La fin de notre route en Bolivie: Copacabana

La fin de notre route en Bolivie: Copacabana

Après une belle descente en vélo du camp de base du Condoriri, 2 bus et un taxi (toujours mal au ventre), nous rejoignons Copacabana le 5/8/2008. Copacabana dérive de la langue Aymara “kota kahuana”, signifiant “vue sur le lac”. Le lac Titicaca ( plus haut lac navigable du monde, 3810 mètres) tient son nom du rocher “Titi Khar’ka” (ce qui signifie en Aymara « Roc du Puma »).

C’est la veille de la fête nationale et tous les hôtels sont pleins. En effet, beaucoup de péruviens passent la frontière pour l’occasion et la petite ville est bondée ! Nous parvenons quand même a trouver une chambre pour un prix élevé (150 Bol) mais on n’a pas vraiment le choix. Le lendemain on découvre les rues animées de Copacabana, le marche. Les égouts débordent en cette journée et nous déambulons au milieu des odeurs nauséabondes : drôle de fête nationale !! On apprend également que les personnes qui viennent d’acquérir une maison, une voiture, un magasin se procurent des maisons ou voitures miniatures et demandent les faveurs de la vierge de Copacabana afin d’avoir une voiture ou une maison encore plus grande dans l’avenir !!! Ainsi une longue procession grimpe sur la colline qui surplombe la ville ….

Le lendemain nous changeons d’hôtel et nous partons, sac a dos rempli, a l’assaut de la Isla del Sol pour 2 jours d’immersion dans l’ambiance du lac Titicaca. 1h30 de bateau a moteur suffisent pour rejoindre la partie sud de l’Ile. On savait que l’endroit était touristique mais pas a ce point !!! Déjà il faut payer 5 bol pour accéder a l’ile !! Des dizaines d’enfants nous proposent des chambres, nous demandent du chocolat, essayent de vendre des cailloux … On grimpe, on évite la foule et très vite on se retrouve seuls sur cette ile sauvage et belle qui nous rappelle les Iles Manitounuk et le Nunavik. En chemin, on croise le chemin de dizaines de bergers, originaires de la communauté de Challa, (hommes, femmes, enfants) de moutons, ânes, vaches et cochons. Les hommes, moins réservés que les femmes nous demandent ou nous pensons camper. Nous nous dirigeons vers le Nord de l’ile et nous campons sur la Bahia Kona (comme la marque de vélo !) Norte. Nous sommes seuls, le ciel est plus dégagé et nous profitons d’une belle lumière en cette fin de journée.

Dans la mythologie Inca, l’isla del Sol est l’endroit d’où sont partis Manco Capac et Mama Ocllo pour fonder la cité de Cuzco. Ils voyagèrent jusqu’à ce que le bâton magique (un sceptre) en or de Manco s’enfonce dans la terre pour leur désigner le lieu où s’établir. C’est là qu’ils fondèrent la première ville inca qui deviendra Cuzco, c’est-à-dire le « nombril du monde » en langue quechua. Manco Capac enseigna alors aux hommes l’agriculture et l’artisanat et Mama Ocllo enseigna aux femmes l’art du tissage.

Dans la nuit le ciel se couvre et nous nous réveillons sous la pluie. Nous n’en avions pas eu depuis Pucon au Chili !! Je ne me sens pas très bien et les vomissements me guettent … je n’imaginais pas vraiment la Isla del Sol sous la pluie et les nausées ! On lève le camp en fin de matinée mais je suis essoufflée et franchement pas en forme.On parvient vers midi sur les sites archéologiques de l’ile. On est très déçus par les ruines, peut-être parce qu’on s’imaginait découvrir un temple des Cites d’Or (n’est-ce pas Fuf) et on trouve des murs de pierres, rien de plus. Néanmoins, le paysage étant très joli on profite de cette ambiance presque Méditerranéenne pour retrouver le point d’embarquement. Le retour en bateau n’est pas des plus agréables, je suis malade à 2 reprises … sous les yeux un peu gênés des autres voyageurs !

