Derniers jours à Phnom Penh

Derniers jours à Phnom Penh Notre séjour à Phnom Penh a été consacré à la visite de la ville, ses immenses marchés, ses nombreuses pagodes, ses musées et autres… dans une circulation et un vacarme incroyables.

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Derniers préparatifs aussi pour le retour : recherche désespérée des cartons d’emballage pour les vélos (négociations difficiles avec les marchands, merci à Yok) ainsi qu’un moyen de transport adapté jusqu’à l’aéroport. Nous avons trouvé un vieux tuk tuk (charrette ouverte tractée par une moto) faisant l’affaire.

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Il était aussi prévu de rencontrer des responsables de l’antenne de l’A. F. S. pour voir les actions menées dans la capitale.

Il s’agit de deux foyers d’accueil, filles et garçons, pouvant recevoir jusqu’à 40 étudiants chacun. Ces filles et garçons poursuivent des études supérieures dans les domaines de l’informatique, gestion, médecine, infirmières et autres… Ces jeunes, tous issus de milieux défavorisés, sont très motivés et conscients de l’opportunité qui s’offre à eux.

En même temps, une délégation française de l’Association était présente. Nous avons pu rencontrer à la fois les responsables locaux, les étudiants et les membres de la délégation française ; cette entrevue a été très enrichissante et nous avons pu mesurer l’ampleur de la tâche réalisée.

En remerciement, les étudiants nous ont adressé toute leur reconnaissance et gratitude. Ils nous ont invités à partager le repas traditionnel khmer. Cela nous a permis de discuter longuement avec ces jeunes et d’apprendre quantité de choses sur leur pays. Par ailleurs, ils étaient très curieux et intéressés par notre voyage.

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Yok nous a réservé un accueil chaleureux et nous avons pu échanger sur l’historique et les actions de l’association. En 1980, Yok et les fondateurs se sont rencontrés dans un camp de réfugiés situé à la frontière thaïlandaise. Depuis, il n’a cessé d’œuvrer au sein de l’association. Aujourd’hui encore, toute son énergie est intacte comme son dévouement. Nous lui adressons nos plus vifs sentiments de reconnaissance et nos remerciements. Tant de solidarité et de motivation nous réconfortent et nous poussent à persister dans notre action.

Le mot ESPOIR revêt tout son sens dans ce pays meurtri par un génocide, dont les stigmates sont encore si présents.

Nous voila arrivés au terme de notre voyage. 2 500 km à vélo, deux pays visités au rythme de nos mollets pendant deux mois. La formule de voyage choisie nous a permis d’être plus près des autochtones, de les côtoyer un instant et de mieux les connaître et c’était ce que nous souhaitions. Le vélo nous a aussi permis de rencontrer d’autres cyclistes animés par la même passion. Ce fut vraiment une expérience enrichissante, une belle leçon de vie et que d’images, de souvenirs en nous…. Nous sommes prêts pour d’autres escapades…..

La réussite de ce périple est aussi due à tous vos encouragements, soutiens, préparation des vélos, aide logistique, nous vous adressons un chaleureux MERCI. Nous avons eu beaucoup de plaisir à partager nos sensations.

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De Battambang à Phnom Penh

De Battambang à Phnom Penh
Nous quittons à regret Battambang et l’A. F. S. mais nous les reverrons dans la capitale.
Initialement, nous pensions effectuer ce trajet en train. Il semblerait que ce soit un voyage folklorique et très lent, plus de douze heures pour 300 km. Arrives à la gare pour prendre les billets, quelle ne fut pas notre surprise, les guichets sont clos depuis longtemps, la gare est quasiment à l’abandon et le train ne circulerait qu’une seule fois par semaine. Eh bien soit, nous pédalerons… 300 km ne nous font plus peur.

