me voir, elle a notre thermos à la main: “Je l’ai trouvé dans la poubelle des toilettes !” m’annonce-t-elle. Je pense que nos auto-collants ‘Accueil Paysan’ et ‘Pédale Moins Vite’ n’ont pas plu à certain(s).

Mercredi 8 juin: Sur une route isolée de campagne, un monsieur aux cheveux blancs déclare en voyant Joséphine grimper seule sur son vélo une petite côte “Mais vous êtes des bourreaux d’enfants !”. Lui a laissé son moteur tourner, je ne sais pas qui est le plus bourreau (de la nature) dans cette histoire !

Nous finissons tranquillement la vélo-route du plateau des 1000 vaches qui, contrairement à ce qu’indique son nom, n’accueille pas autant de vaches qu’escompté.