Alors, Argentine ou Chili ?

Je profite d’une journée de pause a Junin de Los Andes pour exprimer nos sentiments et impressions sur la vie en Argentine ainsi qu’au Chili. En effet, lorsque je pense a l’Argentine, les premiers mots qui me viennent a l’esprit sont tous lies a la nourriture : facturas (mini viennoiseries), submarino (barre de chocolat fondue dans du lait), empanadas et Milanese (escalope milanaise) … mais l’Argentine c’est aussi le mate que tout le monde pratiquement sans exception boit tout au long de la journée et partage avec ses amis. Le mate est donc un symbole d’amitié et de partage. Nous aussi on s’y est mis, et ça facilite la digestion (surtout après avoir mangé des papas fritas (frites) et des milaneses au repas 😉 Les Argentins nous apparaissent comme des gens chaleureux au fort tempérament. Un peu comme les peuples de la Méditerranéenne. La bise est de rigueur lorsque croise un ami dans la rue mais seulement sur une joue !

Au fil de notre route, nous avons senti de gros décalages entre des villes pourtant distantes de moins de 50km. En effet, a San Martin le cote “exploitation touristique” nous a vite fatigues et la froideur de certains commerçants nous a également repoussés ! Des croix gammées taguees sur l’asphalte et sur les murs nous ont mis mal a l’aise. J’ai parfois l’impression que le “temps” s’est arrêté aux années 1930/1940. C’est un peu comme un retour dans le passe qui fait froid dans le dos. Les voitures sont nombreuses, le trafic important surtout en sortie de ville.

Par contre a Junin de los Andes, la vue de nombreux cyclistes nous frappe. En effet, de 5 ans a 75 ans, filles ou garçons, en courses ou a la sortie de l’école, tous se déplacent a vélo ou en torpedo ! On trouve ca charmant. Les quelques voitures de la ville sont pour la moitie de vrais tacots et on se demande parfois comment ces engins font pour continuer a rouler dans cet état.

Au Chili on a sans doute eu peu de chance, mais notre impression est plus mitigée car le pays est très irrégulier. On a fait des rencontres ou très charmantes (comme a La Junta) ou très désagréables ! Dans l’ensemble ce peuple est plus réservé et je pense que c’est le pays le moins “latin” de toute l’Amérique du Sud. Le cout de la vie étant plus élevé qu’en Argentine, on a l’impression que les visiteurs “petit budget” ne sont pas forcement les bienvenus ! Cependant nous n’avons pas encore eu la chance de découvrir le Nord qui doit être différent en tout point du Sud.

L’accent chilien qui consiste a ne pas prononcer les “S” dans les mots = Lito pour listo ( fini, pret), Caco pour casco (casque) nous semble plus facile a comprendre ( du moins après plusieurs semaines d’immersion en Terre Castillane ) que l’accent Argentin. En effet en Argentine, les “ch” sont de rigeur (d’ou Che Guevara) et les mots qui comportent des “y” ou “ll” se prononcent “ch”: “que le vacha bien” pour “que le vaya bien” ou “chave” pour “llave” (cle).

En prenant conscience de ces différences de prononciation, on se rend compte que notre “espagnol” est en progrès ! Il était temps après plus de 4 mois de voyage 🙂

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Le parc Nahuel Huapi

De retour a Bariloche, nous sommes impatients de récupérer nos cartons. Le passage a la douane est obligatoire si on ne veut pas attendre davantage … les choses ne se passent pas comme prévu, une fois de plus. En effet, des notre entrée dans le petit bureau plein de cartons, le douanier nous annonce qu’il y a un problème car nous devons payer non pas 10%, ni 25% mais 50% du cout total déclaré !!! On en tombe presque par terre. Le douanier fait un calcul apparemment complique sur sa calculatrice et nous assomme, heu non nous annonce un cout de 1200 pesos. Nous n’avons pas retire assez d’argent, nous ne pensions pas devoir payer autant. J’essaie de négocier les frais a 900 pesos, sans succès. Le douanier est intraitable ! Nous allons retirer les pesos nécessaires puis de retour au bureau de la douane, les frais s’élèvent a 1060 pesos. On a eu droit a un petit rabais malgré tout, ouff !!! Après avoir payé le douanier qui oublie presque de me rendre la monnaie, il sort son cutter et d’un air grave il annonce ” Je suis douanier et j’ai droit d’ouvrir les cartons ! “. On le laisse faire, pas de fromage ni de vin dans les affaires, pas de plantes vertes ni de drogue non plus, il nous laisse repartir.

