De retour au Chili

De retour au Chili

Le 14 avril nous reprenons la route qui nous mène … aie aie aie au Chili. En effet on est tristes de quitter l´Argentine (surtout après les jours merveilleux sur le volcan Lanin). La douane Argentine est un chalet ou un chien dort tranquillement devant la cheminée de la pièce principale. Une bonne odeur de cuisine (de la “carne” évidement) s´échappe de l´endroit. Après avoir fait tamponner nos passeports, on se dirige vers la douane chilienne distante de 1 km par le col Mamuil Mallal (1200 mètres). Le contraste est flagrant, le bâtiment chilien est froid et ressemble à un aéroport ! Un douanier un peu suspicieux fouille toutes nos sacoches alors que nous n´avons rien déclarer ! Il passe même nos sacs a dos aux rayons X au cas ou nous ayons oublie une laitue dans nos affaires ;} Bienvenue au Chili !!!!

La route est très mauvaise et certaines portions sont presque pires que la Carretera Austral ! On ne s´attendait pas du tout a ça et on commence a regretter d´avoir quitte l´Argentine. Les chiens, agressifs, nous courent après ou pissent sur nos sacoches. Les travailleurs en bord de route nous regardent comme si nous venions de Mars … C´est sur on est Chili.

Le lendemain nous retrouvons de l´asphalte, des cochons et des poules vaquent a leurs occupations dans le bas-cote. Nous arrivons a Pucon en milieu d´après-midi sous le soleil. Le volcan Villarica est imposant, le cote intéressant de ce volcan est son cratère d´ou l´on peut voir de la fumée s´échapper : il est en activité constante.

L´auberge ou nous nous arrêtons est presque vide, sans charme. Sur une table quelques revues dont une qui nous choque : Pinochet et sa fille en couverture !!!!!!!!!! La revue ( le “Gala” local ) date de 1995 et on peut y voir toute la famille Pinochet au mariage de la fille ). Des le lendemain nous quittons l´endroit pour un hospedaje chez un couple de 70 ans. Au moins chez eux il n´y a pas de photos du dictateur.

A Pucon nous pensons trouver des piolets, que nenni. Les nombreuses agences de tourisme ne vendent pas leur matériel. De plus, l´ascension du volcan ne peut se faire qu´avec un guide ! On a ici la démonstration de l´exploitation a outrance d´un site naturel. Lorsque le temps le permet et en pleine saison touristique, il n´y a pas moins de 100 personnes sur les pentes du volcan. C´est le volcan le plus “grimpe” de toute l´Amérique du Sud. Voir le cratère et l´activité du géant m´intéresse, payer un guide et passer par une agence m´emballe beaucoup moins ! Je me tâte, j´hésite et finalement je m´inscris auprès d´une agence ( après avoir négocié et obtenu un rabais ) pour faire l´ascension avec un guide. Jérôme quant a lui refuse de m´accompagner. Monter avec un guide ne le branche pas du tout.

Le 18 avril je me rends donc seule, a 7 heures du matin, a l´agence ou 6 autres personnes sont, comme moi, tombes dans le panneau ! Le temps est nuageux mais nous décidons malgré tout de tenter l´aventure. Et quelle aventure !!!!! Nous ne sommes pas nombreux ce matin, seulement 40 personnes au pied du volcan. Certains montent en pull et en jeans, lunettes de soleil tendance sur le nez. L´Anglais est de rigueur. Plus nous grimpons, plus le nombre de participants diminue, certains abandonnent a l´arrivée du télésiège (et oui c´est une station de ski aussi). 80 $ pour monter sous un télésiège ça fait cher !!

