Les Jeux d’hiver de l’Arctique 2012
Des jeux, beaucoup moins populaires que les JO, mais dont l'intérêt mérite que l'on s'y penche un moment, se sont déroulés à Whitehorse début Mars. Les Jeux d'hiver de l'Arctique regroupent les " "régions" du Yukon, Territoirs du Nord-Ouest, Nord Alberta, Nunavut, Nunavik, Alaska, Groenland, Sami et Yamal (État de la Russie). La particularité de ces jeux, outre les sports d'hiver traditionnels comme le ski, courses de chiens de traîneau mais aussi le football, volleyball ... organise les jeux Déné et les sports Arctiques.
Bien évidemment, les sports Arctiques et les jeux Déné que nous avions pas encore eu l'occasion de découvrir étaient pour nous les sports incontournables de ces jeux. Les jeux Déné, du nom des nations autochtones du Nord Ouest canadien sont des jeux typiques Déné et Inuit qui se jouent traditionnellement en famille. Les jeux Dénés comprennent cinq disciplines : la traction du doigt, la poussée du poteau, la traction du bâton, le serpent de neige et les jeux de mains. Les trois premières disciplines sont des tests de force et de stratégie. La traction du doigt fait mal juste à regarder et est probablement très douloureuse pour les participants. Il y a toujours un seau d'eau glacée à proximité pour permettre aux concurrents d'y plonger les mains après une ronde difficile. Le serpent de neige consiste à lancer un long bâton par en dessous sur un terrain enneigé. La personne qui lance le plus loin remporte la victoire. Le sport qui est peut-être le plus fascinant et certainement celui qui est le plus compliqué se nomme les jeux de mains. Deux équipes de quatre sont assises face à face et essaient tour à tour de tromper l'équipe adverse au sujet de l'emplacement d'un objet dans la main d'un des membres de l'équipe adverse. La rencontre est accompagnée de tambours et de rotations corporelles: l'excitation était à son comble, j'ai adoré l'ambiance survoltée portée par le rythme incessant des tambours.
Les jeux Déné ont fait leur entrée dans les Jeux en 1990, jusqu'en 2004, ils n'étaient pratiqués que par les hommes.
Les sports arctiques étaient vraiment impressionnants à admirer, la souplesse, l'agilité et la rapidité sont les qualités maîtresses pour exceller dans la discipline. Nécessitant peu d'équipement les participants ont dû faire preuve de beaucoup de contrôle, de coordination, de synchronisation, de flexibilité, de stabilité, d'endurance musculaire, ainsi que d'un grand dévouement. Les sports arctiques sont un puissant test des capacités physiques et mentales d'une personne. Ces sports représentent aussi l'esprit sportif et l'appréciation d'une personne envers les autres concurrents et le respect de la tradition sportive, de même que l'importance de se pousser vers de nouvelles limites afin de réaliser leurs objectifs.
La Yukon Quest 2012
L'hiver plutôt clément jusqu'à maintenant nous a rappelé qu'il est seul maître à bord. En effet, nous avons eu la chance de goûter à des températures aussi basses que -40 degrés. S'habiller par ce froid de canard est un peu plus long, surtout Joséphine qui ne laisse aucune partie de son visage visible. Le froid rend le paysage irréel enveloppé dans la brume, la rivière Yukon qui continue son chemin renvoie des vapeurs, le soleil est voilé, tout est bleu autour de nous, on se croirait en plein rêve ! Mais non, le froid mordant nous rappelle à l'ordre, ce spectacle véritablement magique est bien réel ... Tout est complètement figé et ce silence si particulier est bien le son du froid, à 60 degrés Nord.
La nuit, le spectacle continue alors que les aurores boréales, telles un rideau qui danse au gré d'une légère brise, se déplace, change parfois la teinte de ses couleurs. Décidément je ne me lasserai jamais de cette beauté céleste. Parfois, l'aurore me semble si proche que je lève la main pour espérer l'effleurer: un instant d'éternité.