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Il fallait évidement que l’histoire ne se finisse pas de cette façon, la commande que nous avions fait en Allemagne a été mal préparée et nous nous retrouvons avec 3 pneus de 26 pouces et 1 pneu de 28 pouces ( bien trop grand pour nos vélos ! ).

Jérôme installe donc les 3 pneus et je garde a l’avant mon “vieux” pneu de 2200 km !

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Nous passons une journée a essayer de vendre aux boutiques de vélos de la ville nos anciens porte-bagage, le pneu neuf de 28 pouces et une partie de la remorque qui a été envoyée il y a bien longtemps par le constructeur !! On revend toutes nos affaires usagées sauf la remorque évidement. Comme dirait Julien Leblay, c’est la malédiction de la remorque Polonaise.

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Nous quittons Bariloche après plus de 10 jours d’attente, sous un ciel gris. Notre route longe le Rio Limay ou plusieurs bateaux de pêcheurs se laissent entrainer par le courant. C’est tout un sport !!

Puis nous découvrons des montagnes couleurs ocre, brun et rose. Des “tours” nous dominent, on pédale le nez en l’air, c’est la première fois que l’on voit de telles masses avec ses formes étranges.

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Après une quarantaine de km, nous bifurquons vers l’Ouest, la route est prometteuse, pas d’asphalte mais le panorama est l’un des plus beaux que nous ayons vu depuis le début de notre voyage. Nous sommes dans le parc Nahuel Huapi, immense et sauvage !

Après 3 jours, nous arrivons a Villa Traful au bord du lac du même nom. Le village se résume à 2 épiceries et une station essence. Nous ne pensions rester qu’une nuit ici mais le Cerro Negro nous appelle. Le cerro Negro est un volcan éteint et culmine a 1999 mètres. Nous partons a sa découverte par une belle journée ensoleillée. Le chemin est agréable, on domine le lac et les chaines de montagnes.

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Sous le sommet, des chevaux coulent des jours paisibles dans une sorte de “vallée” enchantée ! On est sous le charme. Du sommet, on voit même le volcan Osorno que nous avons tant aime découvrir !

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En quittant Villa Traful, un énorme chien noir ( quand je dis énorme c’est qu’il ressemble davantage a un ours qu’a un canin ) nous suit . Il sera notre compagnon de route sur les 5 premiers km, a 3 on ne passe pas inaperçus.

En route, nous achetons du pain et de la confiture a une dame qui vit seule dans la foret. Son compagnon, un chat dort profondément a cote du poêle de la pièce principale de sa cabane. Lorsqu’on lui annonce que nous aimons beaucoup l’Argentine, elle nous offre 2 belles plumes d’autruche en guise de souvenir 🙂

Nous remontons ensuite une vallée très verdoyante, passons un col “El Portezuelo” a 930 mètres puis descendons en direction de San Martin de los Andes. La route ensablée n’est pas facile mais nous avançons petit a petit. Nous faisons une halte au pied du Cerro Falkner. Le soleil est toujours la, on en profite au maximum.

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On est accueilli le lendemain matin par un chat blanc qui cherche un peu de chaleur dans notre tente.

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A 50km de San Martin, on est a nouveau sur une route asphaltée peu empruntée. La route est belle mais le vent se lève et les 15 derniers km (de descente) sont difficiles. En effet, le vent assez violent et de face nous ralentit. Il nous ralentit tellement que nous devons parfois stopper net les vélos, aveuglés par le sable soulevés en tourbillons au bord de la route !

Nous arrivons tout poussiéreux a San Martin ou nous trouvons une auberge juste avant que la pluie ne se mêlé aux bourrasques. Sommes nous de retour en Terre de Feu ??

Autour de Bariloche

Autour de Bariloche

Si notre route passe par la ville de San Carlos de Bariloche, c’est avant tout parce que nous attendons un colis très important pour nos vélos. En effet, de nouveaux porte-bagages doivent nous permettre de mieux repartir le poids sur nos montures et repartir pour plusieurs autres milliers de km !

