¡ Hasta luego Argentina, Hola Bolivia !

¡ Hasta luego Argentina, Hola Bolivia !

Nous avions entendu beaucoup de bien de Salta et effectivement nous ne sommes pas déçus. Ville agréable, il est plaisant de se balader dans le centre ville, de prendre un cafe au soleil sur une terrasse. En bref, on se laisse vivre et on se repose pendant 1 semaine. La place du 9 Juillet est un veritable havre de tranquillité, sous les orangers, nous nous prélassons devant un bon livre. Les bâtiments ont une architecture coloniale, les églises sont blanches, oranges, rouges. Il y a également de nombreux petits marches ou les produits “occidentaux” ( vêtements en polaire, montres bas de gamme, copies de films et de musiques ) côtoient les produits plus traditionnels comme les vêtements en laine d’alpaga ( pull, poncho, bonnet … ).

On se sent bien a Salta et on repousse a 2 reprises notre départ. Après 7 jours on décide de reprendre la route pour San Salvador de Jujuy: notre dernière ville avant la frontière Bolivienne.

Nous avons 2 options pour rejoindre Jujuy, l’autoroute ou une petite route de montagne. On opte pour la seconde, le paysage est un mélange du Doubs et du Pilat, il n’y a pratiquement pas de circulation et c’est vraiment plaisant de pédaler ainsi. En route on s’arrête acheter des “facturas” ( viennoiseries) a un boulanger très sympathique.

Nous parcourons les 100 km dans la journée et arrivons a la tombée de la nuit a Jujuy. L’hôtel ou nous nous posons n’est pas le meilleur choix que nous ayons fait ! En effet, les résidents hurlent jusque tard dans la nuit nous empêchant de nous endormir et mon matelas est infeste de punaises ou de puces, je ne sais pas trop. Je passe donc la moitie de la nuit a me gratter les bras et les jambes. Lorsque je réalise que je ne suis pas seule dans le lit je change illico presto de couchage , il est plus de 2 heures du matin …. Le lendemain, encore plus fatigues que la veille, nous nous levons tôt, préparons nos affaires et quittons l’endroit peu recommandable. Nous trouvons rapidement un “residencial” un peu austère mais propre.

Jujuy n’est pas une jolie ville, les 2 rivières ( Rio Xibi Xibi et Rio Grande ) sont plus petits qu’un ruisseau, les détritus jonchent les bords de l’eau et on se demande même si les bords de la rivière ne sont pas utilises comme décharge publique. Nous avons aussi une baisse de motivation (ça arrive !) et nous restons 3 jours dans la ville, a repousser notre départ.

Finalement on décide de prendre un bus jusqu’à la frontière a “La Quiaca”. On passe de 1200 mètres a 3500 mètres, le paysage ressemble, en moins joli, a celui que nous avons découvert a Antofagasta. De plus le vent est assez violent, on ne regrette pas de ne pas faire cette partie de la route en vélo.

La Bolivie est a 300 mètres de nous. Après un dernier café argentin, nous franchissons la frontière a vélo. C’est un joyeux bordel aux postes frontière et les locaux la passe comme si ils se baladaient, ils ne montrent aucun document … on est étonné ! Nous posons les vélos devant le bureau Bolivien, a peine entres dans le petit bâtiment, des personnes s’arrêtent devant nos vélos, essayent les freins … ça commence bien !! Je sors surveiller nos bicyclettes et nous faisons tamponner nos passeports chacun notre tour. Nous savons que le train pour Uyuni part dans l’après-midi mais nous ne savons pas exactement a quelle heure. De plus, nous n’avons pas de Bolivianos et devons absolument changer nos derniers pesos Argentins. Nous avons choisi le mauvais jour pour passer la frontière. En effet, tous les commerces ( y compris les maisons de change ) ont baisse le rideau. Un conflit sérieux oppose les locaux a la municipalité qui apparemment est corrompue et n’offre pas de travail. Les chauffeurs de taxi ont bloque les routes et tout le centre est occupe par des piétons. Les gens sont regroupes en petits groupes et parlent tout bas ! C est une drôle d ambiance qui me met mal a l aise. Je parviens quand même a changer quelques bolivianos dans un cyber cafe ( et je me fais voler, par la même occasion, de 30 Bolivianos !! ), c’est de mieux en mieux. Alors que je marche dans la rue principale de Villazon a la recherche d’un hotel, je remarque que des gens crient et des femmes courent de l’autre cote de la rue. J’accélère le pas, il faut vite trouver un endroit avant que le situation ne dégénère. On finit par trouver une chambre dans un “residencial” juste en face de la gare. Une douche coute 5 Bolivianos, on s’en passera ! Finalement il n’y aura pas d’émeute ni de soulèvement ce soir la.

Le lendemain, sur la place centrale, des banderoles et des drapeaux boliviens ornent la façade de la mairie. Les magasins sont tous fermes, les maisons de change également ! Un débat est organise dans l’après-midi et l’issue des discussions est primordiale pour nous. En effet, si un compromis n’est pas trouve, la ville restera bloquée et nous ne pourrons pas prendre le train pour Uyuni !!! Dans l’après-midi, tous les habitants suivent les discussions via une petite radio qu’ils transportent avec eux, certaines personnes, très en colère, se dirigent vers la frontière (qui est bloquée) et brandissent des barres de fer ! On observe tout ça de loin. A 18 heures c’est le soulagement, la vie reprend son cours, les magasins lèvent le rideau et certains groupes crient de joie … Ouf

On réussit enfin a changer de l’argent (sans se faire voler cette fois) et a acheter quelques provisions. Cette nuit la je dors très mal, je rêve de Boliviens en colère avec des barres de fer …. Cette situation m’a pas mal “travaille” et c’est la première fois depuis le début du voyage que je me suis sentie aussi peu en sécurité dans la rue ! Mercredi a 6 heures 15 du matin, alors que je venais enfin de m’endormir, quelqu’un tambourine a notre porte ! C’est le grand-père a qui nous louons la chambre. Je me lève, encore toute endormie, et lui demande ce qui se passe. Il m’explique qu’il y a déjà plein de gens devant la gare qui font la queue pour acheter un billet !!!! Je m’habille en 4eme vitesse et sors faire la queue, dans le froid matinal. A 6h30, il y a 10 personnes devant moi et 4 derrière. On patiente dans le silence. A 7h, un policier ouvre la porte de la gare et nous assigne a chacun une place assise. On s’exécute toujours dans le silence. A 7h20 le guichetier arrive, j’obtiens nos 2 billets a 7h45 sans problème.