Mais hiver et froid riment aussi avec chien de traîneau car cette année, la Yukon Quest termine sa route au coeur de Whitehorse. L'idée de cette course a germé à Fairbanks en Alaska en 1983, alors que l'historien Roger Williams et le musheur Leroy Shank imaginaient une course de 1000 miles (1610 kms). Un an plus tard, le premier départ de la légendaire Yukon Quest avait lieu, et depuis cette date, 413 musheurs ont pris le départ ... Le tracé de la course suit la route historique des lignes de trappe des premières nations, des déplacements des chercheurs d'or et la livraison du courrier au début du XXème siècle qui avait lieu en ... traîneau à chiens bien-sûr !
L'arrivée d'un musheur et de son attelage est toujours accompagné des cris et des applaudissements des spectateurs. A peine passée la ligne d'arrivée, une horde de journalistes entourent le "héros", c'est l'occasion pour les spectateurs d'observer les chiens qui se reposent un instant. Puis le traîneau se dirige en bout de route où les chiens sont nourris, certains se font masser ou inspecter les pattes. Le musheur en général retrouve son équipe et ses amis, il savoure une bonne bière, récompense de 9 jours de camping avec ses chiens où le sommeil tient une place minimale ... La fatigue se lit sur les traits du visage mais le soulagement d'avoir fini et de célébrer des retrouvailles l'emporte.
Je me suis découvert une passion pour cette course et l'envie de faire un tour en chiens de traîneau est maintenant installée, il ne me reste plus qu'à trouver l'attelage !
Une fin d’annee tres hot(te)
Le temps file à la vitesse grand V et nous voici déjà en 2012 ! Nous vous souhaitons de grands projets et beaucoup de bonheur pour l'année à venir.
L'hiver à Whitehorse est des plus agréable et la météo clémente nous permet de poursuivre l'exploration de cette nature si belle. Un lac d'altitude, une montagne qui nous offre une belle pente pour une descente en luge. L'envie d'aller plus haut, plus loin est encore plus grande maintenant.
Nous avons fêté le dernier jour de l'année dans les sources d'eau chaude Takhini à 1/2 heure au Nord de la ville. La vapeur d'eau est intense au-dessus du bassin, la lumière du coucher du soleil puis celle de la lune nous envoûte alors que nous nous glissons dans une eau à 41 degrés, les cheveux blanchis par le gel (il doit faire - 20 degrés dehors). Nous en profitons pendant 2 heures et faisons la causette à une amie qui par le plus grand des hasards avait décidé de faire trempette aussi.
Puis la soirée s'est poursuivie dans un chalet à 2 minutes des sources, autour d'une fondue savoyarde. Premier petit déjeuner de l'année avec pancakes et crêpes. Ah les crêpes ... nous en avons d'ailleurs remangé le soir même chez des amis .... Année sucrée, année gourmande !
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Le Yukon ou la ruee vers …
Début septembre, les couleurs d'automne ont pris place et le spectacle n'en est que plus joli. Nous sommes sur la Cassiar Highway, plein nord. Les kilomètres défilent, il n'y a pas grand monde sur la route, les villages se font rares aussi. Après 3 jours de pluie, nous faisons le plein à la frontière ... le Yukon s'offre enfin à nous, c'est à ce moment que le soleil décide de se pointer et d'embraser le paysage jaune. C'est sublime. Nous passons notre première nuit sur le territoire au bord du lac Watson. La tranquillité du lieu, une famille autochtone qui pêche aux dernières lueurs du jour nous rappelle Whapmagoostui. Malgré le retour du soleil, la température est très fraîche. Nous arrivons au moment où l'été s'en va !
Plein Est, nous roulons sur la mythique Alaska Highway, longue de 2451 kilomètres entre la Colombie Britannique, le Yukon et l'Alaska, elle a été construite en moins de 1 an par l'armée américaine en 1942. Une liaison terrestre entre l'Alaska et le reste du continent était jugée indispensable alors que le Japon occupait certaines îles Aléoutiennes.