Mais voila la douane Argentine prend son temps et notre colis attend sagement dans un coin de bureau ! En attendant de pouvoir récupérer le matériel, nous décidons de partir explorer la région en vélo. Nous prenons la direction du sud sur la fameuse route 40 et des la sortie de la ville, nous découvrons les sommets environnants. Ils sont impressionnants et nombreux. Leurs formes et leurs couleurs sont étranges, je suis séduite bien que la vision que j’avais de la région est différente en tout point du panorama qui se dessine devant nos yeux.

La route 40 qui traverse le pays du Nord au Sud passe a proximité du lac Mascardi. Eaux turquoises, sommets protecteurs, le paysage est charmant. Un panneau étrange au bord de route nous interpelle : un site de camping se trouve 3 km plus bas au bord du lac. Nous décidons de nous engager sur cette voie qui nous mène au milieu de la terre Mapuche de la Communauté Lof ( ce qui signifie terrain en langue mapuche ) Wiritray ( = qui s’élève ). Le chemin de terre et de pierres qui mène au site n’est pas facile, quelques passages dans le sable mais des notre arrivée, nous sommes accueillis par Clarisse. Clarisse est indienne Mapuche et s’occupe de la gestion du camping. Elle nous offre le mate et des “tortas”, petits pains frits traditionnels. Son sourire et son hospitalité nous réchauffent le cœur. Nous passons 2 jours au bord du lac, l’endroit respire la tranquillité, tout est paisible. Lorsque nous quittons Clarisse, elle nous dit a quel point elle est triste de nous voir partir !! Elle nous donne plusieurs numéros de téléphone afin que nous restions en contact. Une rencontre aussi chaleureuse ça ne s’oublie pas 🙂

Clarisse et sa maman, Ester : ( désolée, la photo est floue : trop d’émotions ! )

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Les couleurs de la nation Mapuche :

Les couleurs de la nation Mapuche

Les couleurs de la nation Mapuche

Nous continuons notre chemin vers le sud, toujours au bord du lac Mascardi. Arrives a Villa Mascardi, nous prenons a nouveau un chemin de terre qui nous mène dans une foret, au pied d’une montagne dont la crête donne le vertige ! Nous campons 2 jours dans le bois, a l’abri des regards. Tels des Robinson Crusoe, nous nous approvisionnons dans la rivière toute proche. Un chemin semble monter vers le sommet qui nous domine. Notre passion de la montagne reprend le dessus et nous grimpons, grimpons, grimpons encore ( 4 heures de montées ) jusqu’à 2000 mètres. Les nuages menaçants rendent le paysage inquiétant mais quelle beauté ! La fraicheur et les rafales de vent ne gâchent en rien notre plaisir d’avoir grimpe ce sommet.

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De retour sur Bariloche, le colis n’est toujours pas disponible et commence a prendre la poussière ! Ni une ni deux, nous repartons, a pieds cette fois-ci grimper les sommets qui dominent le lac Nahuel Huapi. 4 jours de marche, de découvertes, d’imprévus … Notre premier bivouac se trouve a 2000 mètres d’altitude, au-dessus de la station de Villa Catedral. Le paysage est entièrement minéral mais on a l’impression d’être sur le toit du monde. On est HEUREUX !

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La nuit la douce lumière de la pleine lune nous berce, on ne sait plus trop si on est sur la terre ou dans le ciel.