A notre retour de l’ile, Jérôme fait la connaissance d’un cyclo-voyageur Mexicain. Felipe est parti il y a 6 mois d’Ushuaia et rentre chez lui a Mexico en vélo ! Son site est disponible ici : www.felipecervantes.com Bonne route a toi Felipe ! Suerte …

Ascencions dans le secteur de Condoriri

Ascencions dans le secteur de Condoriri

Ascension du Pequeño Alpamayo (5300 mètres), a 2 avec un guide: (Par Nelly)

Sachant que la veille de notre arrivée au camp de base nous avons fait 25 km de vélo sur une route caillouteuse, que nous avons grimpe de 500 mètres et que nous avons plante la tente a 20 heures, dans le noir après 1h30 de marche … nous lever a 2 heures pour partir a 3 heures n’est pas facile mais la perspective d’une belle ascension nous motive. Nous partons donc avec notre guide de 22 ans, Sebastian, sur le chemin qui nous mène au pied du glacier. On arrive rapidement au pied du glacier ou un groupe de 3 personnes sont déjà prêts a grimper.

On chausse nos crampons, on s’encorde et c’est parti. On grimpe malgré 2 arrêts suite a des problèmes de crampons qui ne tiennent pas en place. A chaque pause je me refroidis et je m’impatiente de voir le soleil se lever. Vers 7h30, le ciel nous offre de jolies couleurs rosées, on découvre aussi la fameuse et très belle arrête finale ! Pour cette dernière partie d’ascension la pente est plus raide mais nous avons un bon rythme. Nos piolets nous sont bien utiles et nous arrivons au sommet a 8h45, un peu fatigues mais contents de découvrir le panorama sublime qui s’offre a nous. Les pics enneiges de la Cordillère Royale subliment le tout et au loin on aperçoit même le Sajama. La descente est chouette également car nous savourons le glacier que nous n’avions pas vu lors de notre grimpette dans la nuit. A 11h30 on est au pied du glacier.

On fait une pause et on savoure un café avec notre guide qui a l’air pas mal fatigue également ! L’après-midi on fait la sieste ! Enfin une grande et longue sieste pour moi. En effet, pour la première fois depuis des années j’ai des courbatures, on aurait du boire plus … Jérôme en profite pour faire connaissance avec 2 jeunes suisses (Christophe et Valerian) bien sympas qui lui offrent du chocolat, le chanceux ! Nos amis suisses sont en Bolivie pour 2 mois avec le projet de faire de l’Andinisme. Ils ont déjà fait le Peqeño Alpamayo, la Pyramida Blanca, la Cabeza del condor …

 

Ascencion de la “Cabeza del condor” a 5648 m et quelques. (Par Jerz)

Cette montagne au profil de condor a un aspect assez agressif a première vue, pentes de 55/60 degrés, pas mal de rochers… MA forme n’est pas des meilleures la veille : gastro anterite, mal au tendon, pas faim, bref la fête sous la tente. Nelly décide de rester au camp car sa tendinite la fait aussi souffrir et ne veut pas réitérer l’expérience de Torres del Paine ( 8 jours d’arrêt complet) . Donc réveil a 2h du mat pour moi, encore bobo au ventre,je squatte les toilettes jusqu’à 2h30, je n’arrive pas à me décider, je monte ou je dors … puis je me dit que quand je serai pose plus tard j’aurai bien le temps d’avoir la diarrhée et mal au bide, mais je ne serai pas a cote de cette magnifique montagne… donc je tente.

L’approche du glacier est assez pentue dans un pierrier des plus pénibles, ce qui me fait mal au tendon. On chausse les crampons, on grimpe régulièrement jusqu’à 5400 mètres sans soucis, j’en oublie mon tendon, car c’est ma Fidel Gastro qui revient a la charge, ça fait mal. Une fois de plus je dois me désencorder en urgence et me soulager sur cette glace blanche immaculée (mais il fait nuit donc ça va), c’est encore du beau travail. Après cet effort difficile a cette altitude on repart a l’assaut du passage a 60 degrés et de l’arrête finale assez aérienne.

Ça monte fort mais la glace est impeccable on progresse donc a bonne allure, on débouche sur l’arrête avec le lever du soleil, oupos c’est pas très large et les pentes de chaque cotes me suggèrent de ne pas trébucher.