Les plus résistants et intrépides s´accrochent et arrivent jusqu´au pied du glacier. Les nuages sont bas et le vent plus fort. Les guides équipent chacune des personnes de leur groupe avec les crampons tel un adulte qui noue les lacets de la chaussure d´un enfant. Moi je mets mes crampons toute seule et comme une grande. On finit par grimper sur le glacier, les nuages nous enveloppent petit a petit. Parfois on aperçoit une crevasse … Après 1 heure de montée, notre guide prend la décision de redescendre, les conditions météo sont trop mauvaises. Ce jour la personne n´a pu admirer le cratère du Villarica et la tristesse se lit sur certains visages. Moi aussi je suis un peu déçue mais ce sont les aléas de la montagne.

De retour a Pucon, je retrouve Jérôme dans un cyber-cafe en train de chercher une adresse d´auberge a Santiago. En effet, nous avons décidé de rejoindre Santiago pour se procurer des piolets et quitter la région. Autant la vie est chère au Chili, autant se déplacer en bus est bon marche. Nous passons donc une nuit dans le bus qui nous conduit dans la capitale a 800 km au Nord.

Nous arrivons a la gare routière a 7 heures du matin et contrairement a ce que l´on pensait, la circulation en ville est loin d´être désagréable. On trouve même une piste cyclable qui nous mène au centre ville ! Après plusieurs tentatives, nous finissons pas trouver un endroit agréable ou résider. A Santiago on retrouve la chaleur, 27 degrés. On fait la connaissance, par hasard, d´un jeune couple de français arrives récemment a Santiago pour une durée de 1 an. Leur statut d´étrangers leur vaut le droit de payer 2 fois plus cher qu´un chilien le loyer de leur appartement . Ça ne nous étonne pas.

Nous trouvons nos piolets dans un centre commercial entièrement dévoué au sport. En effet, les boutiques de tennis et de golf côtoient les magasins de “plein air” et de chasse. Des mini yatchs sont exposes dans le centre du bâtiment : c´est l´empire de la consommation pousse au maximum. Les clients, des bourgeois dont les 4×4 sont gares dans le parking souterrain, admirent les vitrines et dépensent sans compter. On n´avait pas encore découvert cette facette du pays. Le contraste avec les villages du sud est immense. On a vraiment l´impression d´être dans un autre pays.

Le Chili, terre de contrastes !

Le volcan Osorno

Le volcan Osorno

Suite a la mésaventure culinaire de Jérôme, nous prenons quelques jours de repos a Puerto Varas. Après 48 heures, nous repartons en forme et bien décidés a poursuivre notre voyage. Nous sommes en quête d’un endroit paisible dans les montagnes. Nous prenons donc la direction de Petrohue a une soixantaine de km de Puerto Varas. Nous sommes en fait dans un “couloir” touristique et des bus bondes de voyageurs de toutes les nationalités nous dépassent: c’est mal parti pour la tranquillité !

Finalement nous campons au bord du lac Los Santos et l’endroit se révèle très agréable. Le lac est entoure de montagnes et au loin, a 30 km, on devine l’Argentine. Malgré les attaques de moucherons, nous profitons des couleurs rougeoyantes du coucher du soleil.

Le lendemain, nous partons a la découverte du volcan Osorno. Sa forme presque parfaite est envoutante et mystérieuse a la fois. Nous marchons dans un champ de lave puis remontons l’une des pentes du geant. On s’élève petit a petit et derrière nous, le panorama sur le lac et les chaines de montagnes se dessine.

On se pose au bord d’une rivière couleur chocolat qui descend tout droit du sommet. Nous sommes seuls et on profite du silence des lieux. De retour au camping des nuages apparaissent et s’installent sur les sommets qui délimitent le Chili et l’Argentine. Est-ce que la pluie va troubler la quiétude de Petrohue ?

Ce n’est pas une pluie qui s’abat sur nous dans la nuit mais une véritable douche. Il pleut tellement que la route que nous avions emprunte 2 jours auparavant est coupée : l’une des rivières a doublé de taille et de débit. Les bus et voitures sont stoppées des deux cotes de la route. Certains prennent des photos … nous, tels 2 habitues de ce genre de situation, nous traversons la rivière sans problème. En 5 minutes nous franchissons l’obstacle sous les yeux des vacanciers un peu frustres de ne pas pouvoir poursuivre leur route.