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Le deuxième jour, nous descendons dans une vallée sillonnée par une rivière. Nous la remontons ensuite pour finir par grimper sur la crête et redescendre dans une autre vallée ou se trouve le refuge San Martin. On n’est pas vraiment friand de l’ambiance “montagnarde” du refuge et petit a petit, les sites de campement environnants se remplissent de randonneurs. Certains boivent même de la bière au bord du lac tout proche. Le contraste avec le campement de la veille est saisissant ! Nous décidons de changer de route et nous choisissons de redescendre la vallée le lendemain et de grimper le Cerro Bella Vista ( Mont Belle Vue ). Notre carte de randonnée ( très mauvaise d’ailleurs, Jérôme l’a déchirée … ) indique que 6 heures sont nécessaires pour monter au refuge. Nous pensions que les 6 heures correspondaient a la montée et donc qu’il nous faudrait moins de temps pour descendre. En fait il nous faut plus de 5 heures 30 de marche pour descendre la vallée … nous arrivons a 15H30 en bas du Cerro Bella Vista. C’est trop tard pour entamer une montée de 600 mètres ! Nous décidons de monter malgré tout, nos muscles sont chauds et nos tendons aussi. Malheureusement il n’y a pas d’eau au sommet et nos réserves ne nous permettent pas de bivouaquer la-haut ! Quel dommage la vue est superbe et on comprend pourquoi le sommet porte son nom. La nuit commence a tomber, nous redescendons, tristes de ne pas pouvoir dormir sous les étoiles. A 1300 mètres, nous posons la tente au milieu du sentier de randonnée. Ça fait presque 10 heures que nous marchons. La vue sur le lac Nahuel Huapi est belle, on se console ainsi !!

Au petit matin, le lever du soleil est propice a quelques photos :

 

Par contre moi je le suis moins … (propice a une photo 😉

 

Nous sommes a nouveau a Bariloche ou nous espérons récupérer notre colis demain, si tout va bien !!

La patience est notre nouvelle amie 😉

 

 

¡ Volveremos en Argentina !

Au Chili, il faut faire attention a ses affaires…surtout quand on a la tête dans les nuages comme nous ! Il fallait bien qu’un évènement aussi inattendu que pénible nous fasse reprendre contact avec la réalité du pays : en effet, le 3 mars nous reprenons la route en direction de Las Cascadas. Dans une descente je perd un sac qui pourtant était correctement harnaché à ma monture. Il nous faut moins de 5 minutes pour nous en rendre compte mais ces quelques minutes sont suffisantes pour que le sac disparaisse a jamais dans le coffre d’une voiture … !!!! Malgré nos investigations auprès des Carabinieri des postes de Ensanada et de Las Cascadas, nous restons sans nouvelles de nos sacs de couchages et vestes. Dépités, nous laissons nos vélos au camping de Ensanada ou nous avions passe des moments paisibles au bord du lac et prenons la direction de Puerto Varas en collectivo (bus). A Puerto Varas nous allons expliquer notre situation a Nicolas de l’auberge “Casa Margouya”. Nous avions rencontre Nicolas la semaine d’avant et sympathise devant un Pastis … Il nous offre une nuit dans l’auberge, nous sachant plus préoccupés par l’achat de nouveaux sacs de couchage que de savoir ou passer la nuit. Son attention et sa gentillesse nous sont d’un grand réconfort.

Merci encore pour ton aide Nicolas 🙂

Finalement c’est dans la ville de Puerto Montt que nous trouvons de nouveaux sacs de couchage ( -9 degrés, il faut bien penser aux nuits froides que nous passerons sur l’Altiplano Bolivien !! ).

Apres cette nouvelle pause forcée de 2 jours, nous prenons une nouvelle fois la direction de Las Cascadas et nous découvrons la cote sauvage et découpée du lac Lanquihue. Après 20 km sur une route non asphaltée nous arrivons a Las Cascadas ou nous retrouvons les poules et les canards, véritables maitres de la pelouse du poste de police du village. On se sent de nouveau a la campagne. Nous sommes en forme et nous décidons de profiter du soleil pour poursuive notre route, plus au nord vers la ville de “Entre Lagos” au bord du lac Puyhue.

Après 30 minutes de recherches et un détour de 3 km ( de montée, en vélo ça a son importance ! ) nous finissons par trouver un champs ou planter notre tente, avec la bénédiction du paysan, également propriétaire d’une laiterie. Le volcan Osorno est toujours visible depuis notre champs et nous l’admirons une dernière fois.

Le temps est chaud et ensoleille, nous prenons de belles couleurs sur la route de terre qui traverse les champs de la région. On se croirait a Avoudrey !! Nous finissons par rejoindre “Entre Lagos” en fin d’après-midi.

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Le camping ou nous restons pour la nuit est presque vide, excepte une bande de jeunes qui écoutent une musique pseudo-traditionnelle insupportable et dont le chanteur s’égosille comme une casserole. Ce soir la c’est les boules-quies …. On se fait réveiller en pleine nuit non pas par nos voisins mais par un chat qui se fait les griffes sur notre tente. Incroyable mais vrai.

