La kone Laos (au revoir Laos)

La kone Laos (au revoir Laos)
Une journee de repos a CHAMPASSAK est mise a profit pour visiter le Vat Phou. Ce site archeologique le plus important et interessant du Laos est classe au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ce temple de la montagne (en lao Vat Phou) est le berceau de la civilisation khmere, bien avant Angkor. Pourquoi avoir choisi cet endroit ? Parce qu’a une epoque tres reculee, des religieux, sans doute venus d’INDE, avaient vu dans la montagne appelee aujourd’hui Phou Bassak, le sexe de Civa durant le creation du monde. Toute une societe s’etait organisee autour de ce lieu sacre. Une ville s’etalait sur 4 kms. Pour l’heure, Vat Phou demeure un site sacre pour les bouddhistes qui l’ont, en quelque sorte, annexe au 16eme siecle. Une voie reliait ce Vat a Angkor.

Direction SIPHANDONE (4 000 iles) plus precisement l’ile de KHON DONG, derniere etape avant le Cambodge.

Ici, le Mekong prend ses aises en s’elargissant sur plus de 8 kms de large creant ainsi toutes ces iles. Et ne voila-t-il pas, qu’au site de PHAPENG, il se met a chuter d’une hauteur de plus de 15 metres. Imaginez le chaos d’enfer entre d’enormes rochers dans un tumulte assourdissant. C’est d’une beaute sauvage.

Nous quittons donc le Laos. Quelles empreintes a-t-il laisse sur nous ? Toutes ces petites mains s’agitant pour nous saluer, ces “Sabai dii” et “hello” joyeux, ces enfants accourant au bord de la route pour nous “toper” la main, ces motocyclistes roulant a notre hauteur pour taper la causette, ces longues files d’ecoliers a pied ou a velo, resteront des moments fort de notre passage dans ce pays.

La patience caracterise les laotiens a l’image des commercants, devant leur maigre etalage, attendant pendant des heures un acheteur. Les marches, ou l’on peut tout trouver, fourmillent d’articles et de gens.
Tout au long de notre chemin, nous n’aurons eprouve aucune difficulte pour nous nourir, boire et trouver des transports locaux.
Et que dire de la gentillesse des autochtones, de la quietude qui regne dans ce pays. Ils ne sont pas tres riches materiellement mais semblent satisfaits de ce qu’ils ont : soleil, eau, legumes, fruits, riz, matieres premieres pour construire leur maison (bois, bambou). Quelle lecon de vie.
Ils ne comprennent pas toujours notre motivation a visiter leur pays a velo, car ici, ils ne connaissent pas le temps libre et les loisirs. Ils travaillent tout le temps en se hatant lentement.

Demain, nous passerons la frontiere. Au revoir Laos et Soua sadai Kampouchea.

Les Bolavens sur un plateau.

Les Bolavens sur un plateau.
Bolavens signifie le pays des Lavens, peuple autochtone de ce coin montagneux.

Le 12 decembre
Apres la plaine, nous attaquons la montagne ; faire du velo en montagne, on sait faire. Par 35 degres, on connait moins !
Sensation inconnue, nous montons progressivement mais sans apercevoir de montagnes, etrange…
Au fur et a mesure de notre ascension, le paysage change : les rizieres font place aux plantations de cafe et de the, la vegetation est verdoyante et meme luxuriante avec l’apparition de fleurs comme le poincettia, l’hortensia et autres fleurs du paradis et hibiscus.

 

L e cafe y a ete introduit par les francais au siecle dernier (cocorico) ; il pousse entre 700 et 1 200 m d’altitude et beneficie d’un climat approprie. Ce robusta Lao est l’un des plus repute au monde et egalement un des plus chers.
En chemin, apparaissent deux belles cascades : Tad Fane (la plus haute du Laos, 200 m de chute) et Tad Gniang.

   


Le 13 decembre

Nous sommes enfin dans un bourgade entouree de sommets dont l’un culmine a 1 569 metres. Puis, nous nous rendons a la cascade Tad Hua Khon, charmant endroit.

Les 14, 15 et 16 decembre
Sur les conseils des laotiens, nous decidons de faire demi-tour car la piste que nous devions emprunter est impraticable : piste defoncee et ponts detruits durant la derniere guerre et non encore reconstruits. Encore une petite montee, puis une piste qui, heureusement, ne fait que descendre.
Nous n’apercevons qu’a peine les villages sur cette piste au travers d’un epais rideau de poussiere et nous pensons au quotidien de ces villageois : poussiere en ete et boue en hiver.
C’est couvert de poussiere rougeatre que nous retrouvons une route revetue qui nous mene vers une nouvelle cascade Tad Lo… et c’est le paradis et nous nous octroyons une journee de repos : paillote en bambou sur pilotis, gazouillis d’oiseau, bruissement de l’eau, le tout dans un parc verdoyant et fleuri.

