Nos dernières impressions en Terre Latine

Nos dernières impressions en Terre Latine

Après notre mésaventure avec les frères Dalton, n’ayant plus la motivation pour poursuivre notre route au Pérou mais paradoxalement coincés sur cette terre ( plus de passeport pour moi ) nous rejoignons Lima en bus. Des notre arrivée dans la capitale, il est 7 heures du matin, un homme nous prévient : ” N’allez pas dans ce quartier, vous allez vous faire voler vos affaires ! ” On commence a connaitre le pays et on suit ses instructions en direction du centre ville. Par chance c’est dimanche et il n’y a pas de circulation, on déambule donc, tranquilles, a la recherche d’un hôtel. On parvient après plus d’une heure de recherches a poser nos sacoches dans une chambre a peu près acceptable malgré l’odeur d’humidité et de moisi qui hante le lieu !

Nous passons 15 jours a Lima a jongler entre les coups de fils aux banques et les déplacements a l’ambassade de France. Nous avançons la date de notre départ au 18 septembre depuis Quito. 40 heures de voyage en bus pour relier les 2 capitales : un record pour nous. A la frontière on est soulages de quitter cette terre maudite …

On ne profite pas vraiment de la capitale Équatorienne, trop fatigues pour sillonner la ville, pourtant classée au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco. Une fois de plus, alors que nous rentrons à l’hôtel après être sortis manger dans une pizzeria, un jeune nous avertit : ” Mucho Cuidado …” (Faites très attention) Étrangement nous nous sentons plutôt à l’aise à Quito !

Nous avons la très agréable surprise de découvrir Bogota lors d’une escale en Colombie. Yves et Emma ( nos amis Grenoblois ) en parlaient avec beaucoup de bien sur leur blog et effectivement, nous sommes littéralement envoutes par la ville et son vieux quartier. Maisons colorées au style colonial, petites rues étroites, vie culturelle très présente et dynamique, entrée libre dans les musées en bref un coup de cœur : c’est lorsque l’on s’y attend le moins que l’on a les meilleurs impressions et souvenirs de voyage. En tout cas, pour nous, ce fut systématiquement le cas ! On s’est même promis de revenir en Colombie car le pays et les gens valent vraiment la peine qu’on s’y arrête. Certainement plus qu’au Pérou … (totalement subjectif je vous l’accorde)

Nous sommes actuellement a Montréal pour une semaine de repos ( quoi que je ne sais pas si on peut appeler ça du repos : apéro, repas copieux, discussions enflammées sur les voyages, les rites, les superstitions, la photographie, le cinéma, la musique et la littérature … )

Nous nous préparons a reprendre la route, sur une terre plus connue mais tout aussi intéressante et passionnante, surtout après 2 ans de séparation.

La saison des recoltes !

La saison des recoltes !

Après un super séjour parsemé de visites intéressantes, bonnes bouffes et rencontres sympa a Cusco, on décide de lever le camp après 1 semaine d’inactivité.

Départ difficile car ça monte et il fait chaud, mais on s’en fout car c’est ce qui suit qui est intéressant… On passe une superbe journée en évoluant aux bords de champs bien verts, de taxis – vélo – pouspous avec qui on sympathise, mais la n’est toujours pas l’important, on continue donc.

Le soir on s’installe a un col a 3700 mètres face a une superbe vallée encaissée. On se réjouit car le lendemain il y a une descente de 2000 mètres, un truc d’enfer… On va suivre la route décrite dans le formidable bouquin de Patrick Cauvin intitulé “C’etait le Perou“. Je vous conseille sa lecture si vous voulez vous plonger dans le Pérou véritable dans une aventure rocambolesque a bord d’une voiture déglinguée…

On s’endort donc sur nos 2 oreilles, quoique des feux de forets se font voir au loin dès la tombée de la nuit, ça serait bête de finir grilles sous la tente, j’en ai pris des photos, en lisant la suite vous comprendrez pourquoi je ne l’affiche pas ici.

Sommeil de plomb suite a cette journée de reprise difficile.