Le lendemain, nous nous réveillons sous la pluie, elle tombe sans arrêt toute la journée. On en profite pour lire, écrire et écouter de la musique. Vers 16 heures elle cesse et nous sautons sur nos bequanes, le nomadisme nous appelle. Nous longeons la rive sud du lac Puyhue en direction du col Samore et de la frontière Argentine. Nous pensions dormir dans le village de “Nilque” indique sur notre carte par un point bien visible. “Nilque” est en fait un village fantôme, a cet endroit la nous ne trouvons qu’un site de cabanas (chalets) abandonnes depuis au moins une dizaine d’année. Il y a quand même une maison habitée dans cet endroit et l’habitant nous autorise a planter notre tente au bord du lac. Je trouve l’endroit glauque ( maisons a l’abandon, bateau a moitie coules sur la plage, chien qui sort de je ne sais ou et qui nous aboie dessus …. ) On reste quand même ici, de toute façon il n’y a pas d’autre site ou camper dans les environs. Finalement , au petit matin, l’endroit se révèle agréable et les rayons du soleil chassent ma hantise des “fantômes”. On a d’ailleurs baptise ce bivouac : Scoobidou !

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Le soleil est a nouveau de la partie et nous commençons a grimper doucement. Le paysage est montagneux mais ce n’est pas le type de montagnes que j’aime. Autour de nous pleins de sommets ronds, couverts d’arbres. Nous passons notre dernière nuit au Chili dans un camping super humide. On se lève avec 5 petits degrés le lendemain. Nous continuons notre grimpette après avoir fait tamponner nos passeports au poste de frontière Chilien.

Bye Bye le Chili (le sourire aux lèvres)

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Nous montons doucement mais surement vers les 1300 mètres du col Samore. La route est facile, le trafic peu important. Nous arrivons au col vers 16 heures …. donc 17 heures en Argentine car il y a une heure de décalage !!! De l’autre cote de la montagne le paysage est épatant et mystérieux. Des sommets arides nous dévoilent leurs formes étranges.

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Le paysage est plus sec et le climat également, on sent tout de suite la différence !

On se récompense de nos efforts fournis par un bivouac sauvage au bord d’une petite rivière, juste sous le col. Le paysage est beau, l’eau de la rivière est transparente, les buses nous observent du coin de l’œil.

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Puis nous entamons une longue mais excitante descente jusqu’au poste frontière Argentin. On est soulages d’arriver dans ce pays qui nous séduit et par ses paysages et par ses habitants.

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A Villa Angostura nous visitons la fromagerie / charcuterie du quartier et sympathisons avec l’artisan qui se fait un plaisir de nous faire gouter ses produits : c’est un délice.

Nous profitons également de la beauté du lac Nahuel Huapi et de la route qui nous mène a San Carlos de Bariloche. Je vous laisse admirer ….

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Nous nous arrêtons, par hasard, acheter du pain a une communauté Mapuche a une cinquantaine de km de Bariloche. Notre premier contact avec les autochtones. Un petit kiosque expose des pièces d’artisanat en laine. Au mur, une affiche de l’alphabet Mapuche: les similitudes avec l’inuktitut sont impressionnantes.


Nous sommes donc arrive hier soir a Bariloche, capitale du chocolat en pleine effervescence en cette période de Paques. La ville est plus grande, bouillonnante et vivante que ce a quoi je m’attendais . La cité a été construite en 1902 le long du lac Nahuel Huapi et les pentes de ses rues nous a achevé hier, lorsque nous étions en recherche d’une auberge ou passer la nuit.

L’ambiance est toujours estivale, pourvu que ça dure 😉

Devant un supermarché en Argentine ( la bouche remplie d’empanadas ) :

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¡ El Calafate, El Chalten y el viento … !

¡ El Calafate, El Chalten y el viento … !

Apres notre deception du parc Torres del Paine, nous avons profite d’une pause a El Calafate pour nous reposer, nous soigner a l’occasion d’une visite a l’hopital de la ville (une grippe pour Jerome et des piqures d’araignees sur les doigts de la main gauche qui se sont infectees pour moi !), et bien evidement manger et cuisiner. On se rend compte a quel point notre moral varie en fonction de nos menus. J’ai donc utilise la cuisine de l’auberge pour faire des cookies et du pain perdu mais aussi de la viande de boeuf puisque que pour etre franc, l’une des meilleures viandes du monde est le boeuf Argentin.