Notre dernière nuit de voyage nous permet de découvrir la communauté de Teslin au bord du lac du même nom. Nous savons que le voyage est pratiquement terminé, nous prolongeons un peu en visitant le musée de la faune, en discutant avec la postière du village à côté des boîtes postales du minuscule local qui fait office de bureau de poste.
Puis nous arrivons tranquillement à Whitehorse, capitale du territoire avec ses 20 000 habitants. Le centre ville est à l'image de la ville, petit mais on trouve tout ce qu'il faut. A Whitehorse, on peut magré tout continuer le voyage en partant, le temps d'un repas, au Mexique, en Turquie ou en Jamaique. Les montagnes qui entourent la ville rendent le paysage beau et sauvage. Une montagne en forme de volcan me fascine (Mont Horne), je l'admire tous les matins depuis notre chambre d'hotel.
Une sortie en vélo le long de la Yukon river nous rappelle que la nature est toute proche. Même à 5 minutes en vélo du centre ville, on peut voir un couple d'aigles chauves qui préparent leur nid. Les chemins de randonnée, les lacs et rivières sont nombreux, on va avoir de quoi s'occuper cette année !
Saskatchewan ou le pays du ciel infini
L'image que nous avons du Saskatchewan est d'une platitude sans fin: champs de blé à perte de vue et rien d'autre. Quelle erreur de penser qu'il n'y a que ça dans la province. Je m'émerveille devant le jaune, le vert et les fleurs des champs. Le ciel nous offre un spectacle inattendu, des nuages de toutes les formes, des teintes de gris insoupçonnés ... Vraiment le Saskatchewan nous étonne par la beauté des paysages. Et bien souvent, c'est lorsque l'on attend rien de spécial d'un endroit qu'on est le plus surpris.
A Melfort, petit ville de 6000 habitants, nous tombons en panne. La courroie de distribution lâche, Jérôme n'a plus de direction ni de freins. On est samedi, 17 heures, presque personne sur la route. On est chanceux, Jérôme parvient à arrêter le véhicule entre la route et un champs de colza. Alors que Jérôme disparaît sous le capot, une dame retraitée de l'armée nous propose de nous accompagner en ville. On accepte son offre car il y a quand même plus de 2 kilomètres à parcourir (avec Joséphine et quelques affaires sur le dos: quelle drôle de famille !! ). Nous attendons une dépanneuse dans une station essence. Le gérant de la station nous offre un chocolat. Puis la dépanneuse arrive, le gars nous emmène jusqu'au van, le remorque rapidement et nous propose de montrer le véhicule à un ami mécano. Verdict: la courroie est morte mais heureusement ni le moteur ni la batterie n'ont claqué !! Le lendemain Jérôme achète une nouvelle courroie au Canadian Tire et retrouve le mécano qui la change en 5 minutes. Combien on vous doit ? Faites un bon voyage. Merci mais combien on vous doit ? Rien, vous êtes un jeune couple sympathique !!!!! Nous avons remercié notre sauveur du jour (Hughes) autour d'un club sandwich et d'un café du Tim Horton.
Je n'y croyais plus mais finalement nous arrivons à temps au pow wow de la nation Cree de Muskoday. Une cérémonie d'ouverture au pied d'un totem a lieu lorsque nous découvrons le site. 3 tipis accueillent les visiteurs, un tambour et 6 chanteurs. C'est mon premier pow wow, je frissonne de plaisir en entendant le son du tambour, véritable battement de coeur de la Terre Mère. Puis les participants de tous les âges, hommes dans des tenues colorées, plumes, tomahawks et tambours à la main. Les femmes en "jingle dress", tresses et plumes dans les cheveux. Toujours au son du tambour, ils tournent dans le sens des aiguilles d'une montre autour du totem, chacun a son propre pas de danse. C'est coloré, c'est vivant, c'est vibrant.
http://www.muskoday.ca/
httpv://www.youtube.com/watch?v=0TN0r5hQ9sI