“Policia abrir la carpa”, tiens je rêve en espagnol maintenant ? les vélos attaches en dehors de la tente se cabrent car on essaye de les barboter ! Ça sent maintenant plus le cauchemar que le rêve, je sors la tête et aperçois 4 abrutis munis de lampe torche se prétendant être de la police … Je lance un “no te creo” complètement crétin vue la situation, c’est évident que ce ne sont pas des policiers.

Nelly sort comme une chatte de la tente pour défendre nos montures avec succès puisque les vilains reculent, moi je cherche toujours a enfiler mon phalsard qui se trouve je ne sais ou.

Ils sont 4, la description qu’on pourrait en faire se rapprocherai de Joey Starr, la puanteur en plus, ça sent le pied, infect, répugnant, sordide !

 La suite serait délectable, Malheureusement, je ne peux Pas la dire, et c'est regrettable, Ça nous aurait fait rire un peu ;

On peut simplement résumer la suite par un jeu de chat et souris, moi dans le rôle de la souris qui essaie de cacher les choses sous la tente, et dans le rôle du matou puant ; le “chef”, qui essaie de rentrer dans la tente pour nous délester de quelques affaires. Autant Tom et Jerry c’est drôle, Jerz et Joey sous la tente ça l’est moins.

On se fait donc chouraver de l’électronique, quelques trucs sans importance, puis l’argent et les cartes. On arrive a négocier pour garder le reste (vélo, tente etc), mais c’est pas mal tendu quand même, sont pas menaçants les macaques, mais sont armes de couteaux et soit disant d’un prétendu pétard.

L’affreux a donc insiste plus d’1 heure pour rentrer dans la tente, j’ai pu le repousser, pendant que Nelly gardait les bicis. Pourtant quand on voit la tente il apparaît évident qu’il y a 2 entrées … bref ce qu’ils n’ont pas vole était cache dans l’autre entrée … Pendant que je discutais shopping avec le “chef”, les 3 autres andouilles fouillaient dehors tels des gorets cherchant des truffes, ça a fonctionne puisqu’ils ont trouve l’Ipod et le passeport de Nelly que j’avais balance espérant que la noirceur de la nuit (pas de lune) les protège …

Voila que les 4 daltons nauséabonds s’en vont, ils ont décroche la cagnotte, on a garde les vélos … on se contente comme on peut.

Voila, plus qu’un vol ça met en évidence que notre manière de voyager ne correspond plus aux pays dans le quels on se trouve, les policiers nous disent qu’il faut dormir dans l’enceinte des gendarmeries (on a rencontre un cycliste Mexicain qui s’est fait piquer son Ipod dans une gendarmerie il y a 3 semaines) , que la route que l’on voulait prendre par la suite est le théâtre de grand banditisme, sisi, celui avec un tronc au milieu de la route, des affreux sous des cagoules, et tu finis en slip (si tu en portes, sinon c’est le film d’horreur). Faut donc se méfier de tout et de tout le monde, ne parler a personne, porter 2 slips au cas ou, bref on prend le bus pour Lima, on refait nos papiers et on réfléchit a notre manière de voyager : va t on s’acheter un pitt bull, prendre une carte au parti des gendarmes Péruviens, voyager nus, devenir voyageurs immobiles sur un vélo d’appartement a Lima, devenir brigands a notre tour pour patauger dans la vengeance ?

Pour le moment on se fait une tartiflette a Lima, et on suit le festival du film a la con…

 

 

Cusco quand tu nous tiens !

Cusco quand tu nous tiens !

Vraiment on attendait rien de cette ville assaillie par les touristes, on avait même eu un temps l’envie de détourner notre chemin. Quelle agréable surprise de découvrir une citée riche culturellement, c’est presque un musée a ciel ouvert : ses églises, ses places, ses rues pavées. Mais le charme de Cusco tient aussi dans ces petits endroits, véritables perles, ou on peut admirer la créativité des locaux ( peintures, tapisseries, céramiques, vêtements … )

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Et que dire de la gastronomie qui, même si ce n’est pas de la haute cuisine, enchante nos papilles et regonfle notre “motivometre” !

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A Cusco on rencontre des locaux charmants qui prennent le temps de nous expliquer les vertus des plantes de la région. Ainsi on en profite pour se procurer un peu d’herbe (attention rien d’illégal !) a infusion et soigner nos estomacs déprimés par les ravages de la cuisine Bolivienne.