A 15h, nous sommes sur le quai, les bagages encombrants doivent être ranges dans un wagon spécial. Nous laissons donc nos vélos, nos 2 sacs étanches et nos 2 sacs a dos aux mains expertes des employés du chemin de fer Bolivien. Notre train part a l’heure, il est 15h30. On est surpris du confort du wagon. Alors que nous avons acheté les billets les moins chers, nous nous retrouvons dans des sièges confortables, on a de la place pour étendre nos jambes. On a 10 heures de voyage devant nous et 400 km !

Le paysage est superbe, on découvre des canyons, des villages perdus au milieu de nulle part, des troupeaux de chèvres gardes par des gamins et des chiens. Dans la nuit, la lumière de la pleine lune nous offre un paysage mystérieux. J’ai l’impression de voyager sur la lune ! Par contre l’altitude me joue des tours et mon visage gonfle a mesure que nous nous élevons. Mon reflet dans la vitre me fait presque peur, au moins en vélo on prend notre temps et on s’acclimate mieux ! A Minuit nous arrivons a Uyuni a 3600 mètres, il ne fait pas trop froid. On récupère toutes nos affaires et on se dirige vers l’hôtel ou nous avons une réservation. Pas de bol, l’hôtel est complet et n’a pas pris ma réservation …. Il se trouve qu’ici aussi il y a des problèmes a cause de la mine et les routes ont été bloquées ! Les touristes censés partir en bus a Potosi n’ont pas pu quitter la ville. Comme Uyuni est une petite ville touristique, nous trouvons un autre hôtel pour passer la nuit. On s’endort vers 1 heure du matin, sous les 4 couvertures de notre lit !! Et oui il n’y a pas de chauffage ici et la température dans notre chambre avoisine les 6 degrés.

Le lendemain mon visage est moins gonfle mais j’ai quand même l’air d’avoir 20 ans de plus ! Ça fait bizarre …. C’est jour de marche a Uyuni et on découvre les nombreux étalages sur la rue principale. On trouve vraiment de tout sur ce marche: des postes de Tv aux vêtements en laine d’alpaga, des savons aux oranges, des épices aux feuilles de coca. On a même trouve des “têtes de nègre”, on s’est évidement jeté dessus : 2 Bolivianos pour 4 gourmandises ( 0.20 centimes d’euros ! ) a ce prix la on ne va pas se gêner 🙂


En se baladant dans la ville, on découvre des tags qui font l’apologie de la Revolution Proletaire. Une statue trône devant la gare ferroviaire : elle représente un homme avec une faucille et une cle plate dans les mains. Je crois voir C.Chaplin dans le film “Les Temps Modernes”. Le soir, on hésite a manger dans un restaurant populaire, on ne sait pas trop si on peut faire confiance au cuisinier. Finalement on se retrouve dans un resto ouvert par un français !!! Jérôme se régale d’un steack de Lama avec une sauce au bleu. On fait la connaissance de Maxime et Beatrice. Jeune couple partis en stage avec leur école de tourisme pour 3 mois. Ça faisait bien longtemps que nous n’avions pas passe une soirée en “français” et ça nous a fait du bien. Le programme pour les prochains jours est l ascension du volcan Licancabur et la traversée du Salar d Uyuni en vélo … la suite au prochain épisode !



Dans la Puna

Dans la Puna

Le 25 Mai 2008, nous sommes réveillés à 7 heures du matin par la fanfare. En effet, c’est la fête de l´indépendance de l´Argentine et la ville de Belen s´est parée de ses plus belles couleurs (bleu et blanc). On est un peu surpris que la fête commence aussi tôt mais on apprend que ce jour la non seulement la fête débute de bonne heure mais elle finira très tard également.

Nous quittons donc Belen au son des grosses caisses en direction du petit village d´Antofagasta de la Sierra a plus de 250 km et 3500 mètres d´altitude. Lorsque on annonce aux gens que l´on se rend la-haut en vélo, ils nous prennent pour des fous : ” C´est vraiment très haut, il fait froid, la route est en mauvais état …” Mais têtus que nous sommes nous partons quand même. Le 1er jour nous nous arrêtons après 80km a Villa Vil. On découvre un village paisible au pied des montagnes.

Le lendemain les choses sont un peu plus difficiles car la route n´est plus asphaltée et ça commence à grimper ! On croise quelques bus locaux mais la région reste peu visitée et on avance tranquillement On arrive a Barranca Larga en milieu d´après-midi. En discutant avec le couple qui tient l´épicerie, on s´arrange pour laisser un sac a dos. Il nous est inutile pour les 3 prochains jours et il montera avec le bus le lendemain : ça nous fait ça de moins a porter, un léger soulagement. Le soir on arrive a 3000 mètres au sein du minuscule “Los Nacimientos”. On demande la permission de camper au bord de la rivière a un jeune qui fend du bois. On se retrouve donc au milieu des chèvres, sous un magnifique ciel étoile.

Le 27 mai nous entamons une montée plus raide que les jours précédents vers ce haut plateau qu´est la Puna. La route est asphaltée de nouveau et c´est donc plus facile de grimper: ouf ! On découvre une montagne de sable qui surplombe un sanctuaire de la Diffunta Correa. A l´intérieur une bougie brule, certainement allumée par le chauffeur de l´unique véhicule croise en 2 heures. Puis c´est l´émerveillement lorsque nous croisons nos premières vigognes ( camelides cousines du lama ). Les vigognes sont une espèce protégée, sa laine particulièrement douce et chaude est très prisée ! Le paysage est largement a la hauteur des efforts fournis. On découvre des montagnes de toutes les couleurs, la laguna blanca. On en prend plein les yeux et on n´en revient toujours pas de se retrouver seuls dans un décor aussi merveilleux.