Petit dejeuner avec du pain et beurre et pancake a la banane nous changent d’un cafe froid pris sur le pouce avec une banane et gateaux secs.
Nous y fetons notre 1 000eme kilometre….

Le 17 decembre
Puree, ca monte encore et cela n’etait pas prevu et enfin la descente : sensation garantie 40 km de descente avec une pointe a 57 km/h.
Nous nous arretons a la derniere cascade Phaxuam Cliff et un nouveau coup de coeur : cabane en bambou, douche a ciel ouvert, la vegetation explose de partout. C’est cela la biodiversite ; des arbres geants dont nous ignorons le nom, aupres desquels nos sapins, meme remarquables du Russey, feraient grise mine.
Partout en chemin, nous croisons des centaines d’enfants, des charrettes remplies de personnes se rendant dans les champs, des femmes charges marchant sur le bord de la route et toujours de nombreux Sabai dii.

Le coeur serre, nous quittons le plateau apres avoir parcouru 370 km et 3 000 metres de denivele (positif). Durant les ascensions, c’est “papa” qui menait le train. De temps a autre, il se retournait “oui, je suis encore la” Memere s’accroche… Mais, dans les descentes…
Ce sejour nous aura aussi permis de rencontre deux couples de cyclos hollandais mais en sens inverse. L’un parti pour six mois en Asie depuis la Chine jusqu’au Vietnam, cela nous donne des idees… L’autre parcourait le sud du Laos en trois semaines. Nous avons egalement passe une soiree avec un jeune couple de francais parti pour un an en routard a travers l’Asie. Ils etaient a mi parcours.
Demain, nous entamerons la descente sur Champassak sur les rives du Mekong.

Quelques illuminations ca et la nous rappellent que c’est bientot Noel. De tout coeur, et d’ores et deja, nous vous souhaitons de tres joyeuses fetes de fin d’annee.

Gros coups de pedales

Gros coups de pedales,
Nous voici a nouveau au bord du Mekong quitte il y a 260 km, a PAKSE en degustant notre biere journaliere (oh, les accros…).
1,5 km nous separe de l’autre rive laotienne que nous franchissons sur un pont tres recent construit a l’aide du Japon. Ici, le fleuve ne fait plus la frontiere avec la Thailande.
    

Une douce musique asiatique, une temperature agreable (27 degres) et les odeurs de barbecue nous mettent en appetit.
Trois etapes (77 km, 120 et 66) nous ont permis de traverser le Laos meconnu des touristes. Le paysage etait plus agreable ; cela est du a la presence de forets de tecks et de bambous, veritable richesse du pays.
  

Paysage nous rappelant un peu les cheminees des fees en Turquie ; nous supposons que c’est le travail de la pluie abondante des moussons.

  

Au cours d’une halte, nous avons pu admirer des femmes tressant de petits paniers qui serviront a la cueillette de fruits,

Durant ces etapes, peu de Guest houses et la carte des menus etait fort simple : des soupes, toutes differentes les unes des autres, des bananes et de la biere.

Ces soupes sont composees de nouilles, riz ou vermicelles avec du porc et poulet eminces. On y trouve parfois des “choses” non identifiees agrementees d’herbe telles que basilic, citronnelle ou d’autres epices (piments, gingembre, etc…) Cela constitue pour nous un repas complet avec legumes, viandes et sucres lents. Toutefois, au petit dejeuner, cela ne passe pas toujours facilement pour nous.
Devant la difficulte d’echanges avec les Laos (malgre nos efforts pour parler leur langue), il suffisait d’entrer en cuisine et de composer notre menu le tout dans une ambiance cordiale.

Tres tot le matin, nous croisons des centaines d’enfants en velos ou a pied sur le chemin de l’ecole, qui nous saluaient joyeusement. Partout, nous sommes acclames et c’est tres agreable et motivant. Nous roulons le plus souvent de front sur la route quasi deserte et nombreux sont les troupeaux qui la traversent : vaches, buffles, chevres, volaille, cochons et chiens.
PAKSE, ville de 50 000 habitants, est situee au pied du plateau des Bolovens, repute pour son the et son cafe. Nous sillonnerons ce plateau au cours des prochaines etapes.