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Le temps d’une soirée, on découvre les beautés de l’art Pre-colombien dans le musée MAP. Belle bâtisse hispanique, les murs du bâtiment renferment de véritables trésors :

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On est éblouis par tant de beauté, le plus incroyable est de réaliser que les pièces, datant pour certaines de 1200 ans avant JC et en parfait état de conservation, sont d’une modernité époustouflante !

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Les explications sont même présentées en 3 langues : Espagnol, Anglais et Français … on est ravis. Le site du musée est disponible ici : www.map.org.pe

Après 2 mois de voyage en Bolivie ou les choses simples se sont révélées compliquées : trouver de l’eau, de la nourriture, pédaler sur des routes ensablées … cette immersion au Pérou nous a redonne un coup de fouet. Ainsi on se prépare a parcourir encore 2000 km au pays des Incas ( nous en sommes a 5000, 5000 km de joies, d’efforts, de bonheur, de douleurs parfois mais 5000 km inoubliables ! ).

Un dernier mot concernant le site “incontournable” du Machu Picchu que nous avons décidé de ne PAS visiter. En effet, trop fréquenté et trop cher pour nous, nous partirons a la recherche, lors de notre route, des sites délaissés qui pourtant, j’en suis sure, méritent le détour. Nos amis Grenoblois Yves et Emma, rencontres sur le salar d’Uyuni ont un article très clair sur leur blog concernant le sujet. En effet, plus grave encore que les tarifs pratiques à l’entrée du site, le Machu Picchu est en danger : le site s’affaisse …. plus d’informations ici: www.yvesbugnet.blogspot.com, catégorie “Écologie”.

 

Le velo a trois c’est plus sympa ! ( Entre Juliaca et Cusco )

Le velo a trois c’est plus sympa ! ( Entre Juliaca et Cusco )

Et oui pendant une petite semaine nous avons pédalé et découvert les paysages du sud du Pérou avec notre ami Benoit (lui aussi expatrie au Québec !). Nous avons donc rejoint notre point de rendez-vous, juliaca, a vélo, distante de 44 km de Puno. Nous avons fêté nos retrouvailles au restaurant bien évidement. Le lendemain, nous faisons un petit detour par l’aéroport de Juliaca afin de récupérer l’un des sacs a dos de Benoit égaré lors d’une escale a New-York. Vers 15 heures, nous sommes enfin prêts a partir !

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Le paysage est sec, jaune … la route est plutôt plate et nous traversons des villages ou les chiens nous courent après en essayant de nous mordre les mollets … ça commence bien ! Nous pédalons jusqu’à la nuit sur 58 km et nous montons notre premier bivouac en contre-bas de la route.

Le lendemain, nous poursuivons notre chemin, nous nous arrêtons dans le village surprenant de Pucara. Sa place dévoile fièrement des statues de taureaux richement décorés ! On se croirait presque en Espagne. Son site archéologique est intéressant également car il regroupe des ruines datant de civilisations et d´époques différentes : la civilisation Pucara et sa place rituelle ou avaient lieu les sacrifices humains; la guillotine Inca ou les non croyants étaient punis (et quelle punition …) ! et les ruines d’une église hispanique : 3 en 1 que demander de mieux !!

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Notre bivouac du soir, a plus de 4000 mètres d’altitude se situe au bord d’une voie ferrée. Pour le repas, j’ai la bonne idée de cuisiner du piment : Erreur !!! Benoit est malade dans la nuit et ne se sent pas mieux au réveil le matin … il décide de retourner dans le village que nous avions traverse la veille pour récupérer un taxi et se rendre à Sicuani.

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Jérôme et moi poursuivons donc seuls notre montée vers le col a 4330 mètres. Nous sommes en haut a 15h30, superbes paysages. De l’autre cote, une vallée fertile nous attend. On découvre de nombreuses habitations entourées de champs, de vaches, de poules et d’ânes. Les locaux, toujours aussi sympathiques ont toujours un sourire, un geste d’encouragement pour nous.