 

Dans l´après-midi un vent violent se lève et soulève des quantités impressionnantes de sable. Plus on essaie de pédaler et plus on est ralentis ! Le vent se fait de plus en plus violent et rapidement tout devient difficile : pousser le vélo, marcher, ouvrir les yeux. Les éléments sont imprévisibles et a cette altitude il est habituel que le vent souffle aussi fort !

Après 2 heures de marche et seulement 3 km, on s´arrête épuisés et on campe en bord de route. La nuit a été bonne et on repart le lendemain a 7 heures, en espérant devancer le vent qui en général se lève en fin de matinée. Il fait froid ( on est a 3400 mètres ) et on est gelés, surtout les mains et les pieds qu´on ne parvient pas a réchauffer. De plus le temps est voile et les rayons du soleil n´arrivent pas jusqu’à´a nous ! La route s´élève progressivement et vers 10 heures on arrive au col de Pasto Ventura a 3800 mètres. Au col on est surpris d´être presque repousses par le vent de face toujours violent. La descente est difficile, je lutte contre les éléments qui décidément se sont lies contre nous ! Après 2 heures d´un combat acharne, je n´en peux plus. Le vent a eu raison de moi. On décide de faire du stop ou plutôt d´attendre qu´un véhicule nous monte a Antofagasta. Deux heures et demi s´écoulent avant qu´une camionnette de 2 géologues fasse son apparition. On ne leur laisse pas le choix, on a froid ! Ils nous prennent avec toutes nos affaires excepte les vélos. Le coffre du véhicule est plein et nous abandonnons lâchement nos vélos derrière un bosquet. Nous parcourons les 100 km restants au chaud, on découvre quelques uns des 200 volcans de la région, les champs de lave qui ont plus de 1000 ans. Le paysage est différent de ce que l´on a vu la veille mais toujours très surprenant.

Antofagasta de la Sierra est un village a plus de 3300 mètres d´altitude, les maisons sont en adobe, un lieu de vie difficile (surtout en hiver car il n´y a pas de chauffage dans les maisons) mais un peuple charmant, souriant et dynamique. On loge chez une famille, les parents ont plusieurs sources de revenus pour joindre les deux bouts. En plus de louer des chambres aux quelques touristes de passage, ils tiennent une boutique d´alimentation et travaillent également au “téléphone” du village. En effet, les maisons n´ont pas de téléphone et seulement 2 cabines sont disponibles pour toute la population. Autant dire qu´en fin de journée il faut faire la queue pour passer un coup de fil !

Le lendemain nous restons dans le village car nous avons 2 problèmes à régler : le premier est de savoir comment récupérer nos vélos laisses 100 km plus loin, le deuxième est d´essayer de retrouver notre sac a dos sensé être transporte par le bus et qui n´est pas arrive a destination. Le père de famille qui nous héberge se propose de faire la recherche de notre sac, de notre cote, nous cherchons un véhicule pour retourner à Pasto de Ventura. Finalement nous partons avec le maire du village dans le véhicule municipal ( contre un plein d´essence …. vu le prix du combustible, on fait la grimace mais on n´a pas le choix ! ). On retrouve nos montures en fin d´après-midi, a cote d´un énorme bœuf noir qui veillait sagement sur elles 🙂 Le soir, alors que nous cuisinons, Adolfo ( c´est le père de famille ) nous rapporte notre sac a dos ! Apparemment il est monte via un camion de fruits et légumes en provenance de Belen. C´est le soulagement.

 

Le 30 Mai nous hésitons a poursuivre vers le Nord: la route est annoncée comme très difficile et le vent est toujours très fort. On se questionne pas mal mais encourages par les locaux nous décidons de continuer vers le “Salar de l´hombre muerto” et la route de Salta.

On fait un petit détour par le volcan Antofagasta à 9 km du village. Du sommet, on a une vue superbe sur les nombreux autres cônes volcaniques. On comprend pourquoi il y a autant de scientifiques dans le village.

 

 


Après 2 jours mouvementés à Antofagasta, nous reprenons la piste nordique. Effectivement la route est en mauvais état (sable et taule ondulée) et on avance très lentement. Surtout moi qui ai une moyenne de 7 km/h ! On s´arrête après 30 km et on trouve le paysage encore plus beau que les jours précédents. On bivouaque par – 10 degrés …

L´altitude ne nous pose, par contre, pas de problèmes, hormis des essoufflements, chose normale. Heureusement qu´en milieu de journée le soleil nous réconforte de ses rayons ! Le 2eme jour on passe un col à 4500 mètres avec un vent de face, plus clément que ce que nous avons vécu auparavant. Les efforts fournis sont plus que jamais a la hauteur de la beauté qui se dévoile sous nos yeux.

Au matin du 3eme jour, on a toujours aussi froid au réveil et c´est franchement difficile de sortir du sac de couchage. On se motive, on a plus que 40 km a parcourir avant de rejoindre la salar. Puis le vent s´en mêle de nouveau et on passe plus d´1 heure a pousser les vélos, on est aveugles par le sable. Vers 14 heures, on arrive par miracle dans … une école !!!!! On se retrouve face a un bâtiment qui surplombe le salar. A l´intérieur 2 cuisinières, 1 instituteur et 7 gamins de 1 a 12 ans qui vaquent a leurs occupations dans une salle vétuste qui sert de cantine. La plus âgée des cuisinières (au moins 70 ans) nous offre 2 chaises au coin du poêle, du café et du pain. Une carcasse de mouton est accrochée au mur. Les enfants sont impressionnes de voir 2 “gringos” dans leur école et nous aussi on est un peu impressionnes de se retrouver dans ce monde presque irréel au milieu de “nulle part” ! 1 heure après notre arrivée, un véhicule arrive. En effet, il y a un échange de cuisinière et la plus jeune d´entre elles rentre sur Salar de Pocitos pour 3 mois de vacances ! On saute sur l´occasion et avec l´accord du chauffeur, on range nos affaires dans le coffre du véhicule. La route est encore longue et difficile, et je ne me sens pas la force nécessaire pour la parcourir en vélo. On découvre un paysage un peu plus monotone depuis le la vitre du véhicule. On arrive a Salar de Pocitos en fin d´après-midi. Nos réserves de nourriture sont pratiquement épuisées et nous attendons l´ouverture d´un “kiosque” pour nous réapprovisionner. Visiblement il n´y a pas de nourriture a vendre dans le village et nous repartons après maintes tentatives les poches vides ! Nous pensons camper un peu plus loin mais en route, Carlos qui est seul dans sa camionnette nous propose de nous conduire a “San Antonio de Los Cobres”. On accepte avec plaisir. On découvre une route complètement défoncée : on ne regrette pas ce nouveau saut de puce en voiture !