Nous continuons donc notre chemin, des litres et des litres d’eau se déversent sur nous et nous arrivons dégoulinant a Ensanada ou une chambre dans un joli “hospedaje” tout en bois nous attend. Ensanada est au bord du lac Lanquihue et depuis la plage, nous pouvons encore admirer le volcan.

Au coucher du soleil la pluie a cesse, le ciel est dégagé et la vision sur l’Osorno est presque irréelle.

On trouve ce volcan tellement envoutant que l’on décide de monter a la station de ski un peu plus haut. En fait c’est “bien plus haut” qui convient a la situation car nous avons mis presque 5 heures a grimper jusqu’au refuge “Telski”. En effet, les chiliens n’ont pas fait dans la dentelle en construisant la route: il n’y a presque pas de virage et la moyenne de la pente est a 10% avec un pic a 17% ! J’ai du mal a trouver mon rythme et la première heure je stoppe toutes les 5 minutes pour reprendre mon souffle. Finalement je finis par pédaler sans encombre et nous arrivons en fin de journée au refuge ou la vue est tout simplement merveilleuse. Derrière nous le volcan, devant le lac. J’ai l’impression d’être dans un avion … nous ne sommes qu’a 1200 mètres !

Le lendemain, nous grimpons un peu plus mais a pied cette fois. Nous remontons les pentes couleur noire et rouge du géant. Malheureusement l’ascension du sommet est interdite depuis peu, la chaleur inhabituelle (réchauffement climatique oblige) a créée de nouvelles crevasses sur le glacier et toute tentative de sommet est dangereuse. On se contente donc de monter jusqu’au glacier et d’écouter les craquements de la glace. Cette montagne est belle et bien vivante et c’est ça qui me fascine autant !!

En redescendant de l’Osorno, nous rencontrons ( a 1800 mètres dans une ancienne coulée de lave ) 2 couples de français d’Annecy et Grenoble ( décidément ) qui finissent leur voyage au Chili le lendemain. On discute, le courant passe tout de suite. Ils nous offrent un café et au fil de la discussion on découvre que l’un d’entre eux connait Kuujjuarapik car il a eu la chance de relier Kuujjuarapik a Iqualuit en chien de traineau. Ça parait invraisemblable, le monde des Rhône-Alpins est petit !

En fin de journée, nous prenons une nouvelle fois la direction d’Ensanada et nous descendons en 30 minutes la route que nous avions mis plus de 4 heures a grimper la veille. Une belle descente avec le lac en panorama.

Ensanada est le lieu rêvé de la contemplation … les pieds dans l’eau et la tête dans les nuages.

Voici le passage dans la boue :

L’Amerique Latine a velo : les choses a ne pas faire volume 3

L’Amerique Latine a velo : les choses a ne pas faire volume 3

On roule par une belle après midi ensoleillée, sur une belle route entourée de beaux arbres et de belles baies, pousses par un vent modéré. Je reconnais des belles mures et la tentation est trop grande et j’en avale quelques poignées, et reprend ma route.

Le soir arrive avec son bon repas et sa nuit réparatrice ,mais je me sens plutôt mal et ne mange pas, préférant dormir tout de suite. Mais voila le sommeil ne vient pas, car on est dans un camping remplit d’adolescents qui font un raffut du diable, et mon ventre gargouille…

Attention la suite est interdite aux enfants.

12h00 : Aie aie, Je suis oblige de me précipiter aux toilettes, peuplées par des gens trop saoul (pour être honnêtes), pour me soulager de mon mal. Mais je me vide comme une chambre a air trouée, Nelly essayant de me rafistoler avec des rustines (smecta et co.) mais rien n’y fait, je suis définitivement a plat !