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Et nous ne sommes pas les seuls a voyager charges !!:

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A Sicuani, nous faisons la rencontre d’un couple de Nantes qui voyage en tandem pendant 6 mois entre Lima et Santiago. Coïncidence, ils ont la même remorque que celle qui nous avait accompagnée lors de nos 2 premiers mois de voyage !! Eux, contrairement a nous, n’ont aucun soucis avec ….

Nous reprenons donc la route avec Benoit qui se sent mieux que la veille (soulagement) et nous descendons vers Cusco. Cependant, notre ami le vent est de retour et de face !! Notre descente est plus longue et plus difficile que prévu … ce maudit vent me fatigue. Après 2 jours de “combat” ma tendinite récidive et je décide de m’arrêter une cinquantaine de km avant Cusco. Jérôme et Benoit m’accompagnent et nous rejoignons la “capitale” en taxi en début d’après-midi.

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Cusco, ( nombril du monde en langue quechua ) capitale des Incas et capitale historique du Pérou se trouve a environ 3400 mètres. Ses bâtiments, mélange de styles Inca et coloniaux sont séduisants. Sa place centrale (plaza de Armas) est aérée et agréable. En bref on est séduit par cette cité pour laquelle nous avions un a priori lies a l’afflux des touristes pendant la haute saison.

Nous passons également une journée a Pisac. Depuis le centre de Cusco, nous prenons un collectivo ( 2,40 soles) et parcourons une trentaine de km. Nous descendons de l’autre cote de la vallée et nous découvrons un village entièrement tourné vers le tourisme. Son marche presque démesuré ne propose que des produits destines aux touristes ( bibelots, tapisserie, musique etc …). L’attrait du village consiste en son site archéologique qui est l’un des plus importants de la Vallée sacrée des Incas. Les ruines de Písac se trouvent sur une colline à l’entrée de la vallée. Les ruines sont réparties le long de la crête en 4 groupes : Pisaqa, Intihuatana, Q’Allaqasa, et Kinchiracay. Avec ses constructions militaires, religieuses et agricoles, le site avait une triple fonction. On pense que Písac défendait l’entrée sud de la Vallée Sacrée, tandis que Choquequirao défendait l’ouest et la forteresse d’Ollantaytambo, le nord.

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On pense que les terrasses étroites qui se trouvent en dessous de la citadelle représentent l’aile d’une perdrix (pisac’a), qui a donné son nom au lieu.

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En bref, une visite intéressante malgré les groupes de touristes déversés par les bus !

A Cusco on pense aussi a se divertir, comme cette soirée dans l’un des meilleurs endroits de la ville : un restaurant dans une chambre d’enfants … !!! On a adore … Plus d’informations sur le projet social de l’endroit : www.aldeayanapay.org

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Message pour Benoit : Joyeux Anniversaire !!! ( le 21, jour de son retour dans la Belle province)

 

La magie du lac Titicaca

La magie du lac Titicaca

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Notre première ville péruvienne est Puno au bord du lac Titicaca. On est agréablement surpris de l’ambiance de la ville, dynamique et douce a vivre ! On profite d’une pause citadine pour se remettre de nos gastros respectives … mais on part également une demi journée sur les iles flottantes Uros (une quarantaine) un peu au large de Puno. A notre arrivée, on est accueillis par un local qui nous donne pleins d’explications sur le mode de vie de ces communautés “flottantes” millénaires. Ainsi tout leur mode de vie repose sur la “totora” sorte de roseau qui pousse sur le lac.

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Les maisons, mais aussi les plates-formes sur lesquelles elles reposent sont faites en totora. Ce sont également des pêcheurs et occasionnellement chasseurs d’oiseaux et canards. la moitie de leur emploi du temps est consacre a l’artisanat a base de totora bien-sur. L’électricité est produite grâce a des panneaux solaires fournis par un gouvernement précédent et le troc est encore pratique avec des personnes de Puno ( poissons contre vaisselles …) En bref une visite intéressante et enrichissante de ces communautés flottantes du lac même si les indiens Uros se sont éteints complètement, dans les années 1950, abandonnant leur terre de roseaux aux Indiens aymaras de Puno. Ces derniers occupent les îles flottantes à des fins touristiques, en y perpétuant les traditions Uros.