En milieu de matinée, alors que nous préparons nos vélos devant l´hôtel de “San Antonio”, nous faisons la connaissance de Dana, 6 ans. La gamine est visiblement très intéressée par nos sacoches et elle s´amuse a les compter. Elle est censée être a l´école mais c´est plus intéressant de discuter de notre trajet 😉 Alors que je range ma sacoche de guidon Dana aperçoit un paquet de gâteaux range dans mes affaires. Elle me demande un biscuit, je lui en donne un. En échange elle nous offre 2 jolies pierres roses ramassées dans les environs ! On dit au revoir a Dana et on se quitte sous la “chaleur” automnale.

Dans l´après-midi on passe un nouveau col a 3900 mètres puis nous entamons notre descente vers Salta, 2500 mètres plus bas. Le vent nous joue encore des tours et la descente est plus longue que prévue ! On parvient, après 1 journée et demi sur une route empruntée par des camions, a Salta. Ville a l´architecture coloniale, la cite a l´air très “riche” culturellement et nous pensons faire le plein de musées et de boutiques d´artisanat 🙂

Voici quelques illustrations :

Le pays des montagnes rouges et de la Pampa

Le pays des montagnes rouges et de la Pampa

Le 16 mai nous quittons San Jose de Jachal après une journée de repos et surtout après avoir cuisine des légumes achetés dans une petite échoppe de la place centrale. On en a un peu assez des pâtes et on se régale de carottes. de radis et de laitue ! En bref, nous reprenons la route, reposes et heureux d’avoir fait la connaissance de locaux charmants et intéressés par notre voyage. De plus, tous les habitants se déplacent à vélo et on se sent un peu comme un poisson dans l’eau ici !

 

 

Nous quittons donc San José au milieu d’autres cyclistes et après avoir vérifié notre itinéraire. Nous nous dirigeons vers un col, une trentaine de km plus loin. On découvre des roches et des montagnes rouges, du col on a un joli panorama sur la vallée ou nous allons rouler. Le paysage est troublant, on a l’impression de faire un retour dans la préhistoire !

Les formations rocheuses sont particulières également et on peut deviner des formes dans le roc qui longe la route. C’est un paysage précieux et préservé. Puis nous roulons sur une route droite, bosselée qui nous mène à Villa Santa Lucia. Le trafic est faible et c’est plutôt agréable de pédaler ainsi. Le paysage est attrayant également, des montagnes brunes et rouges au loin. Après 100 km on campe dans le lit d’une rivière complètement asséchée en peu en retrait de la route. Ce soir la on a droit a un joli coucher de soleil: les nuages roses s’inventent mille formes. La chaleur est la également et on profite de la lumière de la fin de journée pour boire un maté en face des montagnes.

Le lendemain, après seulement 3 km on passe une barrière sanitaire. On effet, on pénètre dans la région de La Rioja ou il est interdit de rentrer avec des fruits. Une maladie transmise par des mouches cause apparemment des problèmes dans toute la région. Un policier prend nos passeports, note nos noms sur une feuille et nous laisse partir pour le village de Villa Santa Clara. J’ai une banane dans ma sacoche de guidon mais ce fruit la ne pose pas de problèmes. On découvre donc Villa Santa Clara, petit village dont les arbres, arborant les couleurs d’automne, bordent la rue principale. Le niveau de vie des habitants a l’air plus élevé que dans les précédents villages traverses. Les maisons ont des jardins, des voitures sont garées devant les portes de garage. Il est a peine 10 heures et il fait déjà chaud. On se réapprovisionne en eau et en pain dans l’unique épicerie et on repart. On passe un col avec un léger vent de face. Les roches sont toujours rouges et nous sommes toujours enchantes par ce paysage.

Dans l’après-midi la température monte considérablement et on pédale par 40 degrés. Je dégouline littéralement, je suis aussi rouge que mon vélo … Une pause a l’ombre s’impose.

Finalement on fait une sieste a l’ombre d’un petit arbre. Vers 16 heures, la chaleur est un peu plus supportable. On enfourche nos montures … on grimpe un peu et on se retrouve devant une route en cours d’asphalte. On prend la déviation, un peu déçus de se retrouver sur du rippio ( chemin de terre ). On est Dimanche, il n’y a pas foule ! Et puis tant pis pour la déviation, la route en cours d’asphalte est bonne : on l’emprunte et on descend, les cheveux au vent, vers le village de Puerto Allegre. Derrière nous le vent assez violent soulève des nuages de poussière, ouf on l’a échappé belle !

On arrive a Puerto Allegre au coucher du soleil. On découvre un hameau de 5 familles. Ces familles vivent de la terre, ont quelques chèvres et des poules. La vie n’a pas l’air facile … on demande de l’eau dans la 1ere maison. Un gamin remplit nos bouteilles avec de l’eau gardée dans un grand seau. Il n’y a pas d’électricité ni d’eau courante. Une vie rudimentaire, proche des éléments naturels …. On campe après le village toujours dans le lit d’une rivière asséchée. Nos premiers cactus nous observent depuis la colline qui nous domine. Le sable est rose , envoutant ! Il fait toujours aussi bon et pour la première fois depuis bien longtemps nous mangeons dehors en face d’un feu allume pour l’occasion.

Dimanche matin arrive, nous grimpons dans des montagnes toujours aussi rouges, les cactus sont de plus en plus nombreux. La route de rippio n’est pas toujours évidente mais le paysage est tellement déroutant par ses couleurs que nous savourons cette montée jusqu’au col. Nous traversons plusieurs villages, croisons des troupeaux de chèvres. Au col a 2000 mètres, le vent s’est levé, on ne s’attarde pas et nous entamons notre descente vers Chilecito. La vallée que nous descendons est impressionnante une fois de plus !