En bas je vois les tentes et pense a Nelly qui doit encore ronfler, chanceuse ! Cette arrête est interminable mais on voit le bout, encore quelques passages à 50-55 degrés et on débouche au sommet a 7h15 … hou que c’est beau, on redescend quand ?

J’aperçois la face qu´on prit nos amis Suisses (Valerian et Christophe) rencontres l’avant veille au camp de base, ils sont malades : trop de gaz pour moi ! Après quelques photos on redescend par la même voie, pas de problème, on descend le magnifique glacier éclairé par une lumière matinale au pied du condor, puis le pierrier degeu, toujours aussi degeu, et on arrive a la tente a 10h45, je suis mort a mort, je m’endors sous la tente, il doit faire 40 degrés avec le soleil, le réveil fut des plus pénibles avec un bon vieux mal de crane digne des 1er janvier.

Vue du sommet :

 

Le lendemain après un bon repos on redescend sur la route principale direction Copacabana, la descente est un vrai bonheur, ça va vite car on est très charges (on avait prévu trop de nourriture !)

La Paz en folie

La Paz ne ressemble pas du tout a ce que l’on s’attendait, c’est une ville immense (normal pour une capitale) ou les disparités entre les quartiers sont énormes. Ainsi, nous nous trouvons une chambre dans un quartier “touristique”, un peu par hasard et parce que l’on avait pas non plus beaucoup de choix : rues très pentues, circulation monstre, vélos charges … Sur les trottoirs, des petits stands tenus par des indiennes Aymaras. On y trouve de tout mais les plus impressionnants sont les fœtus de lamas séchés qui sont offerts en offrande a la Pachamama (Terre Mère). Notre recherche de supermarchés et de cinéma nous conduit dans la zone sud de la ville. Pour s’y rendre on emprunte un “truffi”, taxi partage et donc plus économique. On se retrouve donc a 7 dans le fameux taxi et après 30 minutes de voiture et 6 bolivianos en moins, on découvre un quartier beaucoup plus aise ou les véhicules personnels sont pour la majorité des 4X4. Des boutiques de produits occidentaux (parfums, fringues d’importation …) côtoient des supermarchés. Dans l’un supermarchés on hallucine devant des prix exorbitants par rapport au cout de la vie: en effet 90% des produits sont importes du Perou, du Chili, de l’Argentine et même des USA !! Ainsi je trouve certains produits que j’achetais dans la petite épicerie Inuit de Kuujjuarapik ! On reste une semaine dans la capitale, bien fatigues, on tente de se refaire une santé en cuisinant dans notre chambre des pommes de terre au reblochon. Et oui, le miracle de l’import nous a permis de nous procurer un peu de fromage qui est un véritable anti-depresseur 🙂

Sur la photo ci-dessous, je pose dans le fameux supermarché avec un manteau pour … chien !!!! Les gens aiment bien habiller les chiens ici, même les chiens errants parfois. Quand on imagine que certains gamins passent leur journée dans la rue a mendier, tomber sur ce genre de produit nous fait beaucoup réfléchir:

la paz0001.jpg

A plusieurs reprises, nous sommes réveillés par des détonations qui se produisent dans la rue. Les mineurs manifestent et pour se faire “entendre” ils utilisent les bâtons de dynamite avec lesquels ils travaillent dans la mine … attention aux tympans ! En bref ca chauffe a La Paz !

la paz0002.jpg

la paz0003.jpg

Notre dernier jour dans la ville est consacre au coiffeur pour Jérôme ( il en avait vraiment besoin ) et la bibliothèque de l’Alliance Française. Ainsi on fait le plein de lectures et ça fait un bien fou

la paz0005.jpg

la paz0004.jpg

Le parc Sajama

Le parc Sajama

Après notre boucle citadine, nous décidons de repartir, en vélo cette fois, pour le village de Sajama au pied du volcan du même nom. Nous décollons donc d’Oruro en fin de matinée, mais nous devons auparavant trouver une station essence. Bizarrement ce n’est pas facile et la seule que nous trouvons sur le chemin est fermée ! Puis je m’aperçois que mon pneu avant est a plat … Il est 16h, nous sommes toujours en ville. On décide de repousser d’une journée notre départ.