01h00 : Nelly se rend alors chez les gérants du camping, et la ça devient intéressant et comique :

  • Pouvez vous appeler un médecin : après 15 minutes pas de médecin la nuit
  • Pouvez vous appeler une ambulance : après 30 minutes d’attente le verdict tombe : pas d’ambulance

02h00 : Comme je suis mal en point et je gèle (jamais eu aussi froid, même au Nunavik) sous la tente je me propose d’entrer dans la maison, et je me pose dans le canapé, ou plutôt je me vautre.

02h10: Je demande si je peux me coucher sur le matelas au sol, j’obtiens un “oui” ouf. Nelly est partie avec le gérant chez les gendarmes pour trouver une solution !!

02h15 : Je tente de demander un verre d’au car j’ai très soif, en fait je suis complètement déshydraté, et là la discution dure 5 minutes, elle me demande si je veux de l’eau de source ou gaseuse… etc

02h20 : j’obtiens un verre

02h25 : je demande un 2ieme verre

02h26 : j’obtiens le 2ieme verre

02h45 : Nelly revient, il n’y a pas de solution a notre problème. Le camping en question est a 20 km de l’hôpital …

02h50 : Les gens se succèdent dans la maison comme dans une pièce de théâtre, nous donnent de l’espoir, puis repartent, en expliquant que la solution suggérée ne fonctionnera pas (voiture perso, taxi, etc…)

03h00 : je suis sec comme un cochonou, je ne bouge plus, j’arrive pas bien a me lever, donc je dors.

03h45 : je me réveille, toujours pas de solution et tout le monde est au dessus de moi a me regarder, j’observe des tableaux de Jesus au mur et je dis dans un espagnol brillant, pour détendre l’atmosphère :

  • Moi : “Des spécialistes pensent que Jesus est mort de déshydratation sur la croix c’est drôle non”.
  • La gérante : ” Jesus n’est pas mort”
  • Moi : “Moi non plus je n’ai que 31 ans ca me laisse 2 ans”.

On a bien rit, c’est vrai !

04h00 : quelqu’un dit : une ambulance arrive !

04h15 : l’ambulance est la, l’infirmière vient a moi, me soulève avec le gérant, et m’entraine vers l’ambulance. Mais avant de franchir la porte elle me demande ” Au fait, as tu de l’argent ?” La j’étais sur les fesses au propre (quoique…) comme au figuré : je ne tenais plus debout,et je ne croyais pas ce quelle venait de dire. Nelly répond, et on part.

04h45 : On arrive a l’hôpital, et on me prend en charge, ouf Simplement une perfusion pour me réhydrater avec un médicament.

05h30 : Comme ma perf est terminée on nous met gentiment a la porte en nous demandant le numéro de carte bancaire avant … et on se retrouve a la rue a errer pour trouver un taxi qui pourrait nous ramener au camping. Le gérant est venu avec nous, ce qui facilite la tache ! On nous explique que les mures cueillies sous le soleil sont toxiques !!

06h00 : Grâce a cette explication, on se couche moins bêtes qu’au lever sous notre tente, éreintés.

08h00 : on se réveille avec Elvis Presley dans la tente, les Chiliens aiment la musique et la mette a fond des le réveil. “Looove tennnder looove me truuue”

Voila depuis on se repose, on mange plus de mures au soleil et on va acheter des boules Quies.

Une drôle de caravane

A notre arrivée à Chaiten, nous sommes un peu pris de court. Je m’explique, notre chauffeur pas complètement muet nous explique qu’il prend le ferry le soir même pour Puerto Montt. Nous n’avons plus qu’a nous procurer 2 places pour rejoindre Puerto Montt et espérer trouver des sacoches de vélo. Seulement la petite agence de ferry est bondée en cette fin d’après-midi et il n’y a pas de places disponibles avant 1 semaine. On savait qu’il y avait des touristes dans cette région mais pas au point d’imaginer une attente d’1 semaine pour prendre un ferry. Pour arranger le tout, le chauffeur nous donne rendez-vous 2 heures plus tard et s’en va avec nos velos et nos affaires avant que l’on ai pu dire ouf !!! Il est 19 H, nous sommes a l’heure pour notre RDV avec le chauffeur. Mais pas de camion en vue … 5 minutes, 10 minutes puis 15 minutes passent ! Je commence déjà a imaginer comment expliquer le vol de nos vélos aux “Carabinieri” de la ville… L’engin de 2 tonnes arrive finalement, c’est le soulagement.