En descente les km défilent vite, on se retrouve rapidement a Nonogasta. On poursuit vers Chilecito, on discute avec un père et ses 2 fils. Eux a cheval et nous sur nos vélos: “Suerte, Suerte” ( ils nous souhaitent bonne chance pour notre voyage ).

Nous arrivons a Chilecito en fin d’après-midi et nous sommes surpris de découvrir des centaines et des centaines de scooters. A contrario de San Jose de Jachal, les locaux se déplacent en scooter. Le vrombissement incessant des moteurs agresse nos oreilles. C’est une toute autre dynamique dans cette ville ! A l’auberge ou nous nous posons, nous faisons la connaissance de Magali. Magali vient de Bruxelle et voyage seule en Argentine depuis le mois de Mars. Le 19 mai elle fête ses 34 ans, on fête ça au restaurant tous les 3. Dans la soirée, un couple de cyclos Belges, amis de Magali, nous trouvent par hasard dans le resto et se joignent a nous. On partage nos expériences de voyage, nos galères de vélos …. La soirée se finit très tard dans la nuit mais Quelle Soirée !!! Encore 2 belles rencontres sur les routes de l’Argentine !

Après 2 jours de repos à Chilecito, nous reprenons la route pour Pituil puis Belen. Le paysage est plat, on roule sur des lignes de plusieurs dizaines de km. La monotonie du paysage est largement compensée par la gentillesse des habitants des villages que nous traversons. A Pituil, nous achetons a une vieille dame quelques tomates de son jardin. Elle est très intéressée par notre parcours et la discussion dure …

En route, nous voyons plusieurs sanctuaires dédiés à des “Saints”. Par exemple celui de la “Difunta Correa” ( Defunte Correa). Correa est une jeune femme qui cherchait a rejoindre son époux, elle est morte de soif dans la Pampa. Son fils de 1 an qui l’accompagnait a survécut en continuant de s’allaiter au son nourricier de sa maman alors que celle-ci n’était déjà plus en vie !!! Quelle tristesse cette histoire ! Depuis, les Argentins laissent des bouteilles d’eau dans des sanctuaires (petits ou grands) au bord de la route.

On découvre aussi un nouveau saint “Gauchito” et un sanctuaire aussi rouge que les montagnes que nous avons traversées les jours précédents !

Les Argentins sont très croyants et superstitieux. La religion a une place très importante dans le quotidien et la messe est souvent retransmise à l’extérieur grâce à des hauts-parleurs sur les façades de l’édifice…

Pour finir nous profitons d’une journée de repos a Belen pour souhaiter à nos 2 mamans une Joyeuse Fête des Mères !

La traversee du desert ( entre Uspallata et San Jose de Jachal )

La traversee du desert ( entre Uspallata et San Jose de Jachal )

Après notre détour au “Tibet”, nous repartons vers le Nord en direction de Barreal. L’information que nous avons recueillie au sujet de la route est : route asphaltée sur 12 km, du ripio (chemin de terre) sur 50 km puis a nouveau de l’asphalte sur les 40 derniers km menant a Barreal. Nous sortons donc du village et suivons la route qui longe des montagnes brunes, jaunes et blanches. C’est vraiment joli et on contemple la beauté naturelle qui s’offre a nous. La route grimpe un peu mais on ne se pose pas de questions, trop absorbes par les montagnes. Au bout de 17 km, alors que nous sommes toujours sur une route asphaltée, on stoppe. N’ayant vu aucun panneau d’indication on sort la boussole et on étudie plus sérieusement la carte. Le verdict tombe, on est sur la mauvaise route !!! Il est déjà 15h30, on décide de rester ou nous sommes et de camper au pied d’une montagne jaune. Du sommet, on a un joli panorama sur la vallée et on voit même la route que nous aurions du emprunter ! C’est pas grave, çà sera pour demain.

La route entre Uspallata et Barreal est très peu empruntée, il n’y a pas âme qui vive a des km a la ronde et surtout il n’y a pas d’eau. Nous transportons donc avec nous 4 litres de plus par vélo, ce qui fait un total de 6,5 litres pour moi et 7,5 litres pour Jérôme. Un paysage de steppes s’étend a perte de vue, entre la Cordillère et la Pre-Cordillère. On s’arrête en route pour visiter un site Inca, on est sur la route mythique des Incas qui remonte jusqu’en Équateur en passant par la Bolivie et le Pérou. On campe après 55km parmi les rongeurs qui habitent dans le coin.

Le lendemain nous poursuivons notre route, on attend avec impatience le retour de l’asphalte. Mais le chemin est “use” par les assauts du temps et du vent, et nous devons pédaler sur une route en très mauvais état : mélange d’asphalte délabré et de pierres. C’est pas facile ! 14 km avant d’arriver a Barreal, notre récompense: une route, une vraie !!! On est tellement contents que l’on se couche par terre pour bien sentir l’asphalte 🙂 (le bonheur se résume a peu de choses ! ).

Entre Barreal et Uspallata on découvre des formations rocheuses troublantes au bord de la route. En plus de ressembler a des tours, des temples, des châteaux, la Pre-Cordillère nous offre un véritable feu d’artifice de couleurs : brun, blanc, jaune, rouge, violet … toute la palette de couleurs y est. On est très agréablement surpris car on se s’attendait pas du tout a ce type de paysages.

 

En arrivant a Callingasta en fin d’après-midi, on essaye d’être discret mais c’est complètement rate: tout le village est sur la rue principale et nos sacoches trahissent nos origines ! On traverse donc le village une première fois histoire de faire connaissance avec les locaux puis on se dirige vers le camping municipal. Le terrain de camping n’en est pas vraiment un car il se résume a 2 ou 3 bouts d’herbe autour du terrain de foot ! On assiste donc depuis notre “maison” a l’entrainement d’une équipe de 3 filles. Et oui le football c’est aussi un sport féminin 🙂