Le lendemain, nous tournons pendant près de 2 heures pour trouver le fameux combustible. Il se trouve qu’il n’y a pas d’essence en début de semaine a Oruro !!! Par chance on trouve une station approvisionnée en sortie de ville. Alors que nous nous apprêtons a partir (enfin) un homme nous interpelle dans une langue inconnue qui nous rappelle étrangement l’Inuktitut. Ce Bolivien nous parle en Aymara, dialecte des autochtones de la région. Puis voyant que nous ne comprenons pas ce qu’il nous dit, il enchaine sur l’espagnol et s’intéresse a notre route. Il nous donne quelques explications sur la route et nous prévient : ” Si quelqu’un vous parle dans la rue et que vous ne comprenez pas ce qu’il vous dit, ce n’est pas un ami ! “. On le quitte sur ce conseil pour le moins étrange. La route est asphaltée, les odeurs nauséabondes du lac Uru Uru sont a la hauteur de la monotonie du paysage. Une fois sur deux les locaux ne répondent pas à nos gestes de la main ou ne nous répondent pas lorsqu’on leur dit “bonjour” ! Puis en fin d’après-midi on découvre le village de Toledo, on a encore 2 heures de soleil devant nous, on en profite. On poursuit notre route a travers le salar de Toledo … la route n’est plus asphaltée et les camions venant du Chili font une poussière horrible qui donne une atmosphère étrange aux environs.

A la tombée du soleil, nous campons a cote de la maison ( qui se résume a 3 murs sans toit ) d’une bergere de lamas. Elle est plutôt étonnée mais contente d’avoir de la visite.

Notre route nous mène ensuite au village de Turco mais le chemin est de plus en plus difficile, on avance doucement … après 20km, une voiture conduite par des travailleurs de la route nous propose de nous déposer a Turco, distant de 25 km. On accepte, c’est une aubaine ! Arrives a Turco en début d’après-midi on reprend la route plus roulante, ouf ! Le paysage est plus sympathique et on découvre des pierres aux formes étranges.

On passe également des rivières a gué, les ponts sont en construction dans la région. Une petite séance de toilette est la bienvenue, en effet on est surpris de rouler par des températures élevées en pleine journée qui se transforment vite en températures négatives au coucher du soleil.

Voici une piste cyclable Bolivienne …

Bolivie_Velo_Parc Sajama0006

 

Après 4 jours 1/2 on rejoint le village de Sajama. Petite bourgade au pied du Nevado Sajama (6542 mètres, point culminant de la Bolivie). Son nom vient de l’Aymara, “chak xaña” qui signifient ouest. On s’acquitte des frais d’entrée du parc (30 bolivianos par personne) et on découvre un village minuscule, une église de toute beauté. On est aussi soulages de voir qu’il y a plusieurs boutiques de nourriture, en effet nos stocks sont pratiquement épuisés et Dieu seul sait qu’il est difficile de s’approvisionner en dehors des villes.

Notre 1ere journée a Sajama est plutôt tranquille: on profite des sources d’eau chaude naturelles a 6 km du village. Le cadre est grandiose, le Sajama face a nous, les volcans Parinacota et Pomerape derrière, on se glisse dans une eau a 38 degrés sous les yeux des alpagas. 2 heures de détente et de farniente qui font du bien a nos muscles et surtout a notre moral.

Nos 2emes, 3emes et 4emes journées sont marquées par le Sajama lui-même. En effet, nous laissons nos vélos et nos affaires dans un hostal et nous louons une corde de 30 mètres pour l’ascension du volcan. Nous pensions être seuls, il n’en est rien ! Vers 16h, alors que nous arrivons au camps de base a 4800 mètres, on apprend qu’un groupe de 9 français voyageant avec l’agence Allibert arrive ! De plus, un couple de Lille est déjà sur le site. Nous voila donc entoures de français au pied du Sajama ! Une dizaine de mules ont été réquisitionnées pour l’acheminement du matériel et des sacs des “Andinistes”. Le vent souffle pas mal ce soir la, un indice pour ce qui nous attend le lendemain !