De magnifiques paysages de rizières, enfin verts, égayent notre parcours. Nous ne nous en lassons pas. Mais, bon sang que c’est plat… Notre moyenne s’en ressent, plus de 22 km/h. Nous apercevons de temps à autre la voie ferrée, une seule voie et peu entretenue.

Profitant d’une journée de pause à Kampong Chnang sur le Tonlé Sap, nous nous imprégnons des superbes paysages campagnards. Toujours des rizières entrecoupées de beaucoup d’arbres. Des villages pittoresques s’offrent à nous : village de potiers et villages de pêcheurs.

Sur la route menant à la capitale, nous nous arrêtons à la colline des trois stuppas (tombes) se détachant sur les rizières. Le plus haut des stuppas a retenu notre attention par son aspect monumental ; il a été offert par l’ancien roi Norodom Sihanouk. C’est un lieu de dévotion très populaire. En décembre 2002, plus d’un million de cambodgiens se sont déplacés pour son inauguration. Au pied des collines, une aire de repos aménagée pour les pèlerins nous a attire pour une petite sieste.

Le lendemain, entrée triomphale dans Phom Penh au milieu d’une circulation intense déjà ressentie a plus de 10 km. Fini la campagne, des engins de toutes sortes se déplaçant dans tous les sens.

Le compteur affiche 2 500 km depuis le départ de Vientiane au Laos. Nous arrosons sobrement cela et déjà, nos mollets sont prêts à repartir vers d’autres horizons….
 

Rencontre émouvante.

Rencontre émouvante.
Comme prévu, Oeurn nous a organisé la rencontre avec la famille de VENG Mao que nous parrainons.
Au bout de 32 kms de route nationale et 24 kms de piste (dont certains tronçons en piteux état suite aux inondations de novembre 2008), nous arrivons au village de Prey Phneas. Toute la famille et voisins étaient là pour nous accueillir, d’énormes sourires éclairent leurs visages.
Mao vit avec son épouse Phoeun, sa fille Sireth (12 ans) et ses 2 garçons Samphuos et Sopheak (9 et 6 ans) dans une maison basse en bois sur pilotis et toit de chaume d’environ 20 m2, c’est la chambre à coucher. A côté, une construction du même style fait office de cuisine.
Nous avons peine à imaginer la vie quotidienne de cette famille et de tant d’autres : pas d’électricité, ni eau courante (qu’ils vont chercher à pied à 300 mètres). Imaginez leur situation pendant les grosses chaleurs d’avril, plus de 45 degrés et pendant la mousson …
Pour nourrir sa famille, Mao est ouvrier dans les rizières environ 2 mois par an. Le reste du temps, il vend des légumes, du poisson et des gâteaux confectionnés par son épouse au marché. Il fabrique également du charbon de bois.
Les enfants sont tous scolarisés mais semblent avoir quelques difficultés. De plus, Sireth, frappée par une méningite, en gardera probablement des séquelles.
Par ailleurs, sa fille aînée Rith (19 ans, issue d’un premier mariage), son mari et leur bébé de 10 mois sont présents également mais vivent indépendemment à proximité.

Quelle est l’action de l’A. F. S. pour cette famille ?
Tout d’abord, c’est Oeurn et ses collaborateurs locaux qui détectent les familles les plus pauvres et les plus sérieuses. Ensuite, la famille soumet un projet de vie (culture du riz, acquisition/prêt de vaches ou de matériels). Si le projet parait viable et validé par l’A. F. S., les moyens utiles à ce projet sont mis à disposition des demandeurs. L’association est chargée du suivi du développement du projet, c’est le principe du donnant-donnant. Le parrain peut également, sous couvert de l’association, pallier financièrement un coup dur (maladie, dégâts dus aux intempéries).
Ce mode de fonctionnement nous a conquis parce qu’il responsabilise le demandeur tout en lui préservant sa dignité.