Le gérant du camping nous explique que la vie a Callingasta est très difficile car il n’y a pas de travail. En ete les gens plantent quelques oignons mais le reste de l’année c’est dur de trouver une activité. Les mines de la région, privatisées dernièrement, ont ferme. Même les ressources comme l’électricité et l’eau sont très difficiles a acheminer … Toute la déprime de la population nous tombe sur les épaules. Le lendemain nous sommes impatients de repartir mais je ne me sens pas très en forme ( maux de dos et de ventre, nausées … ). Je m’arrête donc a l’infirmerie du village pour consulter. Une doctoresse pas très sympathique me prescrit une injection et en moins de 2 minutes je me retrouve avec une seringue dans le bas du dos !!! Je sors toute “émue” de l’infirmerie, me tenant le bas du dos comme une vieille dame: ça ne va pas être pratique pour pédaler. Finalement la douleur s’estompe ( l’injection m’a fait plus mal que les douleurs que j’avais initialement ! ) et on reprend la route pour rejoindre Iglesia distant d’un peu moins de 200 kms. La route que nous empruntons est neuve et l’asphalte de bonne qualité, cependant nous ne savons pas exactement quels dénivelés nous allons grimper, nos 2 cartes ne sont pas assez précises. En réalité nous nous préparons a passer 4 cols en 2 jours …. rien de moins !!! Le 2eme jour, nous arrivons au col “El Colorado” a 2600 mètres au coucher du soleil. Jérôme est content d’avoir fournis tout ces efforts pour arriver la, moi par contre je suis moins en forme et je ne rêve que d’une chose: me glisser dans mon sac de couchage !!

Le lendemain nous profitons des premiers rayons de soleil pour nous réchauffer: la nuit a été très fraiche ! Nous entamons en milieu de matinée notre descente de prés de 30 km vers Iglesia. Iglesia (ce qui signifie église ) est un tout petit village. Nous croisons quelques habitants dans l’épicerie, venus faire leurs provisions. Les maisons sont faites de terre, elles ressemblent a de petits blocs rectangulaires d’où le confort a l’air très sommaire. On s’approche tout doucement du Nord de l’Argentine et on le ressent. Nous poursuivons notre route vers le village de Las Flores (les fleurs) distant de seulement 11kms. Il ressemble en tout point a Iglesia en tout petit peu plus grand. Nous prenons notre pause de midi sur la place centrale, a l’abri du soleil sous les arbres. Dans l’après-midi nous poursuivons jusqu’au village de Rodeo 20 kms plus loin. Même topo que les précédents …

Nous passons une nuit dans le village de Rodeo et nous reprenons la route (encore et toujours) pour San Jose de Jachal. En chemin, nous nous arrêtons par hasard a Pachimoco. L’endroit a l’air calme et a l’ombre. Nous posons les vélos en face de la toute petite école et la c’est … la fête. En effet, la directrice de l’école (Suzanna) ainsi que les 2 institutrices et tous les élèves ( ils sont 19 ce jour la ) viennent nous accueillir ! Ils sont si contents d’avoir de la visite 🙂 Suzanna nous offre la soupe du midi, très riche : viande hachée, riz, carotte et lentille. En dessert on a droit a du “dulce de batata”. C’est une pate de sucre de patate douce, délicieux mais très sucre ! L’après-midi passe, nous visitons les classes. L’école est située dans un bâtiment age de près de 50 ans et le tout est très vétuste. Lorsqu’il pleut, il y a plus d’eau dans les classes qu’a l’extérieur ! Les élèves viennent tous les matins a cheval ou a vélo. Ils sont issus de familles modestes vivant dans le “campo”. L’heure du mate arrive et nous sommes toujours a l’école. Nous le partageons avec Suzanna et les instits dans son bureau. Au gouter nous avons droit a du riz au lait caramélisé !!!! C’est un vrai festin, on est reçus comme des Rois. On est si contents de partager une après-midi avec ces femmes charmantes. On repart le cœur gros et le ventre plein 🙂

En fin d’après-midi on découvre le village de San Jose de Jachal, sa place centrale et ses palmiers. La vie est douce et tranquille ici. C’est le bon endroit pour se reposer une journée et digérer le festin partage avec le monde scolaire de Pachimoco.

La vallee de l’Aconcagua (6960 metres)

La vallee de l’Aconcagua (6960 metres)

Santiago, comme toutes les capitales et grandes villes, ne nous convient pas. La circulation et la pollution ne sont pas notre tasse de thé. Nous quittons donc la ville le 23 avril en bus. En effet, il n’y a que des autoroutes pour quitter l’endroit: un peu dangereux en vélo !

Nous nous rendons donc 80km plus au Nord a “Los Andes”. Nous découvrons un village sympathique dont les façades des maisons sont colorées. Des charrettes tirées par 2 ou 3 chevaux côtoient les voitures et bus. On se sent mieux ici ! Le lendemain, nous partons en vélo en direction du col “Los Libertadores” a 3800 mètres ! C’est la première fois que nous grimpons aussi haut. Le premier jour il fait chaud et nous montons doucement mais surement. La route est très très empruntée par les camions qui viennent de toute l’Amérique Latine ( Brésil, Paraguay … ). Nous ne sommes donc pas seuls sur cette route. Nous faisons la rencontre de Leila ( originaire de Tahiti ) qui voyage seule a vélo et a démarre son périple a El Calafate quelques mois plus tôt. Nous campons ensemble le 2eme soir ( a 2900 mètres) dans le tunnel de l’ancienne voie ferrée qui longe la route. La fatigue de la montée ajoutée au bruit des camions qui circulent toute la nuit ne facilitent pas la tache ! Le 3eme jour ( nous ne sommes toujours pas arrives … ) nous nous dirigeons vers le tunnel (3100 mètres) , toujours en compagnie de Leila. Il fait frais et le temps est couvert. Leila n’est pas en forme et décide de passer par le tunnel. Nous nous quittons donc la, en espérant se revoir sur la route.

Nous poursuivons donc la montée vers le col par une route de terre dont les virages ( appelés “caracoles” ) n’en finissent plus. Je suis de plus en plus essoufflée et je pousse le vélo sur les 500 premiers mètres ( de dénivelé ). Je trouve mon vélo très lourd et mes bras se fatiguent rapidement. Jérôme prend l’un des sacs harnache a mon vélo pour soulager mes bras. A partir de 3500 mètres la route est plus lisse et moins pentue. Nous arrivons à pédaler de nouveau pour atteindre le col vers 16 heures. Nous sommes fatigues mais contents d’être arrives a 3800 mètres. De la – haut la vue est superbe sur les sommets de la vallée de l’Aconcagua. Nous découvrons également la fameuse statue du Christ ( haute de 4 / 5 mètres ) symbole de paix. La statue a été transportée en train jusqu’au village de “Las Cuevas” a 3100 mètres puis a dos de mule jusqu’au col. De nombreux argentins viennent au col pour la photographier.