Il est 9h30, nous partons a l’assaut du Sajama. Le sentier est bien marque, nous progressons dans des pierriers. Puis les choses se corsent lorsque nous remontons une crête ou le vent souffle à décorner un bœuf. Je lutte pour monter petit a petit, rester debout … Les porteurs du groupe Allibert et du couple de Lille sont aussi surpris que nous de la force du vent ! A 15h, nous découvrons le site du Campo Alto a 5700 mètres. On est épuises et transis de froid. Jérôme parvient après 1 heure d’efforts a monter la tente. Moi, a l’intérieur, nauséeuse, je retiens la toile intérieure et essaye de maintenir les arceaux ! Ça faisait longtemps que le vent ne nous avait pas cause autant de soucis.

Devant la force des rafales, presque tous les groupes sont redescendus. En soirée, nous sommes 4 français et un guide au pied des “difficultés” du Sajama. Ma nausée n’est pas passée et j’avale très difficilement deux fourchettes de spaghettis. Au moment de me coucher, je sens que les maux de tête arrivent. On s’apprête a passer une mauvaise nuit, réveillés par les rafales qui plient la tente toutes 15 minutes. L’ascension du sommet se fait normalement le 3eme jour a partir de 2 heures du matin. A 2 heures on est morts de fatigue, on ne se lève même pas. On apprendra par la suite que les 2 autres français accompagnes de leur guide ont tente, sans succès, d’atteindre le sommet …

Finalement on plie la tente en fin de matinée du 3eme jour et on renonce au Sajama. Jérôme aurait aime patienter une journée de plus mais nous n’avons plus de nourriture et honnêtement “je ne le sens plus du tout”. Nous rejoignons donc le village en fin de journée, on est bien fatigues.

Le guide qui a passe la nuit avec nous au Camp Alto nous apprend qu’un micro-bus part le lendemain a 7h pour La Paz. On décide de sauter sur l’occasion pour gagner quelques kilomètres. En réalité le bus part a 6h30 et nous le ratons de 5 minutes …. Cette nouvelle journée (non prévue) a Sajama est marquée par notre rencontre avec un groupe de 3 suisses et 1 français super sympa avec qui nous discutons plusieurs heures. Ils partent le lendemain pour l’ascension du Parinacota culminant a 6348 mètres (les gars si vous lisez le message, pensez a nous écrire: on a hâte de poursuivre nos discussions ! 🙂

C’est le jour J pour rejoindre La Paz, cette fois-ci on se présente avec 20 minutes d’avance au point de départ … il fait – 8 degrés, on gèle ! Le bus arrive avec 30 minutes de retard. On s’entasse dans le véhicule, nos sacoches et vélos bien attaches sur le toit. On rejoint la ville de Patacamaya en fin de matinée, de la on récupère un autre bus pour La Paz. En arrivant a El Alto, on est pris dans un bouchon et on découvre l’effervescence du marche qui prend ses aises sur la route !! Le bus ne nous arrête pas au centre de la ville et nous poursuivons en vélo ( sac a dos sur le dos et chaussures de rando aux pieds !! c’est pas une très bonne idée pour pédaler ) dans les rues hyper pentues de La Paz. La circulation est incroyable, les chauffeurs klaxonnent en permanence et les piétons marchent sur la chaussée … en bref on parcourt 2 km avant de trouver, heureusement, une chambre dans un endroit sympa.

La Paz est vraiment une ville FOLLE !!! C’est Oruro puissance 10, le bruit, les odeurs, la foule … on se prend presque une claque après la tranquillité de Sajama. Traverser une rue est une mission périlleuse, en effet, les piétons ne sont absolument pas prioritaires et il faut prendre ses jambes a son cou si on ne veut pas finir sous les roues des bus, taxis et autres !

Et voici les coordonnees GPS pour gravir le Sajama

Lieu Latitude DMS Longitude DMS Altitude (M)
Volcan Sajama CB 18°06’40.7″ S 68°55’00.6″ W 4795
Volcan Sajama C1 18°06’01.9″S 68°53’41.2″W 5682
Volcan Sajama Sommet 18° 6′ 13″ S 68° 52′ 41” W 6542