Comme si nous n’avions pas eu assez d’émotions ce jour la, nous acceptons l’invitation de 2 chiliens rencontres dans le restaurant ou ils travaillent. Lorsqu’on leur demande conseil sur les auberges du village, ils nous proposent de venir chez eux. On accepte mais en arrivant dans la maison, on se rend bien compte que l’endroit ne leur appartient pas. C’est le logement du patron du resto. L’un des 2 est chef cuisinier et sa spécialité est la cuisine française. Ça tombe bien, il semble que nous ayons des atomes crochus.

…. ERREUR …

Le lendemain matin, l’un des chiliens rentre sans frapper dans la pièce ou nous dormons et nous annonce que nous devons partir tout de suite. On avait senti le coup venir et en moins de 15 minutes nous disparaissons en maudissant les Chiliens. Le film de Chaplin “Les lumières de la ville” relate exactement ce qui s’est passe, spécialement lorsque Chaplin, le lendemain de fête, se fait virer comme un … clochard.

Nous parvenons malgré tout a trouver une auberge digne de ce nom pour la nuit suivante, nous faisons d’ailleurs la connaissance d’un touriste allemand qui a réussi par je ne sais quel miracle a acheter une place sur le ferry normalement complet ! On n’en croit pas nos oreilles.

Nous prenons donc un bus depuis Chaiten pour rejoindre Caleta Gonzalo d’ou nous prenons un autre ferry pour Hornopìren. A Hornopiren nous trouvons un bus pour Puerto Montt ou nous arrivons en fin de journée. Cet itinéraire non prévu nous a permis de découvrir le site du Parc Prive Pumalin. Ici on a l’impression d’être dans la foret équatoriale. Le camping du parc vaut le détour a lui seul : pont suspendu en bois, rivière de toute beauté …. je profite de cette pause pour soigner ma tendinite dans l’eau très fraiche de la rivière

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Des notre arrivée a Puerto Montt, plusieurs femmes nous proposent leur “hospedaje” alors que nous essayons tant bien que mal de ranger toutes nos affaires sur nos vélos. Nous refusons toutes les offres et préférons visiter avant de nous décider. Puerto Montt est une grande ville et les auberges ne manquent pas. Seulement tout est complet !! Après 5 demandes infructueuses nous finissons par trouver une chambre dans un endroit qui ressemble davantage a une maison de retraite. Une bonne de 75 ans d’origine Mapuche travaille toute la journée : ménage, cirer le parquet, faire la vaisselle, fendre du bois, préparer la confiture pour le petit déjeuner. On est choque de voir cette minuscule dame dont les rides sont aussi nombreuses que ses années travailler toute la journée … Dehors c’est pas mieux, des hommes ivres de bon matin dorment sur le trottoir. Toutes les maisons sont baricadées et cadenassées. L’ambiance qui règne dans la ville est déprimante. Heureusement nous trouvons des sacoches de vélo, nécessaires a la poursuite de notre voyage !

En reprenant la route pour Puerto Varas, nous faisons face aux obstacles … en effet quitter une ville de plus de 100.000 habitants en vélo c’est pas facile, surtout a l’heure de pointe. Nous empruntons une voie rapide, grimpons un peu car il y a une colline qui surplombe la cite. Nous admirons un feu en bord de route et évitons de justesse un bouchon !!! Après 20 km ( parcourus en moins d’heure : c’est le bonheur une route asphaltée ! ), nous prenons la sortie de Puerto Varas et nous nous trouvons face a un péage !!! Les camions, voitures et même tracteurs doivent s’acquitter d’un droit de passage mais pas nous. A 10 mètres la receveuse du péage me fait de grands signes a droite … les bicyclettes c’est gratuit . Puerto Varas est bien plus agréable que Puerto Montt, ici c’est ambiance vacances d’été et le beau volcan Osorno nous fait les yeux doux.