Le refuge chilien étant fermé, nous nous dirigeons vers le refuge argentin et nous sommes accueillis par Fernando et Alejandro. Ces 2 jeunes travaillent 6 mois de l’année ( printemps / été ) ici et vendent quelques sucreries aux gens de passage. Fernando nous offre un chocolat chaud puis un mate. Lorsque nous lui demandons si nous pouvons camper, il refuse et nous offre 2 lits au coin du feu ainsi que le repas du soir. Quelle hospitalité !!!

Le lendemain le temps est toujours couvert et froid. Le vent violent amplifie l’impression de fraicheur. Nous grimpons a pied jusqu’à’ a 3920 mètres. Un record pour nous 😉 Puis nous entamons notre descente vers “Las Cuevas” après avoir remercie mille fois nos hôtes. Du cote Argentin, la montagne est rose et jaune. C’est super chouette. La grimpette de 3 jours que nous venons d’effectuer, l’altitude et les 2 whiskys bus la veille par Jérôme nous a bien entames ! Nous nous arrêtons a “Las Cuevas” après seulement 45 minutes de vélo. La température est toujours aussi fraiche … la neige arrive dans la soirée … L’hiver est a notre porte !

Nous sommes le 28 avril, tout est blanc dehors et le vent balaye la neige. Le tunnel est ferme a la circulation ! Nous descendons donc par cette route déserte, on est seuls au monde.

Comme la vallée est venteuse, une partie de la route est dégagée malgré tout et nous arrivons sans encombre a “Puente de l’Inca” a 2700 mètres. C’est ici que le poste frontière officiel est installe. En entrant dans le hangar qui sert de “limite” je découvre un bout de verre dans mon pneu avant. A cause de la neige, je n’ai pas pu contrôler l’état du chemin !! J’en suis a ma 4eme crevaison ! Jérôme change ma chambre a air a cote des guitounes ou Chiliens et Argentins travaillent. Comme le tunnel est ferme, nous sommes seuls a faire tamponner nos passeports.

Le village de “Puente del Inca” abrite un pont naturel d’où des sources d’eau chaudes sont visibles. Le site est impressionnant, le pont est jaune. Pour conserver l’endroit, il est interdit de traverser le pont mais l’ensemble reste très beau. On distingue même la vapeur qui s’échappe de la terre.

L’auberge dans laquelle nous sommes est également le bureau de la poste Argentine et le musée du “Courrier”. Le facteur du village accueille aussi les voyageurs. C’est comme ça que nous faisons la connaissance de ” l’hombre del correo de Puente del Inca” ! C’est un homme charmant qui nous explique qu’il travaille pour la poste Argentine depuis 4 ans. Montagnard dans l’âme il a déjà participe a des courses de ski de randonnée en Suisse !

Je traine un rhume depuis Santiago et une halte a “Puente del Inca” me permet de me reposer pendant 2 jours. Jérôme en profite pour explorer les environs et jouer au chamois. Il m’avoue qu’il est sous le charme de l’endroit : c’est la 1ere fois qu’il trouve des montagnes aussi belles en Amerique Latine.

Dans ce village nous faisons aussi la connaissance de Morgane et Allan partis en vadrouille depuis 9 mois en Asie ( Inde, Nepal, Laos , Viet-Nam …) et actuellement en prospection d’un futur voyage en Amérique du Sud. On sympathise de suite autour d’une bière puis d’un repas a l’unique restaurant du village. Le resto est presque désert, seulement 2 autres personnes. Il se trouve que ces 2 autres personnes sont aussi françaises et nous finissons la soirée a 6 autour de 4 bouteilles de vin.

Le 1er mai nous sommes toujours a “Puente del Inca”, le soleil est de retour. Je pars marcher avec Jérôme, nous montons jusqu’à 3500 mètres, les pieds dans la neige. De retour a l’auberge nous retrouvons notre copine franco-québécoise Séverine. Nous avions rencontré Séverine a El Calafate au mois de Janvier dernier ! On discute toute la soirée de nos voyages respectifs et de nos impressions. De belles retrouvailles .

Le soleil est bel et bien de retour, nous reprenons la route le lendemain pour le village de Uspallata distant de 80km. Nous pensions avoir une étape “facile” : nous descendons la vallée de l’Aconcagua. En fait la route s’apparente un peu a des montagnes russes. Le vent de face s’en mêle, c’est une journée plus difficile que prévu. On fait de nombreuses haltes pour admirer les montagnes roses et ocres, on s’arrête a la “Quebrada Seca” d’où un mur naturel de plusieurs mètres surplombe le Rio Mendoza.

En fin d’après-midi on arrive dans le village d’Uspallata. On découvre un panneau qui indique : ” Uspallata, un lugar de pellicula” ( mot à mot ça veut dire “un lieu de film” ). En effet, le film “7 ans au Tibet” a ete tourne ici. Ça parait incroyable ! En effet le village est un peu endormi, la moitie des habitants se déplacent à vélo ou a cheval ! Cependant on peut boire un thé dans le “Tibet Café” , en plein milieu des Andes Argentines ça fait bizarre de faire une halte au Tibet 😉

Le volcan Lanin

Le volcan Lanin

Sur la route qui nous mène a Junin de los Andes, nous faisons face au vent qui nous rappelle fortement le sud de la Patagonie. Nous décidons de faire une pause en contre-bas de la route vers 14 heures, la pause se transforme vite en sieste ( a l’abri du vent et au soleil ). Nous sommes réveillés par Pawel qui ayant vu nos vélos en bord de route s’est arrêté pour venir discuter avec nous ! Pawel est un jeune homme atypique, il est parti d’Ushuaia au mois de février dernier et compte remonter jusqu’en Alaska en passant par le Bresil, la Guyane, le Venezuela et la Colombie. Pawel est originaire de Londres, a vécu en Sibérie et est actuellement “domicilie” (quand il n’est pas sur les routes d’Amérique du Sud) a Seoul ! Il parle 6 langues : Anglais, Francais, Espagnol, Portugais, Russe et Coréen … Son français est presque parfait, on a un peu honte de lui dire que l’on est trilingue et encore ….