D´Oruro à Sucre en passant par Potosi

Oruro (fondée en 1606 comme centre minier / environ 400.000 habitants / 3700 mètres d´altitude) est notre ´première´ ville Bolivienne. A première vue le centre est agréable, il y a 2 places centrales plutôt ombragées. Certains bâtiments ont une architecture coloniale et nous rappellent un peu le centre de Salta en Argentine. Cependant le trafic est important et les règles du code de la route bolivien restent floues, en effet, a chaque croisement les conducteurs klaxonnent pour prévenir de leur arrivée … les priorités a droite ne sont donc pas de rigueur ici ! Aux heures de pointe nos oreilles sont vite fatiguées de ce brouhaha incessant. La ville ne nous semble pas vraiment au point au niveau ´touristique´ et nous tournons, tournons autour de l´une des 2 places centrales avant de trouver ´l´unité touristique´ ou seules quelques plans de la ville sont disponibles. L´un des principaux attraits d´Oruro est son carnaval classe par l´UNESCO au patrimoine mondial culturel et pendant les festivités qui ont lieu au mois de Février, des milliers de touristes de toutes les origines viennent admirer les costumes et surtout les masques énormes des danseurs. Mais la cite n´attend pas le mois de Février pour faire la fête et a l´heure ou j´écris ces quelques lignes, les fanfares et les cortèges défilent dans la rue. Aujourd’hui´hui on a droit a des défilés, hauts en couleurs, d´hommes travestis et de diables en tout genre !!! (désolée, on était pas au courant et on n´a pas pris l´appareil photo avec nous … )

Nous décidons de laisser nos vélos et nos affaires a l´hôtel et de faire un tour, en bus a Potosi et a Sucre. Un ´petit´ détour de 600 km qui nous laisse pleins de souvenirs ! Potosi (fondée en 1545 pour exploiter les richesses -argent entre autres – du Cerro Rico / environ 140.000 habitants / 4070 mètres d´altitude, ville la plus haute du monde) nous surprend agréablement par son architecture, véritable musée a ciel ouvert, chaque façade du centre ville a une histoire a raconter. Les murs sont rouges, bleus, jaunes, oranges …. les balcons en bois, les églises plus impressionnantes les une que les autres. Potosi est de loin, la plus jolie ville que nous ayons visite jusqu’à´a maintenant en Amérique du Sud. L´afflux touristique se mêle parfaitement au flot des citadins et ce mélange donne une ambiance décontractée, culturelle, vivante et agréable. On prend plaisir a se balader dans les rues piétonnes, a boire un jus d´orange fraichement presse par les vendeurs ambulants sur la place. En bref, le rythme est tranquille … on aime beaucoup !

Potosi_1.jpg

Potosi_2.jpg

On passe une demi journée a visiter l´une des mines du Cerro Rico, un moment intense et fort, dans tous les sens du terme. En effet, via une agence de tourisme, on se retrouve habilles de la tête aux pieds comme des mineurs, on fait un détour par le marche pour acheter dynamite et feuilles de coca (présents faits aux mineurs) et on se retrouve plonges dans l´univers hostile des mineurs de Potosi. Plus que la chaleur, la poussière devient vite insupportable. On s´enfonce dans les entrailles de la montagne exploitée au maximum. On discute avec des mineurs qui travaillent 6 jours sur 7, 10 heures par jours. La bouche pleine de feuilles de coca, on a du mal a les comprendre. Les conditions de travail sont vraiment très très difficiles (et je pèse mes mots), et la santé des mineurs demeure fragile car exposée aux maladies pulmonaires, digestives et mentales. Ainsi on apprend que l´espérance de vie des mineurs ne dépasse pas 45 ans et qu´il y a eu (déjà) 15 décès depuis le début de l´année …. Une plongée dans l´univers d´un ´Germinal´ Bolivien que l´on est pas prêts d´oublier.

Potosi_3.jpg

Potosi_4.jpg

Potosi_5.jpg

Par contre, et contrairement aux échos d´autres voyageurs que nous avions eu, nous avons été très déçus par la visite de la Casa de la Moneda. On a trouve ça d´un ennui …. !!! En bref 2 jours à Potosi et la rencontre de 2 suisses dans un café. Ayant entendu leur ´accent suisse-français´ je me suis adressée à eux dans l´espoir d´échanger mon livre, fini depuis bien longtemps. J´ai mise juste car l´un des 2 a effectivement un livre à échanger mais plus intéressant encore est leur parcours. Travaillant tous les 2 pour ´Médecins du Monde´, ils ont éclairé notre lanterne sur les problèmes politiques que traverse la Bolivie.