Nous avons egalement fait la rencontre d’une charmante francaise, Severine, a l’auberge. Immigree comme nous, elle vit depuis 10 ans a la ville de Quebec et est originaire de Savoie. Nous avons passe une fin d’apres-midi a discuter de nos experiences au Canada mais egalement de nos voyages respectifs en Amerique du Sud. Elle a eu un coup de coeur pour le parc Torres del Paine et y a fait du volontariat pendant 3 semaines ( reamenagement des sentiers de randonnee ).

Nous decidons de ne PAS aller voir le glacier Perito Moreno. En effet, le glacier fait l’objet d’une exploitation touristique maximum et les cars de touristes affluent tous les jours devant la langue glaciaire de ce geant glace. Nous prenons conscience que le bourrage de crane touristique, via les guides, les agences touristiques et les centres d’informations ne correspond absolument pas a ce que l’on veut faire de notre voyage. Nous repartons donc d’El Calafate en velo, un jour sans vent ! (fait sufisament rare pour etre signale). Le paysage est desertique mais nous avancons bien et apres 70 km, nous nous arretons au poste d’entretien des routes. Nous avions dans l’idee de camper derriere la maison. Roberto nous acceuille avec un large sourire et nous donne sa benediction pour camper. Finalement apres 15 minutes il nous offre une chambre dans sa maison: ” Vous dormirez mieux !” nous lance t-il ! Il nous prouve a nouveau a quel point les Argentins sont chaleureux et hospitaliers, on partage ensemble le the, le mate, du pain, du dulce de lecche (confiture de lait), des empanadas (chaussons fourres au fromage, a la viande … et cuits au four). Roberto aime la compagnie des gens de passage et nous fait signer son cahier dans lequel de nombreux autres cyclo-touristes ont fait une halte chez lui.

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¡ Muchas Gracias Roberto !

Apres une bonne nuit dans un lit, nous repartons le lendemain, le vent s’est leve. Il est de face et nous ralentit plus ou moins. La route n’etant plus asphaltee sur cette portion, nous avancons doucement mais surement. Une pause d’une heure en plein milieu de l’apres-midi s’impose alors que les rafales se font plus violentes et soulevent le sable, tels des nuages d’insectes …

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Puis nous retrouvons de l’asphalte en fin d’apres-midi et le vent dans le dos. Nous parcourons une vingtaine de km en 30 minutes, le temps que la route pour El Chlaten ne nous force a retrouver un vent de cote … je ne sais plus vraiment de quel cote il vient mais il nous fatigue beaucoup ! Pas un arbre, pas une riviere en vue, seulement une pampa desertique balayee par les vents Patagons. En debut de soiree nous trouvons refuge a cote d’un enorme bloc de pierre qui, solitaire, sert d’abri a la faune environante (autruches, guanacos, moutons …) Nos reserves d’eau nous ont permis de bivouaquer sans riviere. La nuit fut courte et agitee, le bruit de la tente pliee sous les rafales nous reveille a plusieurs reprises.

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Le lendemain nous partons dans la tempete … c’est difficile de debuter une journee de velo dans ces conditions. Notre moyenne est de 6km/h, je vous laisse imaginer la force des bourasques. On avance peniblement, le summum est atteint avec 5 km/h pour moi en pleine descente. Ca peut faire sourire mais sur le coup je ne souriais pas trop. J’etais plutot fatiguee de devoir lutter contre les elements et de savoir que, malgre mes efforts, je ne sortirais pas victorieuse du combat. Apres 24 km eprouvants, Jerome arrete une voiture et c’est dans un vehicule conduit par un charmant couple d’Argentins originaires de Comodoro Rivadavia que nous avons parcouru les 60 km restants. Il y avait dans le vehicule 2 bretons voyageant en stop, ce trajet improvise fut l’occasion de faire leur connaissance et d’echanger sur nos itineraires respectifs. Quant a Jerome, c’est dans l’arriere du pick up, coince entre nos montures et les sacs a dos des bretons qu’il a decouvert le paysage montagneux de El Chalten, notre prochaine etape.