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Le seul hic c’est la roue de la charrette que nous n’arrivons pas a vendre, malgré l’annonce qui trône a l’arrière du vélo de Jérôme !

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L’histoire de notre remorque

Comme vous le savez, notre remorque a cesse definitivement toutes ses activites entre Chaiten et Villa Santa Lucia. Parler du materiel n’est pas vraiment ce que prefere lorsque j’ecris sur le blog, mais la charette a donne une autre direction a ce voyage: nous forcant a plusieurs reprises a reparer et de ce fait a faire la rencontre des artisans, ferrailleurs et soudeurs du Chili.

Les premiers signes de defaillance sont apparus sur la Carretera Austral, entre Villa O’Higgins et Cochrane. La route entre ces 2 villages n’est pas asphaltee, cailloux, gravier et taule ondulee sont au rendez-vous. Il y a egalement un col, des montees et descentes facon “montagnes russes”.

Les sacs etanches ont ete troues a plusieurs endroits par des projections de cailloux. Le filet dans lequel nos affaires etaient rangees s’est troue aussi. Les coutures et la sangle de rangement sur le dessus ont cede: Jerome a dailleurs perdu la tente en pleine descente lorsque la sangle s’est dechiree ! La tente a survecu heureusement …

Le tissu qui protege la roue s’est egalement troue ( c’est un vrai gruyere cette remorque ! ) et le garde-boue a cede aux assauts des cailloux !

Les arceaux en fibre de verre ont casse (des 2 cotes) et nous avons du demander a un soudeur de Coyhaique de renforcer l’armature generale de l’engin. Apres intervention de notre sauveur, la remorque faisait le double (!?) de son poids mais etait fin prete a affronter les difficultes de la route.

Elle a tenu bon pendant 1 semaine avant que le tube en acier la reliant au velo de Jerome ne se casse en deux ! Ne pouvant plus l’attacher a notre monture, nous avons du l’abandonner sur un chantier en bord de route. Nous avons quand meme recupere la roue qui elle est en bon etat 🙂 Tout n’est donc pas a jeter dans cette charette 😉

Les photos de la malheureuse defunte sont visibles dans la section materiel.

Voici une partie en anglais pour Extrawheel, ils amelioreront peut etre leur produit avec ceci :


Our trailers lasts 2 months (1500 kms, 1000 of gravel sometimes with big washboards)

Here is the list of broken items, sorted by date :

  • kick realease opens by itself.
  • loading is long and boring.
  • when the trailer went of the bike (we had strong wind and it happens 2 times), the fork damage the rear spokes or rear shift (this is a very bad point)
  • had to grease the fork every 2 days, my hands were dirty every morning, unpleasant.
  • Descent on gravel are a bit dangerous, but i guess this is with all trailers.
  • the top strap breaks .
  • the tissue parts begin to touch the wheel !! (had to fix it with a steel welding : +3.5 kg !!!!)
  • both fiber glass poles breaks because of stone projection, then ripped the tissue part .
  • friction between dry sack and trailer made holes on the bags.
  • the mud catcher breaks, the loading was a bit complicated to do
  • finally, the main axe breaks ¡ouch !

Here is the end of the story

We think that this trailer is just perfect for a road trip, even a long trip, but we don’t recommend it on gravel parts. the 30 kg of max loading should be lowered to 20-25 kg for an optimal use. The wheel is very good and very strong (36 spokes), the tire seems to be good too.