Sucre (Capitale constitutionnelle de la Bolivie, ville Blanche fondée en 1539 / environ 247.000 habitants / 2740 mètres d´altitude). La ville de Sucre nous étonne car c´est une ville beaucoup plus occidentalisée que Potosi ou Oruro. En effet, il y a plus de gros véhicules, des magasins de vêtements, chaussures, appareils photos, des boutiques pour les touristes aussi. Le contraste entre la population aisée qui vit et travaille comme en Europe et la population autochtone (y compris les enfants) qui mendie toute la journée dans les rues du centre ville. On est mal a l´aise car sollicites très souvent ….

Sucre_1.jpg

Sucre_3.jpg

A Sucre on découvre l´art du tissage chez les communautés Indigènes de la région, la signification des costumes et des masques portes pendant les festivals et fêtes du pays. Notre impression du pays est que la Bolivie est un peu difficile a ´apprivoiser´ (terme a ne pas prendre dans le sens négatif) mais sa richesse culturelle et folklorique en font une contrée, malgré tout, attachante.

Sucre_2.jpg

Sucre_4.jpg

Sucre_5.jpg

Le salar d’Uyuni et autres rejouissances !

De retour a Uyuni, on est en forme et prêts a repartir, en vélo cette fois. Nous quittons donc Uyuni après 24 heures de repos et par une journée très ventée. Tiens, ça faisait longtemps que le vent n’avait pas fait parler de lui. Nous reprenons notre rythme de croisière parmi les rafales et la poussière. A notre gauche, le plus grand salar du monde … on le voit a peine a cause du sable. La voie de chemin de fer longe la route et on emprunte une “voie” utilisée par les cyclistes boliviens au bord des rails. On parvient a Colchanie après 3 heures d’effort et seulement 22 km : La Bolivie en vélo ça promet !! On s’arrête dans un hôtel de sel. Le bâtiment est beau, il est tenu par un jeune couple (25 ans) et leurs 2 enfants : Camilla 4 ans et Mayel 2 ans. Malgré les apparences, les conditions de vie du couple sont difficiles: l’hôtel est vraiment froid (pas de chauffage bien sur), pas d’eau courante. Mais pour égayer le tout ils ont une vigogne domestiquée !! Je ne pensais pas qu’une vigogne pouvait s’apprivoiser. Toujours est-il que la vigogne en question est un animal intelligent et sait parfaitement ou se trouve la nourriture. Le soir, alors que le couple est sorti, la vigogne parvient a ouvrir la porte de l’hôtel et se dirige droit dans la cuisine. Elle fait un véritable carnage et se régale de carottes, échalotes, biscottes …. Jérôme essaie de la faire sortir, sans succès: la bête lui crache dessus et ça pue !! Âpres 20 minutes on réussi enfin a la faire sortir du bâtiment mais le mal est déjà fait dans la cuisine !! Lorsque le couple revient on leur explique ce qui s’est passe, on leur montre l’étendue des dégâts: ils sont morts de rire …

Uyuni-Thunupa-Oruro00001.jpg

Uyuni-Thunupa-Oruro00002.jpg

Après une nuit réparatrice, nous prenons le chemin qui nous mène au Salar d’Uyuni. On découvre cette immensité blanche, ces petites montagnes de sel. On a l’impression de rouler sur la banquise, une banquise de sel ! C’est déroutant et impressionnant. En chemin, on rencontre un couple de Grenoble (évidement !) en voyage depuis 1 an 1/2 et qui ont loue des vélos pour traverser le salar en 2 jours !! On partage café et biscuits, on discute des montagnes de l’Amérique du Sud. Il faut bien être français pour faire du vélo sur le Salar !!

Uyuni-Thunupa-Oruro00003.jpg

On s’amuse a faire des photos en utilisant la profondeur de champ : (photo realisee sans trucage)

Uyuni-Thunupa-Oruro00004.jpg

Le soir on campe sur l’Isla Incahuasi, un rocher au milieu du salar ou les cactus poussent depuis un millénaire. Il y a des grottes sur l’ile et certaines recueillent des momies Inca. Le coucher du soleil sur le salar est émouvant.