Nous sommes bouleversés mais aussi révoltés.
Quand on sait que plus de 80 pour 100 des cambodgiens vivent avec moins de 2 dollars par jour et que dans le même temps, ce pays, un des plus pauvres au monde, connaît une croissance à 2 chiffres depuis de nombreuses années. Enfin, le Cambodge recevra en 2009 une aide internationale record de 1 milliard de dollars !

Association Française Solidarité Cambodge

Association Française Solidarité Cambodge
Il s’agit d’une petite Organisation Non Gouvernementale créée par un couple de français, présent lors des évènements de 1975 (génocide par les Khmers rouges). Son responsable, Oeurn, nous accueille chaleureusement à Battambang et nous fait visiter les foyers pour étudiants (garçons et filles). Il nous commente aussi le projet d’extension du foyer existant.

L’aide apportée par cette ONG va aux familles les plus démunies dans le domaine de la vie courante ainsi que dans celui de l’éducation scolaire.
Oeurn est chargé du recrutement des enfants les plus aptes à pouvoir suivre des études. A partir de ce moment là, l’enfant est pris complètement en charge par l’association : hébergement dans les foyers, nourriture, mise en place d’une classe de mise à niveau pour les plus jeunes, suivi et soutien scolaire des enfants.

En contrepartie, ceux-ci effectuent les travaux collectifs (aide à la cuisine, vaisselle, nettoyage, lessive personnelle, entre aide au niveau scolaire) et ont une obligation de résultat quant aux études.
Déjà, plusieurs élèves ont pu suivre des études supérieures dans des grandes universités au Cambodge et à l’étranger.
Immense est la tâche d’Oeurn et de ses collaborateurs : gestion des finances, comptabilité, suivi technique des divers chantiers, recrutement des élèves, suivi de leur niveau scolaire, discipline et veille à leur bien-être (soins médicaux, argent de poche pour petits besoins personnels).
Voilà un homme généreux, intègre, se donnant à fond pour cette cause. Il nous a dit avec beaucoup d’humilité qu’il estime avoir eu beaucoup de chance dans sa vie (éducation de ses six enfants qui ont tous fait des études supérieures), d’avoir survécu aux Khmers rouges et il trouve normal de se consacrer entièrement a cette tâche. Nous sommes impressionnés et émus par son dévouement.
En outre, une grande partie de son temps est consacre aux 200 familles parrainées : suivi de l’aide apportée, de la gestion des prêts de vaches et de la banque de riz.
Nous avons passé plusieurs heures en sa compagnie et avons apprécié ses nombreux récits : son vécu personnel, son travail et le fonctionnement de l’association.
Par notre témoignage, nous espérons sensibiliser des personnes de notre entourage. Nous sommes à l’entière disposition de ceux qui désirent plus de précisions.
Il y a tant à faire ici…
(Site Internet : www.afs-cambodge.com)
 

Au fil du lac Tonlé Sap

Au fil du lac Tonlé Sap
Lever a 5 h 15. Le minibus doit nous prendre a la guesthouse pour nous mener jusqu’au port situe a 15 km. De la, nous prendrons un bateau pour Battambang en 5 heures de trajet.
Le minibus est déjà bien rempli. Chargement des bagages et des vélos sur le toit. On s’entasse a l’intérieur. A notre grand étonnement, il continue a faire sa tournée de ramassage. Au final, nous sommes 15 adultes et 2 enfants dans ce véhicule et nous arrivons au port avec plus de 30 minutes de retard. “No problem” disait le chauffeur. Et c’était bien vrai : deux bateaux nous attendaient pour Battambang.

Nous voguons sur le Tonlé Sap au milieu de forets immergées.

Puis, nous apercevons des villages lacustres ou la vie s’organise comme sur terre : écoles (remarquez la cour de recréation sur la photo), église, pagode, magasins, habitations.

Les gens vivent essentiellement de la pêche. Nous y faisons un arrêt a mi chemin après trois heures de trajet.