Flanerie a SAVANNAKHET

Flanerie a SAVANNAKHET.
C’est tout impregnes par la serenite et la quietude du Wat Sayaphoum, situe au bord du Mekong, que nous entamons la redaction de cet article.
 

SAVANNAKHET, capitale de la province la plus peuplee du pays, est un carrefour entre le nord et le sud du Laos ainsi qu’entre le Vietnam et la Thailande. Un pont, edifie en 2006, enjambe le fleuve et facilite les echanges.

Nous profitons de cette pause de deux jours pour visiter a velo le That Inheng, stupa (tombe) d’influence Khmer, entoure d’une centaine de bouddhas dores.

En chemin, nous avons apprecie le lac de Nong Lom.
La ville recele de nombreuses traces de la presence francaise, a commencer par le pain, les brioches et autres patisseries, l’architecture et egalement les joueurs de boules. 20 pour 100 de la population est de descendance vietnamienne, les francais ayant facilite leur installation du fait de leur dynamisme.

Quelques jeunes novices bouddhistes viennent interrompre notre “devoir de vacances” ; curieux, ils nous interrogent sur notre presence ici. Tout bouddhiste croyant doit consacre une annee de sa vie pour recevoir les enseignements de leur maitre.

Demain, de bonne heure, nouveau depart pour PAKSE prevu en trois etapes.

P.S. : Vos temoignages et commentaires nous remplissent de joie et nous encouragent. Un grand merci a leurs auteurs.

Immersion dans le coeur du Laos

Immersion dans le coeur du Laos.
La ballade a MA HA XAI, magnifique vallee karstique, valait vraiment le detour. L’erosion y dessine des formes uniques appelees “pains de surcre”.

Le 2 decembre est le jour de la fete nationale au Laos, ce qui n’empeche pas les gens de travailler puis de danser et faire des karaokes tonitruants jusqu’a une heure avancee de la nuit.

Le lendemain de bonne heure, depart plein sud par une piste longeant le fleuve. Apres 40 km, nous nous trouvons a NONGKOM d’ou nous devions rejoindre la route principale selon notre carte. Seulement voila, cette jonction n’existe pas sur le terrain… Renseignements pris aupres des autochtones nous indiquant tous des directions differentes, nous faisons une derniere tentative dans une banque. Nous y rencontrons un couple, lui allemand et elle laotienne, qui nous confirme d’emblee que cette jonction n’existe pas. Devant notre desarroi, ils nous proposent de nous accueillir chez eux dans un village situe a 6 km. Une autre solution s’offrait a nous qui consistait a continuer sur la piste le long du Mekong sur encore 60 km.
Vu la chaleur et notre desappointement, nous avons accepte l’invitation.
En chemin, nous traversons une riviere sur un bac.

Arrives chez eux, ils nous installent et nous emmenent dans leur jardin d’environ 3 hectares ! Horst nous donne la plus belle lecon de connaissances botaniques : bananiers, ananas, papayes, bambous, tecks. Nous faisons connaissance avec des membres de leurs familles.

Dans ce village, aucun touriste ne s’y aventure compte tenu des acces difficiles en cette saison et impossibles pendant la mousson. Ils nous apprennent beaucoup sur la vie des Laos : le rapport au temps qui ne pas le meme que pour nous, les conditions extremes de pauvrete (salaire moyen 30 Euros par mois), de sante (non respect des regles elementaires d’hygiene) ce qui explique que l’esperance de vie est de 53 ans ici. Pour completer, il faut savoir que l’ecole est gratuite les six premieres annees, puis payante entrainant un faible niveau d’education. Pourtant, toutes les personnes rencontrees sont souriantes et accueillantes.

Le lendemain, Horst et Souni, ayant prevu de rentrer en Allemagne, nous proposent de nous emmener a SAVANNAKHET, prochaine etape de notre periple. Vu l’etat de la piste, completement defoncee et les petits ennuis intestinaux de Christian, cette proposition est une aubaine.

A l’arrivee, sur la place du marche, nous prenons conge avec emotion de nos nouveaux amis en nous promettant de garder le contact.

Horst et Souni nous ont offert le gite, les repas et le transport comme pour des amis de longue date. Cette rencontre due au hasard, nous remplit de joie et nous fait penser que “tout n’est pas foutu”.

Prochain rendez-vous : impressions sur SAVANNAKHET.