Uyuni-Thunupa-Oruro00005.jpg

Uyuni-Thunupa-Oruro00006.jpg

Le lendemain, nous prenons la direction du volcan Tunupa et du village de Coquesie au pied du géant.

Uyuni-Thunupa-Oruro00007.jpg

On arrive vers 15h, on laisse nos vélos et nos affaires dans un “hostal” et on part sur les pentes de la montagne. On plante la tente a 4000 mètres après 1h30 de montée. La vue sur le salar est chouette, on prend conscience de toute sa dimension. Le lendemain on poursuit notre ascension et on arrive a 13h30 sur la partie la plus basse du cratère (4800 mètres). Le volcan est rouge, blanc, jaune …

Uyuni-Thunupa-Oruro00008.jpg

Uyuni-Thunupa-Oruro00009.jpg

Uyuni-Thunupa-Oruro00010.jpg

Puis nous entamons notre descente, on observe en route des viscaches (marmotte locale, mélange d’un lapin et d’un écureuil). On fait un détour par les “Chullpas” du village. Ce sont des grottes qui abritent des momies. L’entrée de la grotte est fermée mais on aperçoit quand même un squelette dans la pénombre … En arrivant a l’hostal, on a la mauvaise surprise de découvrir que nos affaires ont été fouillées et notre archos a disparu ! C’est dommage, la fin de soirée est gâchée et on oublie les superbes moments sur le volcan Tunupa.

On est content de quitter l’endroit le lendemain matin, le propriétaire de l’hostal refuse presque de nous donner de l’eau : quelle gentillesse avec les cyclistes !!! Notre route nous emmène au Nord a Salinas de Garci Mendoza. Elle longe le volcan, on traverse des villages, des hameaux, des champs de quinoa, des troupeaux de lamas. La route n’est pas si difficile que ce qu’on craignait , on aime beaucoup …

Uyuni-Thunupa-Oruro00012.jpg

En fin d’après-midi on arrive dans la petite ville de Salinas de Garci Mendoza. C’est un jour de fête et on se retrouve au milieu d’une parade un peu par hasard. 40 personnes sont autour de nous, les gamins touchent et regardent toutes nos affaires, une femme nous offre un verre d’alcool rose ! On le boit cul sec … on se fraye un chemin parmi les festivaliers. La fête a commence depuis un bon moment vu la démarche titubante de certains ! Le soir, on observe la fête sur la place centrale. Il y a 2 fanfare, les gens dansent en couple, ils sautillent, une bouteille de bière a la main. Les femmes portent leurs plus beaux vêtements : jupes et châles en paillette. On achète une bouteille de bière et on la partage avec les musiciens de l’une des 2 fanfares. Les gens sont beaucoup moins réserves qu’a l’habitude et on se sert la main !!

Nous on se couche assez tot mais la fete dure toute la nuit, on s’endort au son de la fanfare. Le lendemain matin il y a foule sur la place, beaucoup de Boliviens s’etaient deplaces a Salinas pour faire la fete et maintenant ils font la queue devant le local d’autobus pour acheter une place.

On décide de tester un nouveau mode de transport pour rejoindre Oruro distant de plus de 200km : le camion Bolivien. On se prépare a faire 6 heures de voyage a l’arrière d’un camion avec 30 autres personnes : bébés, enfants, jeunes, hommes, femmes, grand-mères et grands-pères … c’est franchement folklorique ! On est donc entasses, secoues : j’ai l’impression d’être une réfugiée ! Jérôme a l’impression d’être déporté ! En route, on essaye de dormir, on se protège de la poussière sous des couvertures en polaire. Il y a tellement de sable que les cheveux des gens ne sont plus noirs mais gris ….

Uyuni-Thunupa-Oruro00013.jpg

Uyuni-Thunupa-Oruro00014.jpg

On arrive a Oruro a la tombée de la nuit, on tourne un peu avant de trouver un hôtel avec de l’eau chaude : en effet on a vraiment besoin d’une douche, je n’ai jamais été aussi sale que maintenant.

panorama_uyuni.jpg

Carte Uyuni oruro.jpg