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El Chalten est la capitale nationale de la randonnee, c’est en fait un petit village de 2 ou 3 000 habitants, love au pied du mont Fitz Roy et du Cerro Torre. Les routes sont en terre, il n’y a pas de banque mais les boutiques d’articles de montagnes, les restaurants et les auberges sont nombreuses. En effet, le site attire les randonneurs du monde entier, enfin seulement ceux qui ont les moyens de se payer le voyage. Et vu le prix de certaines chambres d’hotel il y a de quoi halluciner ! Les 2 auberges dont j’avais note l’adresse etant completes, nous nous installons sur un site de camping gratuit. Nous achetons deux douches le lendemain dans une auberge de jeunesse et comme a notre habitude nous mangeons bien. La lutte ventee de ces derniers jours nous a creuse et nous engoufrons joyeusement Bife de chorizo, escalope milanese, gateau au chocolat et a la confiture de lait … en bref on a pense rebaptiser notre site ” mange moins vite ” 🙂

Le but de l’escale etant aussi la randonnee, nous avons decouvert hier des massifs superbes, baignes dans la lumiere matinale. Pas d’affluence, nous nous sentons comme 2 poissons dans l’eau.

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Puis nous sommes sortis des sentiers battus du parc pour grimper une montagne et decouvrir, en marchant le long de la crete, le Mont Fitz Roy dans toute sa splendeur. Le paysage est beau, solitaire et mysterieux. Toute la poesie qui se degage du panorama nous envoute !

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Pour ne pas perdre les pedales 😉 !!, le vent souffle a nouveau aujourd’hui et nous rappelle que notre route se poursuit toujours face a son souffle. Notre experience en Patagonie nous aura au moins appris a etre patients … n’est ce pas Jerome !!!

Carte

Pedale moins vite en Terre de Feu

Lundi nous avons mis du temps a preparer nos affaires pour le grand depart ! Nous n’avons debute les coups de pedales que vers midi. Le soleil est de la partie et le vent absent, c’est le bon moment pour decoller. Maria de l’auberge Abra Ushuaia nous embrasse chaleureusement apres avoir fait une photo.

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3 minutes apres le depart, Jerome s’arrete sur le port d’Ushuaia, la remorque est trop lourde et les sacs lateraux pas equilibres. Nous repartons apres 5 minutes, pour de bon cette fois ci !!

La route qui nous mene vers le village de Tolhuin est belle mais nous devons deja affronter un premier col. Nous le franchissons en fin d’apres-midi sous la pluie. Apres 50 km nous nous arretons dans le minuscule village de Petrel et nous campons derriere le poste de secours avec la benediction de Martin … Martin, sauveteur de garde avec son equipe, nous propose, des le lendemain un mate, des croissants, des escalopes milanaises, une macedoine …. on se quitte mardi a 12H30, le ventre plein et le coeur rechauffe par la gentillesse des gens du pays. Nous avalons les km et parcourons 50km supplementaires, avec le vent dans le dos 🙂

Puis les choses ont ete plus difficiles lorsque le 3eme jour un fort vent d’ouest nous ralentit. Je ne compte plus le nombre de fois ou je suis tombee du velo. Jerome et moi passons une journee a crier, jurer contre ce maudit vent. Au bout de 33 km et de 2H40 d’efforts intenses, nous nous arretons dans un champs. Je suis epuisee mais la beaute du paysage nous fait vite oublier les difficultes de la journee. La pluie fait disparaitre le vent et en fin d’apres-midi une douce lumiere nous reconforte. Je m’endort, videe, dans l’herbe :

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La nuit est reparatrice, et nous nous reveillons au son des oiseaux ( buses, perruches … ) quelques vaches et moutons nous observent ! Le vent a pratiquement disparu et nous profitons de cette acalmie pour repartir. Il fait beau et les paysages sont agreables. Puis le vent se leve a nouveau, de face cette fois. Nous redoublons d’effort pour parcourir les 84 km qui nous separent de Rio Grande. La cote Atlantique est superbe, l’eau couleur Emeraude, nous faisons connaissance avec les guanacos. Cette terre, malgre la rudesse de ses conditions meteorologiques nous plait. Les camions nous encouragent regulierement en nous klaxonant. Les Argentins sont des gens tres chaleureux.

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