Extrawheel team is just wonderfull, they answered all our questions, they send us a new trailer (we wont use it finally, we decide to go with rear and fronty racks + panniers), and finally they give us the money back (still waiting for the payment).

Les imprevus du voyage

La Junta est un village super agreable ou nous passons le week-end. Doris, la maitresse de la residence dans laquelle nous avons pose nos bagages se fait un plaisir de nous devoiler les secrets de la region. Nous apprenons, par son intermediaire qu’il y a un rodeo et que le village compte faire la fete tout le week-end. Nous faisons donc un tour dans les arenes et decouvrons le costume des cow-boy Chiliens. D’une elegance remarquable, ils font la demonstration de leurs talents de cavaliers et de gardiens … de vaches. Nous sommes les seuls etrangers parmi les spectateurs et cette immersion dans le monde Patagon nous fait du bien. Enfin un endroit sans touristes !!

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Le lendemain, nous partons avec les velos mais sans nos affaires sur la route du Rio Palena. Le chemin est difficile mais le jeux en valait la chandelle ! A pres 21 km nous trouvons enfin les thermes. Il n’y a qu’un bassin mais une fois de plus, on a l’impression de s’immerger dans la “vie” Patagone et de percer les mysteres de la region. L’eau est vraiment chaude (40 degres), a plusieurs reprises nous nous refroidissons avec l’eau d’un petit lac juste a cote. Mon visage rougit bien vite: la vapeur, la chaleur exterieure ( presque 30 degres ) et le periple en velo pour rejoindre le lieux ….

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Le chemin du retour est beau et paisible. Nous ne croisons presque personne et les montagnes environnantes sont imposantes.Peut-etre est-ce sur les chemins les moins populaires que la Carretera Austral livre ses plus beaux secrets ?!

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Nous quittons difficilement Doris et Marco lundi apres-midi, ils nous prennent en photo et nous offrent une selle en cuir … de 5 cm je vous rassure !!! C’est notre premiere rencontre aussi conviviale avec des Chiliens !

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Puis le temps se couvre mais il fait toujours aussi lourd. Nous suons a grosses goutes dans les montees, nous nous reapprovisionnons en eau a chaque riviere. Ici l’eau est bonne et belle. Nous ne savons jamais a l’avance qu’elle couleur le “Rio” nous devoilera.

Nous croisons aussi un voyageur au grand coeur, Julien Leblay. Ancien transfuse, a 26 ans Julien fait le tour du monde a velo afin de promouvoir le don du sang ! C’est une vraie star dans le monde des cyclo-voyageurs. Nous discutons pendant presque 1 heure au bord de la route et echangeons nos cartes de visite. L`adresse du site de Julien est visible dans la liste de nos liens.

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En quittant Villa Santa Lucia, le ciel se fait plus menacant. Nous debutons la journee sous une petite pluie, la route est tres pentue et c’est un peu difficile pour nos cuisses de fournir un tel effort. Je pousse le velo a plusieurs reprises … puis 20 minutes apres notre depart, la remorque casse definitivement !!! Cette fois ci nous ne pouvons plus rien pour elle 🙁

Nous reorganisons nos bagages et entamons une attente de 2 heures. En effet, faire du stop sur la carretera requiert une bonne dose de patience. La moyenne du trafic est d’1 voiture tous les quarts d’heure. En debut d’apres-midi un camion s’arrete et nous parcourons les 80 km qui nous separent de Chaiten dans un silence de mort que seule la radio chasse de temps en temps. En effet, le chauffeur n’est pas bavard ! Cette fois ci nous ne pratiquons pas notre espagnol.

Nous arrivons a Chaiten en fin de journee, la lumiere est ideale et nous en profitons pour faire des photos des bateaux de pecheurs. L’air iode, les coquillages sur la plage nous rappellent Kuujjuarapik. Les montagnes environnantes nous rappellent La Reunion !!

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Sans remorque, nous voila plus charges que jamais !!

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En extra : une petite video d’une descente de col (surement celle qui a acheve la charette)…