Le bateau se faufile dans d’étroits chenaux entre deux rideaux d’arbustes.

Nous en croisons d’autres et a notre grande surprise çà passe. Nous tomberons en panne a deux reprises : hélice casse, no problem, le pilote se penche en extraire une neuve, la change et c’est repart. La seconde fois, il s’agit d’une panne sèche mais tout est rentre dans l’ordre.

Nous arrivons a destination, après huit heures de navigation, harasses mais éblouis par le spectacle qui nous a été offert.
Le lac Tonlé Sap, relie au Mékong, fonctionne comme une véritable coeur qui se gonfle et se dégonfle au rythme des saisons. pouvant multiplier sa surface par quatre. Il a également la particularité de couler vers le Mékong puis vers la mer pendant la période sèche (normal !), par contre pendant la mousson son courant s’inverse, le Mékong se vidant son trop plein d’eau.
Cet extraordinaire écosystème a été classé réserve de la biosphère par l’UNESCO.

Kampong, Angkor… et Angkor

Kampong, Angkor… et Angkor
Délaissant le Mekong, nous suivons la route partant de Kampong Chham, Kampong Tma, Kampong Thum, Kampong Kdei et enfin Angkor (Siem Reap).
Au début, une petite route tranquille se transforme brutalement en une piste défoncée, dans un environnement désert.

Puis, nous traversons des forets monotones d’hévéas. Par souci de rentabilité immédiate, des investisseurs étrangers ont fait procéder a la déforestation pour planter cet arbre ; cette monoculture est une véritable hérésie d’un point de vue écologique.

Le dernier jour de l’année, nous finissons par une petite étape de 35 km vers Kampong Thum, ou nous espérions trouver de l’animation pour la Saint Sylvestre. En définitive, nous nous sommes retrouves en tête-à-tête dans un restaurant vide avec quatre serveurs a notre disposition. La fête se termina a 21 heures !

Tout au long du parcours, le paysage de rizières et de palmiers “boule” nous enchante et agrémente notre route, sans cesse ponctuée de saluts amicaux dans les villages.

Nous avons pu nous rendre compte de tout le travail lie a la culture du riz. L’heure est a la récolte, le riz est mis en gerbe puis transporte le plus souvent par des charrettes tractées par des boeufs. Puis, une batteuse passe de maison en maison pour séparer le grain de la paille. Enfin, le riz est mis a sécher au soleil et au bord de la route.

  

Nous apercevons un “éléphant bleu” ou “moto wash” et nous offrons un nettoyage complet a nos vélos très poussiéreux.
Une dame, qui semblait être la patronne, nous interroge sur notre périple. Au moment de régler, celle-ci nous dit que c’est gratuit et que ce service nous est offert en guise de bienvenue dans son pays. Cela nous émeut et laisse a méditer.

Peu avant Siem Reap, nous traversons un village entier de sculpteurs martelant la pierre pour en faire des statues de Bouddha, apsaras et autres.

L’arrivée dans la ville a été des plus folkloriques, tant la circulation était intense : véhicules en tous genres, circulation a contre sens…

La cite d’Angkor, symbole de l’aboutissement de l’art Khmer, est une inestimable foret de pierres, un monstre architectural de 400 km2 classe au patrimoine mondial de l’humanité. Lors d’un précèdent voyage, nous en avons la visite guidée pendant trois jours. Ce fut éblouissant.

Cette halte nous permet de peaufiner notre prochaine étape qui est de rejoindre Battambamg, deuxième ville du Cambodge en bateau. Il semblerait que cette ballade, d’au moins cinq heures a travers des forets immergées, de villages lacustres sur le lac Tonlé Sap et sur des chenaux soit la plus belle du pays (cf. Guide du Routard).

A présent, il nous tarde de retrouver nos amis de l’Association Française Solidarité Cambodge, association qui soutient des familles les plus démunies, Nous y resterons une bonne semaine.