On fait un bout de route ensemble. Malgré le vent de face, Pawel nous dépasse bien vite : il faut faire honneur a notre situation de cyclos lents 😉 Arrives a Junin de los Andes, on trouve un logement chez une dame charmante et très souriante. Il est 16 heures, le vent nous a fatigue et on est bien contents d’être arrivés. Pawel nous annonce qu’il compte poursuivre sa route vers Zapala et profiter du vent dans le dos. On est tristes de le voir partir aussi rapidement, on aurait aime partager une soirée avec lui.

 

La pluie qui s’abat sur la petite ville le lendemain nous permet de nous reposer une journée supplémentaire et de visiter le musée Mapuche. Le musée consiste en une petite pièce ou sont exposées des instruments de musique traditionnels comme des “Cultrum” ( tambour utilise pour les cérémonies religieuses ) ou des “Piloilo” (flute a 5 trous également utilisée pour des cérémonies). On découvre également que la pipe a une grande importance dans la culture Mapuche car la fumée est censée chasser le malheur suite a des maladies ou des épidémies. Dans le fond de la pièce, des os de dinosaures et des mollusques fossilises sont exposes derrière une petite vitre. Des femmes Mapuche tissent de façon traditionnelle sur des métiers a tisser hauts de 2 mètres. Cette culture que je ne connaissais pas avant de faire ce voyage s’avère de plus en plus passionnante et je découvre que la musique, tout comme la culture Inuit, a une grande importance.

La pluie cesse finalement et nous quittons Junin le 11 avril 2008 par une superbe journée d’automne. Nous empruntons une piste cyclable ou les arbres nous dévoilent leurs feuilles dorées. C’est beau …

La route qui nous mène au pied du volcan Lanin (3776 mètres) nous fait traverser des paysages dignes des steppes du Moyen Orient et la neige tombée récemment sur les sommets égaie le panorama. On adore l’automne et il nous le rend bien.

On se dirige vers le col de Mamuil Malal a 1207 mètres. Des Araucarias, immenses arbres typiques de la région, se font de plus en plus nombreux au fur et a mesure que nous grimpons.

Nous posons la tente au bord d’une rivière ou un martin-pêcheur nous fait la démonstration de ses talents !

La nuit est plutôt fraiche et nous repartons le lendemain sous la neige. Les flocons mêlés au vent de face nous rougit les joues. Nos pieds sont gelés mais nous poursuivons jusqu’au pied du volcan Lanin. Après plus d’1 heure de vélo ( avec une moyenne de 7 km/h ) nous nous arrêtons au bureau du “guardaparque” ou 2 jeunes hommes nous aident à protéger les vélos de la neige. Ces 2 Argentins sont militaires et s’occupent de renseigner les touristes pour les 7 prochains jours. Ils nous offrent un chocolat chaud puis nous partageons le mate: le courant passe tout de suite . Dario et Martin ont 25 ans et se sont engages il y a 6 ans dans l’armée.

Une heure, puis deux et trois heures passent, il neige toujours et nous n’avons pas envie de repartir sans avoir pu découvrir le volcan. Dario nous propose de passer la nuit dans le bureau, on accepte. Il nous invite aussi a marcher avec Martin le lendemain jusqu’au refuge militaire a 2200 mètres. On accepte également ! Dans l’après-midi, la neige cesse, le ciel se dégage et la vue sur le volcan est superbe. On profite de l’accalmie pour découvrir, en vélo, le lac Tromen distant de 3 km.

A notre retour de cette minuscule escapade, le “guardaparque” que nous n’avions pas encore rencontre nous pose pleins de questions et se fait méfiant. On remarque qu’il n’est pas clair ( en fait il est ivre ! ) et les souvenirs de Chaiten (Chili) nous reviennent vite en mémoire. Finalement nous passons la nuit avec Dario, Martin dans la maison du “guardaparque”. Le soir, Martin nous cuisine des saucisses, de la purée maison et une salade. Le “guardaparque” dont j’ai oublie le nom apprécie le repas mais aussi la bière qui l’accompagne.

Le lendemain il fait beau mais froid, c’est une journée digne de l’hiver ! Nous partons marcher et découvrir le champ de lave mais aussi les pentes du volcan. C’est sublime !

Nous arrivons au refuge en début d’après-midi, le sommet du volcan est encore loin et haut devant nous. On distingue des nuages de neige au sommet, soulevés par les rafales de vent.

Nous ne restons qu’une heure au refuge, un groupe de 12 personnes prévoyant l’ascension du sommet le lendemain arrive. Nous prenons notre temps pour redescendre et profiter au maximum de l’ambiance qui se dégage de cette montagne. La pureté tout simplement.

En arrivant au pied du volcan, on découvre sur le parking le camping-car de Nicole et François, couple suisse rencontres a Petrohue un mois plus tôt. Nicole et François voyagent avec Noan, leur fils de 4 ans sur les routes de l’Amérique du Sud pendant 1 an. Nicole nous propose de passer la nuit dans le camping-car : on accepte tout de suite. C’est l’occasion de faire plus ample connaissance. On découvre que Nicole a voyage a vélo avec une copine pendant 4 mois au Pérou, en Bolivie et au Chili il y a 8 ans. On a des tas d’atomes crochus !

Dans la soirée, Dario se joint a nous et nous annonce fièrement qu’il est papa d’une petite fille de 2 mois et qu’il se marie le mois prochain a Mendoza avec Cynthia (20 ans). Nous sommes donc invites a faire la fete avec les amis et la famille de Dario le 10 mai 2008. J’espère que nos jambes seront assez fortes pour que nous arrivions a temps a Mendoza, 800 km au Nord.

Jerome, Dario, Nicole et Noan (un peu timide):

Au petit matin, depuis le hublot du camping-car, on découvre les couleurs rosées du lever du soleil sur le Lanin, c’est superbe. Même le petit Noan est enchante par cette vision:

Nos derniers jours en Argentine sont marques par l’amitié et la beauté, on reste décidément sous le charme de ce pays grandiose !

Video : Arrivée au pied du Lanin !